‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 64 sur 93 · Sap. IV. 8,9, 5. Sap. IX · texte numérisé non relu

Sap. IV. 8,9, 5. Sap. IX

Plutôt que de sa longue carrière, et de sa verte vieillesse, nous louerons donc la vénérable Mère Marie de Bon-Secours d'avoir eu le courage de correspondre à l'appel divin, de n'avoir pas reculé devant les sacrifices qu'il impose, d'avoir embrassé cette vie de renoncement et d’abnégation qui a été pour elle-même et pour tant d’autres âmes, la source de grâces si précieuses et de si nombreux mérites.

Tout l'objet de ce discours est clairement contenu dans le texte que j'ai choisi : Tollite jugum meum super vos... et invenietis requiem animabus vestris — Prenez mon joug sur vous et vous trouverez le repos de vos âmes. Les sacrifices demandés au cœur humain pour correspondre à l'appel de Dieu ; les compensations données par un Dieu qui ne se laisse point surpasser en générosité: voilà les deux pensées que nous allons méditer ensemble pendant quelques courts instants.

Dieu, mes Frères, ne donne pas à tous les mêmes grâces, bien que tous reçoivent les grâces nécessaires au salut. Mais il arrive que des âmes trop nombreuses se perdent avec des grâces plus grandes, pendant qu'avec des grâces moindres et moins abondantes, d’autres se sauvent. La

grâce ne fait pas tout, il faut y correspondre.

Ouvrons l'Évangile. C’est une histoire vécue qui porte à sa face son cachet d'éclatante vérité. Un philosophe

corrupteur a même dit que l'inventeur en serait plus extraordinaire que le hércs. Nous y voyons bien les hommes tels qu'ils sont, avec leurs élans généreux, mais aussi avec leurs passions, leurs défaillances, leurs faiblesses, Notre- Seigneur y paraît dans sa majesté divine de fils de Dieu qui commande en maître aux vents et aux flots, aux maladies et à la mort même, mais aussi dansla nature infirme de fils de l’homme, qui a voulu revêtir toutes les misères humaines excepté le péché'. Et il appelle à lui toutes les âmes, parce qu'il veut les sauver toutes. Mais quelquesunes, il les appelle à le suivre de plus près. Ainsi parle-t-il, sur le rivage de la mer de Galilée, à deux pêcheurs, Simon, ensuite nommé Pierre, et son frère André : “ Venez avec moi, je vous ferai pêcheurs d'hommes.” Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivent. Plus loin, il en voit deux autres, Jacques et Jean, son frère, qui raccommodent leurs filets sur leur barque avec leur père. Eux aussi, il les invite, et ils quittent leurs filets, leur barque, leur père, pour le suivre.

Ce sont des pêcheurs, remarque saint Jérôme, ils ne

sont pas riches, ils vivent du travail de leurs mains. Mais

ils quittent tout, et tout quitter ce qu’on possède, c’est toujours beaucoup. Surtout, ils font ce qui est parfait : ils suivent Jésus *.

Tentatum autem per omnia pro similitudine absquepeccato, Hebr. 2. Mat.IV,18,ss.

3. L.3in Mat.c.19. Cela est dit de saint Pierre, mais naturellement va bien aux autres également.

Ainsi on est appelé à cet insigne honneur, mais il s'achète toujours fort cher. C'est une règle qui n’admet pas d'exception. ‘“ Si vous voulez être parfait, vendez ce que vous avez, donnez-en le prix aux pauvres et suivez-

Page 1