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Pour la 8. Pierre, 1887.
Suprématie des Pontifes romains.
Bienfaits de la Papauté,
Tu es Petrus et super hanc Petram ædificabo Ecclesiam meam.
Mars. XVI, 18.
Ces paroles, mes Frères, ont été dites à S. Pierre, le premier des papes, et, dans sa personne, à tous ses successeurs. Le Pape, la suprématie du Souverain Pontife, voilà donc la base sur laquelle Jésus-Christ voulait établir son Église. Et pour celui qui étudie l’histoire, s’il est, après l’immortelle durée de la religion chrétienne, un fait propre À exciter son admiration, c’est la succession ininterrompue, depuis dix-neuf siècles, des Pontifes romains héritiers de la puissance de Pierre. Tout a été employé contre les Papes, la persécution, le glaive, le poison, le poignard, la spoliation, la prison, l'exil. Mais en vain: le ape est mortel ; il meurt, mais bientôt on apprend qu’il y a un autre Pape. Ainsi, à la fin du XVIIIe siècle, lorsque l’infortuné Pie VI mourait à Valence, prisonnier de la première République française, le protestantsime
poussa des cris de joie. C'en était fait, croyait-il, de la Papauté. Oui, mais il faut compter avec Dieu, avec les promesses divines : ‘* Sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.’ Quelques mois s'étaient à peine écoulés que l'Europe apprenait avec étonnement que les cardinaux s'étaient réunis à Venise et qu'il y avait encore un Pape. Et
qui, pensez-vous, avait monté la garde aux portes du conclave? Des soldats protestants, des Russes schismati-
ques. Ainsi l'avaient voulu les calculs politiques, véri-
tables jouets entre les mains de Dieu.
La suprématie des Pontifs romains, sa nécessité, leur infaillibilité, voilà aussi, mes Frères, des articles de la foi d’un chrétien. Et quoique ce sujet puisse ne pas paraître nécessaire, à cause de notre dévouement tout filial à l'égard du Saint-Siège, j'ai cru devoir le traiter, surtout cette année ‘ où nous aurons le bonheur de célébrer le jubilé sacerdotal de notre illustre et bien-aimé Père Léon XIII, fin de montrer les raisons de notre foi et d'augmenter
encore notre attachement pour la chaire de S. Pierre.
Nous verrons d’abord la nécessité d’une autorité dans l’Église, d’une autorité infaillible : ensuite que les dépositaires de cette autorité sont S. Pierre et ses successeurs ; et enfin que cette autorité des Souverains Pontifes a été pour le monde I: source des plus grands bienfaits.
Pour bien comprendre la suprématie pontificale, il faut
se rappu'=. ce que, dans la pensée de son divin fondateur, devait être l’Église. Elle ne devait pas comprendre seu-
lement les Juifs, mais toutes les nationsde la terre, selon la parole du prophète Isaïe 1: “ Lt fluent ad eum omnes gentes —Toutes les nations accourront à elle." Le genre humain tout entier, par elle, devait participer à la Rédemption, Autrement, que pourraient signifier les paroles du Sauveur : “ Allez, enseignez toutes les nations : ? et celles de lapôtre S. Paul : “ Deus omnes homines vult salvos fieri — Dieu veut le salut de tous les hommes”, *. Tous les hommes, c'est-à-dire l’universalité du genrehumain, et non pas les contemporains du Christ seulement. Ce serait restreindre d’une manière bien absurde l'efficacité du San, rédempteur. Au reste, le Sauveur le dit assez clairement : Je bâtirai mon Église sur la pierre, ni les puissances de l'enfer ni celles de la terre ne pourront la renverser, elle défiera les siècles. Les apôtres continueront leur œuvre de salut dans la personne de leurs successeurs jusqu’à la fin des temps, et Notre-Seigneur leur promet que Lui et l'Esprit-Saint seront avec eux jusqu'à la consommation du monde : ‘“ Et ecce ego vobiscum sun usque ad consum-