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Grands anniversaires [microforme]

Si j'ai désiré, Monseigneur, de vous dédier ce modeste rolume, ce n'est pas à cause à: en valeur, — qui ne me fait pas illusion, — mais en gage public d'une amitié qui remonte à notre première enfance.

Nés dans la même paroisse, à quelques n. : d'intervalle, ensemble à l'école du village, admis le même jour au banquet de la première Communion, ensemble encore élèves du vinérable et savant M. Bédard, dans ce collège de Saint-Lou:s-de- Lotbinière, dont l'histoire serait si intéressante, puis condisciples au Séminaire de Québec: toujours émules dans la poursuite des ronnaissances humaines, sans cesser d’être unis iniimement, que ne nous a-t-il été donné de continuer ensemble notre route à twers la vie! et à l'exemple d'un Basile et d’un Grégoire, d'aller enser:.ble, non dans une ville

à demi-païenne, écouter un Libanius, maïs av cœur inème

du Christianisme nous abreuver aux leçons des maîtres de la science sacrée ! Tel a bien été votre noble lot et, à votre tour, vous êtes devenu un de ces maîtres dont la parole est une lumière, qui rayonne non seulement en ce Pays mais même à l'étranger. Pour moi, chargé d'enseigner les lettres, on m'a prété, parce que j'y prenais plaisir, — comme s'il était possible, à vingt ans, de ne pas aimer les lettres ! — on m'a prêté des préférences pour elles et l'on me destinait à aller là-bas en appr tondir l'étude. Heureusement la Providence, pur le naufrage de ma santé, m'a sauvé de cette aventure qui sans doute n'aurait valu rien de bon pour mon esprit enclin aux hardiesses. De l'enseignement, j'ai passé au ministère paroissial que je n'ai pas voulu quitter : de professeur, je suis devenu catéchiste.…

Que nous ayons été ainsi séparés, j'en ai gardé l’impression pénible d'une erreur, un regret toujours vivant au fond de l'âme. Non que ma vie n'ait ét4 heureuse ! Peu d'existences, après ces épreuves du début, l'ont été au même degré que la mienne. Mais n'aurait-elle pas été plus féconde ?...

Et pourtant tout cela, sans recourir aux distinctions œubtiles entre ce que Dieu veut et ce qu'il permet sans le vouloir, tout cela était bien dans les vues providentielles. L'homme s'agite, mais Dieu le mène. On le sait, on en est convaincu, et le cœur humain continue quand mâÂme à Poser ses éternels pourquoi qui restent ici-bas éternellement sans réponse.

H.-A. Scorr, ptre.

S4--Foy, 1er octobre 1919,

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