‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 93 sur 95 · I. Celte épitaphe fait suite à celle de Dorai · texte numérisé non relu

I. Celte épitaphe fait suite à celle de Dorai

LA PLÉIADE AU COLLEGE DE FRANCE /Jog

remarquable dans les langues grecque, latine, espagnole et italienne. De son union avec N. Goulu naquirent deux fds, dont l'un, Jean, d'abord avocat au Parlement de Paris, se fit religieux Feuillant en i6o4, fut élu, depuis, plusieurs fois Général de son ordre et se trouva mêlé à une polémique retentissante ^ ; l'autre, Jérôme Goulu, succéda à son père comme lecteur royal en langue grecque, à l'âge de vingtdeux ans. L'épitaphe de Jérôme non signalée jusqu'à présent, fournira des données utiles sur sa carrière ; nous la reproduisons d'après l'opuscule précité de son fils Nicolas :

Hieronymus Gulonius Nicolai filins aelate minor ; Vixdum pubertatis ingressus annos, mi ru felicilale ingenij iam et auo et parente dignus : Raro exeinplo duodeuigesimiini dantaxat natus annnm, Hegiain et quasi heredilariuin munus summâ laude exécutas, ipso Eminentissimo Perronio teste, qui tune temporis asserere solebat, adolescenlis vires oneri imposito non modo non impares, sed eliam in Graecis superiorem neminem inueniri posse ; Rerum naturalium peritissimus, atque in omni disciplinarum génère versatissimus ; Inter Parisienses Medicos Doctor maximi nominis, in quorum ordinem vir plus et syncerae veritaiis tenax, priscae religionis corruptores et inimicos è Caluinianorum

I. Voy. la thèse latine de M. Roy : De Joanne Lud. Gue:io Balzacio conlra dom. Joan. Gulonium disputante (Paris, 1892, in-8°).

\lO GRA?îDS ECRIVAINS DE LA RENAISSANCE

laiehris erwnpentes, quantum in se fait adscribi nunquam passus.

Oh. iC3o.

Jérôme Goulu, qui avait pris, comme on vient de le voir, le bonnet de docteur en médecine de la Faculté de Paris, avait épousé Charlotte, fille de Henri de Monantheuil, professeur royal en mathématiques de 1573 à 1606, qui joua à la fin du xvi"" siècle un rôle relativement important dans les fastes de l'établissement. On peut dire de ce Monantheuil qu'il fut le premier historien du Collège royal. Il est peutêtre le seul savant de son temps qui ait entrevu nettement ce que devait être le collège idéal, vraiment digne de la Renaissance française : un bel édifice, aux proportions vastes, à l'aspect riant, éloigné des bruits de la rue, avec de nobles portiques, des galeries spacieuses propices aux doctes entretiens, des jardins pour l'étude et pour la promenade, des cours avec unebelle fontaine au milieu, des salles de cours commodes, bien éclairées, ornées de portraits de savants, de bustes et de sculptures antiques, pourvues d'amphithéâtres, de laboratoires ; bref, quelque chose de grandiose qui rendît la science aimable i. L'histoire de trois familles de lecteurs royaux se rattache ainsi au document qui vient de revenir au jour. Ajoutons, en terminant, que du mariage de Jérôme avec Charlotte Monantheuil naquirent une fille,

I. V^oy. le résumé de ses remarquables descriptions dans notre Histoire du Collège de France, p. 2 32-3.

Philippe, qui mourut en 16:^9, après avoir voué sa vie aux pratiques les plus austères et à diverses œuvres charitables, et un fils, appelé Nicolas comme son aïeul paternel. Celui-ci fut l'auteur des Épltaphes, publiées en i65o, si précieuses pour la biographie des Dorât, des Goulu et des Monantheuil, dont le certificat collectif de 1567 nous a donné l'occasion d'évoquer le triple souvenir, en même temps que les grandes figures de Ramus et de Ronsard '.

I. Cette étude a paru pour la première fois dans l'Annuaire du Collège de France, année 1908.

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