‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 5 sur 93 · NÉE · texte numérisé non relu

NÉE

leur rôle bienfaisant dans le monde, l’action vraiment efficace — on peut même dire la seule vraiment efficace — de la Religion dans la solution de l’éternelle question ouvrière, — il cherche, en plus d’un endroit, à mettre en relief l'indispensable nécessité et la fécondité admirable du sacrifice: sans lui, on n'est rien et l’on ne fait rien. Ne sont-ce pas choses bonnes à publier bien haut et à répéter sans relâche en ces temps de jouissance sans frein et d’égoïsme brutal ?

Enfin, c'était pendant la grande guerre, la piraterie sousmarine rendait dificiles les relations avec l'Europe, les livres étaient devenus rares et chers. Un humble volume canadien de plus, sans combler le grand vide, y trouverait au moins facilement une place. Orné d'images, il contribuerait à amuser, à instruire aussi peut-être, comme on a vu, le public de nos écoles. Un préterte est si vite trouvé aux actions qui nous plaisent ! Et dunc, petit livre, cours chez l'éditeur, mais gare l’épicier !

Il y est allé — chez l'éditeur — dès l'aurore de 1918, et il paraît au déclin de 1919, quand déjà tombent les feuilles mortes que suivront bientôt les flocons de neige. Voilà, certes, ce qu'on peut appeler, dans la langue du jour, un record de vélocité. Rien que deux ans pour imprimer trois cents pages ! c’est tout simplement merveilleux. Mais aussi les presses marchent aujourd'hui à la vapeur — ou à l'électricité — et naturellement les imprimeurs ne peuvent manquer d'en faire autant !

en ŒUE e

Les circonstances toutefois ont changé: la guerre est

finie, le peuple écolier peut trouver autre chose à se mettre

sous la dent. Mais jacta est alea, le sort en est jeté, il n'est plus temps de reculer. Que le petit volume maintenant eat quo libuerit, ce qui ne signifie pas que son sort me laisse indifférent : je lui souhaite bon accueil.

Telle est la genèse du livre; que dire de sa structure ?

Parler de miettes, c’est évoquer l'idée de pièces éparses. Le volume se compose de notes historiques et de discours, qui parfois sont aussi de l’histoire, classés, tantôt par ordre de dates, tantôt — plus fréquemment — par ordre d'importance ou de logique. Quelques uns ont leur cadre, c’est-à-dire sont accompagnés du réci: des fêtes qui en ont été l'occasion. Ces comptes rendus, empruntés aux journaux du temps, ne j m'appartiennent pas: j'en laisse l'honneur et la responsabilité à leurs auteurs. Mais au sujet de tout le reste,

est-ce que je pourrais redire sans sourciller le mot de Musset :

“ Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre,”

ou la fameuse tirade de Cyrano :

“* Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles Si c'est dans ton jardin que tu les cueilles.

Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul, Ne pas monter bien haut, mais tout seul.”

J'ai toujours eu le culte de la loyauté et n’ai jamais aimé le rôle d'emprunteur.

Encore enfant j'aimais mieux dire

tout droit à mon professeur : ** Je n'ai pas appris ma leçon ” que de commettre la vilenie de la lire sur le livre de mon voisin. Mais ici vraiment je n'oserais assurer que je ne dois tribut à personne, surtout en des sujets comme la divinité de l’Église, la suprématie des Pontifes romains, qui sont de vraies thèses de théologie traduites en langue populaire. D'ailleurs, à l'époque assez lointaine où +es discours ont 46 prononcés, ils n'étaient pas destinés à sortir du public restreint auquel ils s'adressaient, et je n'avais pas, moi-même, les notions que j'ai depuis acquises sur l'honnêteté et la nécessité des références.

En d’autres sujets, — sans remonter si loin “ dans la nuit des temps‘, — j'ai mis à sac les commentateurs de l'Écriture. Mais peut-être est-ce là, de nos jours, encore de l'originalité ?

Si donc quelque lecteur averti remarque, de çi de là, des emprunts trop patents — sans hommage à leur auteur, — je ne répondrai pas : “ Je prends mon bien où je le trouve.”

Je me déclare d'avance coupable. Mes dispositions à l'égard des critiques sont bénévoles au superlatif : ils ont

rendu service à .ant de gens !

Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché ?

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