S) JOSÈÎ'HE, A. ./., XVII, XI
galates, germains, qui s'engraissaient en obligeant les juifs cà jeûner même les jours qui n'étaient pas prescrits par la loi, les États, les souverains, les grands personnages e'trangers à qui on ouvrait continuellement ces tre'sors d'or et d'argent que le travail juif avait si pe'niblement accumulé, le luxe, le vice, la corruption, la servilité, le crime triomphant à la cour au milieu de la misère affreuse du peuple appauvri et consterné. Et les ambassadeurs juifs concluaient en demandant l'abolition de la monarchie, l'annexion de la Palestine à la Syrie et son organisation en province romaine (1). Pour échapper à la famille d'Hérode, la Palestine courait cacher sa tête dans le sein de Rome î Mais ce geste désespéré ne pouvait ébranler la froide prudence d'Auguste. Auguste se disait que si la Palestine était réduite en province romaine, Rome assumerait la responsabilité de gouverner, avec ses magistrats si peu nombreux et si peu zélés, un peuple inquiet et turbulent; qu'elle serait obligée de licencier une partie de l'armée d'Hérode, et de réorganiser l'autre en en faisant une armée auxiliaire commandée par des officiers romains; que cette transformation de l'armée d'Hérode donnerait encore plus à faire aux légions cantonnées alors en Orient et qui étaient si petites en raison de la tâche qui leur incombait, et cela justement au moment où surgissait un autre danger plus grave encore. Phraatacès, le fils de Phraatès, faisait volte-face, se tournait brusquement contre Rome, occupait, semble-t-il, l'Arménie, avec l'aide du parti national, et obligeait ainsi le roi reconnu par Rome à prendre la fuite (2). C'était une trahison,
(1) JosèPHE, A. J., XVII, XI, 2.
(2) Velléius Paterculus, II, 100 : ...Adjecit Armeniae manum. ZONARAS, X, 36.