Ovine, Métamorphoses, livre XI, versfTo
LES FILLES DE MINÉE. DE blable. Les eritiques m'allégueront qu'il le falloit faire, et que mon ouvrage en seroit d’un caractère plus uniforme. Ce qu'Ovide conte a un air tout particulier; il est impossible de le contrefaire, Mais, après avoir fait réflexion là-dessus, j'ai appréhendé qu’un poème de six cents vers ne fût ennuyeux, s’il n’étoit rempli que d'aventures connues. C’est ce qui m'a fait choisir celle dont je veux parler et, comme une chose en attire une autre, le malheur de ces amants tués le jour de leurs noces m'a été une occasion de placer ici une espèce d'épitaphe, qu'on pourra voir dans les mêmes Antiquités. » Nous donnerons cet Avertissement et l’épitaphe d'Homonée, traduite par la Fontaine en prose et en vers, dans un des derniers volumes de cette édition. . i
C'est sans doute pendant un voyage que notre poète fit, en 1663, à Limoges, où, après la disgrâce de Foucquet, il suivit le substitut Jannart dans son exil, qu’il entendit parler de la prétendue inscription de Souilliac, et qu’il eut la curiosité de voir le monument et de faire connaissance avec les deux gros in-folio de Boissard.
Comparez le conte de Voltaire intitulé le Dimanche ou les Filles " de Minée (tome XIV des OEuvres, p. 95-105)!; et l’allusion piquante qu'il fait à cette histoire dans son Dictionnaire philosophique, à Varticle Férss?, ,
‘x. « Monsieur et cher confrère, je vous envoie mes Filles de Minée; et je vous répète en prose ce que j'ai dit en vers, que je ne devais pas traiter ce sujet après Ovide et la Fontaine, Ce n’est pas dans le monde comme dans l'Évangile; celui qui vient se présenter à la dernière heure n’est jamais si bien recu que ceux qui ont travaillé le matin. » (Lettre de Voltaire, sous le nom de M, de la Visclède, à M. le secrétaire perpétuel de l'Académie de Pau.).
2. …. « Lisez la métamorphose des Filles de Minée, dit le curé. — Je l'ai lue, dit l’autre, et je soutiens que cela n’a nul rapport « à ma charrue, — Comment, impiel vous ne vous souvenez pas « que les Filles de Minée furent changées en chauves-souris pour « avoir filé un jour de fête? — Le cas est bien différent, répliqua « le gentilhomme : ces demoiselles n'avaient rendu aucun hon- « neur à Bacchus; et moi, j'ai été à la messe de sainte Radegonde; « vous n'avez rien à me dire; vous ne me changerez point en « chauve-souris. — Je ferai pis, dit le prêtre; je vous ferai mettre « à l'amende, » Il n’y manqua pas. Le pauvre gentilhomme fut ruiné ; il quitta le pays avec sa famille et ses valets, passa chez l'étranger, et sa terre resta inculte plusieurs années, »
+ On'sait combien de fois les écrivains et les artistes se sont inaptes des deux fables NS 5 sr et Thisbé et de Céphale et Procris.
"Citons, parmi les pièces qui en’sont tirées, outre Pyrame et Thisbé, tragédie de l’Arioste, qu'il composa dans son enfance et s'amusa à jouer avec ses frères, outre la célèbre tragédie de Théophile de Viau, les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé, 1617, celle de Puget de la Serre, en cinq actes, en prose, imprimée en 1633 (Lyon, J.-A. Candy, in-8°), mais non représentée, celle de Pradon, jouée et imprimée en 1674 (Paris, Henry Loyson, in-12), où Pradon a imité Théophile et copié même quelques-uns de ses vers, analysée dans le Dictionnaire dramatique, tome II, p. 497; Tisbe, opéra italien anonyme, donné à Ferrare en 1697; Pyrame et Thisbé, tragédie-opéra en cinq actes et un prologue, représentée le 17 octobre 1726, paroles de Jean-Louis-Ignace de la Serre, sieur de Langlade, musique de Rebel et Francœur (Paris, Ribou, 1726, in-4°); Pyrame et Thisbé, parodie en un acte, en prose et en vaudevilles, de cet opéra, par Dominique, Lelio fils et Romagnésy, donnée aux Italiens la même année, analysée dans le Dictionnaire dramatique, tome II, p. 498, et qui rappelle la scène v de l’acte II du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare; Pyrame et Thisbé, scène lyrique, Paris, 1781, in-8°, sans nom d'auteur; Cefalo ed Aurora, la pasto— ralé de Corregia (Venise, 1510, in-8°), jouée en 1486; l'Enlèvement de Céphale, le célèbre opéra en cinq actes de Chiabrera, misen musique par Caccini, et représenté, le 9 octobre 1600, à l’occasion du mariage de Henri IVet de Marie de Médicis; Procris ou la Jalousie infortunée, tragi-comédie, par Alexandre Hardy, 1605 ; Céphale et Procris, comédie burlesque en trois actes ét en vers, de Calderon, imprimée en 1662; Céphale et Procris, tragédie-opéra en cinq actes ét un prologue, jouée le 15 mars 1694, paroles de Duché, musique de Mlle de la Guerte (Paris, Ballard, 1694, in-4°); Céphale et Procris, comédie en trois actes, en vers libres, de Dancourt, avec un prologue et trois intermèdes, musique de Gilliers, représentée le 27 octobre 1711 (Paris, veuve Ribou, 1711, in-12); la cantate de J.-B. Rousseau intitulée Céphale; Céphale et Procris ou l'Amour con- Jugal, tragédie lyrique en trois actes, par Marmontel, musique de Grétry; donnée pour la première fois, au château de Versailles, le 30 décembre 1773, en l'honneur du mariage du comte d'Artois, et à l’Académie royale de musique, le à mai 1775, analysée dans le
tome IIL du Dictionnaire dramatique, p. 466, : la musique de cet opéra a été arrangée, remaniée par M. Gevaërt en 1882; et enfin l'Automne ou la Minéide, IV° acte de l'Année galante,. ballet-opéra en 4 actes et un prologue, paroles de Roy, musique de Myon, ‘représenté devant le Roi à Versailles, sur le st de la Grande Écurie, le 13 février 1747. |
Mentionnons, pour l'épisode de Pyrame, les tableaux de Nicôlas Poussin, du Guide, du Tintoret, de Charles Lebrun, de Frago= nard, etc,; pour celui de Céphale, ceux de Rubens, Annibal Carrache, le Guerchin, Mieris, Pierre Guérin, etc,
Je chante dans, ces vers les filles de Minée,.
Troupe aux arts de. Pallas dès l'enfance adonnée!,
Et.de quile travail fit entrer en courroux!
Bacchus, à juste droit de ses honneurs jaloux.
Tout dieu veut aux humains se faire reconnoître?: 5 On ne voit point les champs répondre aux soins du maître’, Si dans les,jours, sacrés, autour de ses guérets,
Il ne marche en triomphe à l'honneur de Cérès!.
La Grèce étoit en jeux pour le fils de Sémèle*;
Seules-on wit-trois sœurs condamner ce saint zèle. ro Alcithoé, l'aînée, ayant pris ses fuseaux, [veaux°! Dit aux autres : « Quoi donc! toujours des dieux nou-
1. C'est-à-dire à l'art de filer, ou de broder des tissus : tome V, p.109 et note 4.
2. Terme théologique : confesser, reconnaître pour tel. — La Fontaine a écrit ici reconnaitre pour rimer avec maitre.