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Laïssent faire à ses sens un effort inutile, (tbidem

Heureux s'ikpouvoit voir les pleurs qu'il fait couler. | La moitié des chasseurs, à le plaindre employée, Suit latriste Aréthuse en ses larmes noyée. | 460

Non loin de cet endroit un ruisseau fait son cours ; Adonis s’y repose après mille détours. É Les nymphes, de qui l'œil voit les choses futures, L'avoient fait égarer en des routes obscures.

Le son des cors se perd par un charme ‘inconnu ;s 465 C'est en vain que leur bruit à ses sens est venu.

Ne sachant où porter sa course vagabonde,

Il s'arrête en passant au cristal® de cette onde.

Mais les nymphes ont beau s'opposer aux Destins : Contre un ordre fatal tous leurs charmes sont vains°. Adonis en ce lieu voit apporter Palmire;

Ce spectacle l'émeut, et redouble son ire*

À tarder plus longtemps on ne peut l'obliger;

H regarde la gloire, et non pas le danger.

Il part, se fait guider, rencontre le carnage. 475 Cependant le sanglier s'étoit fait un passage,

Et, courant vers son fort°, il se lançoit parfois

Aux chiens”, qui dans le ciel poussoient de vains aboisf,

1. É Filles de Minée, vers 146, Ados, vers 145. », Ci-dessus, p. 241 ét note 3.

3. Comparez la scène v de l'acte II de Galatée, 4: Page a10 et note 2.

— Adonis en ce lieu voit Palmire qu’on porte; Sa colère en devient plus ardente et plus forte. (Manuscrit de 1658.)

® $. Dans Les Filles de Minée, vers 106 et note 1 : D'un carnage récent sa gueule est toute teinte, 6. Vers 252 et 325, — 7. Vers 382 et 415,

8. Ille ruit, spargitque canes, ut quisque ruenti Obstat, et obliquo latrantes dissipat ictu, (Oviver, ibidem, vers 343-344.)

On ne l’ose approcher ; ; tous les traits qu’on lui lance, Étant poussés de loin, perdent leur violence. 480 Le héros seul s'avance, et craint peu son courroux. Mais Capys, l’arrêtant, s'écrie : « Où courez-vous ? Quelle bouillante ardeur au péril vous engage?

Il est besoin de ruse, et non pas de courage. N'avancez pas, fuyez; il vient à vous, 6 dieux!» 485 Adonis, sans répondre, au ciel lève les yeux.

« Déesse, ce dit-il?, qu'adore ma pensée,

Si je cours au péril, n’en sois point offensée ;

Guide plutôt mon bras, redouble son effort”;

Fais que ce trait lancé donne au monstre la mort*. »

À ces mots dans les airs le trait se fait entendre :

A l'endroit où le monstre a la peau la plus tendre

Il en recoit le coup, se sent ouvrir les flancs’,

De rage et de douleur frémit, grince les dents, Rappelle sa fureur, et court à la vengeance. 495 Plein d'ardeur et léger, Adonis le devance.

On craint pour le héros; mais il sait éviter

r. Vers 283-284:

Si le jeune Adonis l’eût aussi voulu croire, IL n'auroit pas si tôt traversé l'onde noire.

. Tome IV, p. 109 et note 2, 3, Vers 326.

. Da-mihi, quod petitur, certo contingere telo. (Ovroe, ibidem, vers 351.) — Guide ma main, deesse, et m'enseigne le lieu D'où ie pourrai sanglant retirer mon epieu, à (RowsanD, tome II, p. 36.) 5. Vers 425.

6. L'Académie, dans les quatre premières éditions de son Dictionnaire, n’admet que cette forme active : « grincer les dents ». A

partir de la cinquième elle ajoute : « On dit aussi : « grincer des « dents »,

Les coups qu’à cet abord‘ la dent lui veut porter.

Tout ce que peut l'adresse étant jointe au courage,

Ce que pour se venger tente l’aveugle rage, . 800 Se fit lors remarquer par les chasseurs épars*.

Tous ensemble au sanglier voudroient lancer leurs dards, Mais peut-être Adonis en recevroit l’atteinte?.

Du cruel animal ayant chassé la crainte,

En foule ils courent tous droit aux fiers assaillants. 505 Courez, courez, chasseurs un peu trop tard vaillants ; Détournez de vos noms un éternel reproche :

Vos efforts sont trop lents, déjà le coup approche ; Que n’en ai-je oublié les funestes moments!

Pourquoi n'ont pas péri ces tristes monuments? 510 Faut-il qu'à nos neveux j'en raconte l’histoire!

Enfin de ces forêts l’ornement et la gloire, ; Le plus beau des mortels, l'amour de tous les yeux”, Par le vouloir du Sort ensanglante® ces lieux.

Le cruel animal s’enferre dans ses armes, 515 Et d’un coup aussitôt il détruit mille charmes”.

Ses derniers attentats ne sont pas impunis;

1, Tome V, p. 453 et note 3, et ci-dessus, p. 203, 2. Vers 316.

— Se fit lors aux chasseurs remarquer des + parts.

(Manuscrit de 1658.) 3. Vers 415.

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