VI
pieds de Rome, la nécessité suprême de l'Orient : l'accord des peuples, des langues, des religions, dans l'intérêt commun d'exploiter avec le commerce, les arts, les lettres, les vices et les fables religieuses, l'Occident barbare, qu'Auguste se préparait à ouvrir avec l'épée de Rome à l'invasion orientale.
Le lion qui avait rugi et mordu si furieusement, à l'époque de Mithridate, léchait maintenant, paisible comme un agneau, les mains d'Agrippa. Aux prises avec les lionceaux d'Europe, Auguste pouvait se demander si Antoine n'avait pas eu raison de vouloir transporter l'empire en Orient. Combien en effet l'empire aurait été plus tranquille et plus sûr sans ces provinces d'Europe si troublées! Mais désormais il n'était plus possible de reculer. Tandis qu'Agrippa et Hérode cheminaient dans l'Orient paisible, Auguste méditait en Gaule deux projets beaucoup plus grandioses que ceux qu'il avait exécutés cette année-là : la réorganisation administrative de la Gaule, et la conquête de la Germanie.