Année 1912, t, \l\, p. -ïg-yi
i. M. Philipot, après avoir soulevé iine objection <( fondamentale », et qui l'est on réalité, sur 1' « enfance » d'Anne au moment où elle
Ainoné, en raison de la pié[)aialion d'un cours sur Marot profossé au Collège de France, à ni'occuper à mon tour du mystère, j'ai pu constater que l'idcnlincalion proposée de l'inconnue avec Anne de lîeauregard rtail insoutenable, et j'arrivai à découvrir de la manière la plus certaine le nom tant cherché de la e grande Amye » de Clément Marot. Gomme mes recherches établissent avec une évidence absolue quelle fut la j)ersonne aimée, il ne m'a pas paru nécessaire de commencer cette étude par une discussion des conclusions émises par MM. Fromage et Philipot : la démonstration qu'on va lire, en révélant le secret de ce loman. j)rouvera par là même (ju'il ne saurait s'agir, un seul moment, dans toute celte histoire, de la jeune Anne de lieauregard.
(juilta la France en i5a8, cnTance alleslcc par répitaphe lâième de Marot, croit à tort devoir écarter complètement cette dilïîcnlli'; (p. 60-Gi). Cette diniculté est essentielle. De même, ni lui, ni M. Fromage n'ont établi le moindre rapport entre Anne de IJcanrefj'ard et Alençon. 11 retrouve, avec juste raison, le nom d'Anne dans répigramme CCVIII, liuitain (éd. .lannet, t. IM, p. 8,3), dont noun reparlerons plus bas :
J'ay une lettre entre toutes eslites...
N est la lettre en mon cœur bien escritc.
« En elTet. au xvi" siècle, remarque-t il, la prononciation d<^. la lettre N dans l'alphabet (« enne »), coïncidait à peu près ou complètement avec celle du nom propre « Anne >i. » Les preuves de ce l'ait at>ondent (par ex. dans les rimes du temps). J'en puis fournir une nouvelle : le nom d'Ennasuicte, devisante de l'llci>tanu'ron, désigne sûrement une personne nommée .\nne, qui n'est autre qu'.\nne de Vivonne. La suite de l'épigramme CJIVIII prouve que l'Anne aimée par Marot était brune. M. l'Iiilipot montre, en outre, que le point de départ de la passion du poète doit se placer au mois de mai ijafi. Enfin, certaines autres « précisions » achèvent les démonstrations entreprises par M. Philipot, dont plusieurs points sont à retenir.
LE nOMAN D AMOLU DE CLEMENT MAROT