‹ Grands EcrivainsChapitre 133 sur 339 · Ci-dessus, p.78 et note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p.78 et note

4. Dans les, Cent Nouvelles nouvelles : « La damoiselle, bonne et sage, voulant garder son honneur, que aussi cher elle tenoit que sa propre ame, voulant aussi garder la loyaulté que à sa maistresse elle debuoit, ne prestoit pas l'oreille à son seigneur toutes foiz qu'il eust bien voulu; et si aulcunes foiz force luy estoit de l’escouter, Dieu sçait la trez dure response dont il estoit serui, luy remonstrant sa trez fole entreprinse, la grande lascheté de son cueur, et au surplus bien luy disoit que, si ceste queste il continue plus, que à sa maistresse il sera decelé. Quelque maniere‘ou menace qu'elle fasse il ne veut laisser son emprinse; mais de plus en plus la pourchasse, et tant en fait que force est à la bonne fille d'en aduertir bien au long sa maistresse. La dicte dame aduertie des nouuelles amours de Monseigneur, sans en monstrer semblant, en est trez malcontente; mais non pourtant elle s'aduisa d’ung tour, ainçois que rien lui en dist, qui fut tel. Elle charge à sa damoiïselle que à la premiere foiz que Monseigneur viendra, pour la prier d'amours, que, trez tous refus mis arriere, elle luy baille iour à lendemain se trouuer deuers elle dedans sa chambre et en son lict : « Et s'il'ac- « cepte la iournée, dit Madame, ie viendray tenir vostre place, et « du surplus laissez moy faire. » Pour obeir comme elle doibt à sa maiïstresse, elle est contente d'ainsy faire. »

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