‹ Grands EcrivainsChapitre 202 sur 339 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il ya longtemps que cet ouvrage est . composé; et peut-être n’en est-il pas moins digne de voir la lumière. Quand j'en conçus le dessein, j'avois plus d'imagination que je n'en ai aujourd'hui. Je m'étois toute ma vie exercé en ce genre de poésie que nous nommons héroïque? : c'est assurément le plus beau de tous, le plus fleuri, le plus susceptible d’ornements, et de ces figures nobles et hardies qui font une langue à part, une langue assez charmante pour mériter qu'on l'appelle la langue des dieux*. Le fonds que j'en avois fait, soit par la lecture des anciens, soit par celle de quelques-uns de nos modernes, s'est presque entièrement consumé dans l’'embellisse-

ment de ce poème, bien que l'ouvrage soit court, et qu'à proprement parler il ne mérite que le nom d’idylle*. Je l'avois fait marcher à la suite de Psyché, croyant qu'il étoit à propos de joindre aux amours du Fils celles de la Mère. Beaucoup de personnes m'ont dit que je faisois tort: à l'Adonis. Les raisons qu’ils en apportent sont

Et moins pour moi que pour pas un :

Je ne serai pas importun; Je prendrai votre heure et la mienne, etc,

1. Avertissement qui est en tête du poème dans le recueil intitulé : Fables nouvelles et autres poésies de M. de la Fontaine, à Paris, chez Denis Thierry, 1671, in-12,

a, Voyez la Notice biographique, tome I, p. Lvr-rvir; ci-dessus, p. 216-218; et le commencement de la Préface de Psyché,

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