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Livre II, fable vm, vers

2. Quelques commentateurs ont cru voir dans ce passage une allusion au célèbre vers d’Apollon dans l’Anthologie grecque :

Je chantais, Homère écrivait,

développé par Boileau (Poésies diverses, xxx). Mais ici le poète et la muse jouent plutôt un rôle inverse.

3. Tome V, p. 158 et note 6. — C'est Bacchus, Vénus, Comus et Momus, plutôt que les Muses, qui habitaient Anet. — Le château d'Anet, situé sur la rivière de l'Eure, au confluent de l’Avre ou Aure, à seize kilomètres nord-est de Dreux, fut vendu, pendant la Révolution, par les administrateurs du département d’Eure-et-Loir, et

démoli. L'architecte Alexandre Lenoir en fit transporter à Paris les débris les plus précieux, entre autres le tombeau de Diane de Poitiers; voyez son livre intitulé Musée des monuments français (Paris, 1805, in-8°), tome IV, p. 44-53, et p. 86. La facade orne aujourd'hui la première cour de l'École des beaux-arts, C'est Henri II qui avait fait construire cette somptueuse demeure, en 1552, sur l’emplacement de l’ancien château d’Anet, par Philibert de Lorme, pour Diane de Poitiers. Les sculptures étaient de Jean Goujon, les arabesques et les peintures sur verre, de Jean Cousin. Ce domaine, qui avait le titre de principauté, et où le duc de Vendôme attirait les hommes de lettres et les artistes, recevait parfois la cour avec la plus grande magnificence, et faisait jouer la comédie et l'opéra, passa depuis dans les mains de la duchesse du Maine. Voltaire, qui, pendant sa jeunesse, y avait été accueilli, par l’un et par l'autre, a célébré Anet dans le chant 1x de sa Xenriade, lorsqu'il décrit le voyage de l’Amour aux campagnes d’Ivry (vers 125-130) :

Il voit les murs d’Anet bâtis au bord de l'Eure: Lui-même en ordonna la supérbe structure;

Par ses adroïtes mains, avec art enlacés,

Les chiffres de Diane y sont encor tracés.

Sur sa tombe, en passant, les Plaisirs et les Grâces Répandirent les fleurs qui naissaient sur leurs traces, *

Rapprochez du Bellay, à Madame Diane de Poictiers, tome Il des OEuvres, p. 102 :

vase Faut dire

ee

PHILÉMON ,E2,BAUCIS, 167 Je le crois. Puissions-nous chanter sous les ombrages.

Le paradis d’Anet, "Mais, pour bien le déscrire, Nommez le Dianet, chantez ces palais d'or + Et ses marbres encor;

ibidem, p. x03,.à la dicte Dame :

De vostre Dianet, des maisons la plus belle, Les bastimens, graueures et portraicts, Qui si au vif expriment les vieulx traicts D'ung et, et Lysippe et Apelle, Contre les ans n’auront la force telle Qu'ung iour ne soient leurs ouurages desfaicts ;

ibidem, p. 109 : 4.

Vostre Anet admirable, Auquel se voit imité Tout l’art de l’antiquité.….;"

ibidem, p. 242, les Regretz :

) De vostre Dianet (de vostre nom s'appelle

Vostre maison d’Anet) la belle architecture, Les marbres animez, la viuante peinture, Qui la font estimer des maisons la plus belle, s Les beaulx lambriz dorer, la luisante chapelle, Les superbes donions, la riche couuerture, Le jardin tapissé d’eternelle verdure, Et la viue fontaine à la source immortelle :

Ces ouurages, Madame, à qui bien les contemple, Rapportant de l’antiq’ le plus parfait exemple, Monstrent ung artifice, et despence admirable;

et ce passage de Brantôme (tome III, p. 247-248) : «.….Ceste belle maison d'Anet, qui seruira pour à iamais d’une belle decoration à la France, qu’on ne peut dire une pareille: l'entends si par aul- -cunes mains violentes elle n’est ruynée, ainsy qu’elle fut à la veille dernierement, lors que le procez de M. d’Aumale (petit-fils, par Louise de Brézé, de Diane de Poitiers) fut faict, à qui elle appartient par succession de sa mere, que, tout ainsy que luy fut condemné à mourir, fut elle aussi condemnée à estre rasée et demolye de”fond en comble, dont ce fust esté ung trez grand dommage; car et qu’en pouuoient mais les marbres et les pierres, qui n’ont aulcuns sentimens? Aussi nostre braue roy et bening leur pardonna et n'en voulut permettre l'execution de l'arrest. » L’exécution,

Des arbres dont ce lieu va border ses rivages ‘! Pussent-ils? tout d’un coup élever leurs sourcis*, Comme on vit autrefois Philémon et Baucis!

comme on l’a vu, devait s’accomplir plus tard : ces phrases ne semblent-elles pas prophétiques ?

1. Tome III, p. 306. — Au moment où écrivait la Fontaine, Vendôme se disposait à orner le domaine d’Anet de belles plantations, LOTS è

a. Pussent est bien lé texte de l'édition originale, Puissent, dans le recueil de 1694:

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