Tome II, p
… Mais quoi? si l'amour n’assaisonne
Les plaisirs que l'hymen nous donne, etc.
5. Leurs peines de cœur, leur amour, leurs tendres vœux, ce qu'ils sentaient l’un pour l’autre : voyez ci-dessous, lé vers 177 ; et comparez l’épithalame à Mlle de Bourbon et au prince de Conti (tome V H.-L., p. 180) :
-O vous pour qui les dieux ont des soins si pressants, Bourbon aux charmes tout puissants, etc.
J, px LA FONTAINE, vi 12
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Ce léger réconfort’ ne les put satisfaire ;
Il fallut recourir à quelque autre mystère”,
Un vieux mur entr'ouvert séparoit leurs maisons;
Le temps avoit miné ses antiques cloisons : 60 Là, souvent de leurs maux ils déploroient la cause; Les paroles passoïient*, mais c'étoit peu de chose".
Se plaignant d'un tel sort, Pyrame dit un jour :
1. Aide, secours, consolation : tome V, p. 133 et note 2. 2. Comparez la Confidente, vers 49.
Conscius omnis abest; nutu signisque loquuntur : Quoque magis tegitur, tectus magis æstuat ignis. Fissus erat tenui rima, quam duxerat olim, Cum fieret paries domui communis utrique.
Id vitium nulli per sécula longa notatum, Quid non sentit amor? primi sensistis amantes, Et voci fecistis iter : tutæque per illud.
Murmure blanditiæ minimo transire solebant.
(tbidem, vers 63-70.)
Ce passage n’est pas sans quelque analogie avec les vers de Properce (livre II, élégie xvix, vers 15-16):
Nec licet in triviis sicca requiescere luna, Aut per rimosas mittere verba fores,
Rapprochons la tragédie de Théophile, acte IL, scène 1:
Privés de tous moyens de nous parler ailleurs,
Et ne pouvant venir à des accès meilleurs,
Une petite fente en cette pierre ouverte,
Par nous deux seulement encore découverte,
Nous fait secrètement aller et revenir l
Les propos dont Amour nous laisse-entretenir, etc,
4. Les deux amants, chez Ovide, se plaignent au mur même qui les sépare et qui, s’il leur permet d'échanger des paroles d'amour, ne laisse pas un libre passage à leurs baisers :
Sæpe, ut constiterant, hine Thisbe, Pyramus illinc, Inque vicem fuerat captatus anhelitus oris :
€ Znvide, dicebant, paries, quid amantibus obstas? Quantum erat, ut-sineres nos toto corpore jungi! Aut, hoc si nimium, vel ad oscula danda pateres! »
(Ibidem, vers 71-75.)
Chère Thisbé, le Ciel veut qu'on s’aide en amour; Nous-ayons à nous voir une peine mfnie*: 65 Fuyons de nos parents l’injuste tyrannie.
J'en ai d’autres en Grèce; ils se tiendront heureux Que vous daigniez chercher un asile chez eux; Leur amitié, leurs biens, leur pouvoir, tout m'invite A prendre le parti dont je vous sollicite ?. 70 « C'est votre seul repos qui me le fait choisir, « Car je n'ose parler, hélas! de mon desir.
« Faut-il à votre gloire en faire un sacrifice ? « De crainte des vains bruits faut-il que je languisse ? « Ordonnez : j'y consens; tout me semblera doux; 75 « Je vous aime, Thisbé, moins pour moi que pour vous. — J'en pourrois dire autant, lui repartit l’amante : « Votre amour étant pure’, encor que véhémente, «.Je vous suivrai partout; notre commun repos .« Me doit mettre au-dessus de tous les vains propos : « Tant que de ma vertu je serai satisfaite, « Je rirai des discours d’une langue indiscrète, « Et m'abandonnerai sans crainte à votre ardeur, « Contente que je suis’ des soins de ma pudeur. »
SR ORLESUR LE
Jugez ce que sentit Pyrame à ces paroles ; 85 Je n’en fais point ici de peintures frivoles :
Suppléez au peu d'art que le Ciel mit en moi; Mous-mèmes peignez-vous cet amant hors de soi. ,
«< Demain, dit-il, il faut sortir avant l'aurore;
« N'attendez point les traits que son char fait éclore*.90
1. Terme hyperbolique qui, comme le remarque Gail, était bien placé, au temps de la Fontaine, dans la bouche d’un jeune homme plein d'amour, mais dont l'énergie est aujourd’hui usée.
2: Comparez, pour ce tour, les Lexiques de Malherbe, Corneille, la Bruyère et Sévigné.