Ci-dessus, vers 13 et note
2. Le traitement de la fièvre était tel que la Fontaine l'indique ici avant le chevalier Talbot, qui fit à cet égard une révolution de médecine, et qui défendit, comme choses dangereuses, la diète, la saignée, et les purgations, pendant qu'on prenait son remède : voyez les Admirables qualités du Kinkina, etc., 2° édition, Paris, 1694, in-12, p. 17 et 22. La première édition de ce livre parut, comme nous l'avons dit, en 1689; et voici cependant ce que nous lisons dans les intéressantes Études sur François I®, roi de France, sur sa vie privéetet son règne, par Paulin Paris (Paris, 1885, tomel, p. 55): « En 1511, François eut de violents accès de fièvre tierce qu'il promena de Romans à Valence, pendant les mois de juin et de juillet. Les médecins ne savaient pas mieux les prévenir alors qu'ils ne le savent aujourd’hui, et le quinquina ne leur donnait pas encore un moyen de les arrêter. On trouve pourtant dans les Commentarii de Beaucaire (livre VII, p. 189) une phrase qui semblerait prouver que les vertus de cette écorce fébrifuge n'étaient pas inconnues au seizième siècle en Europe. Après avoir parlé de la feuille de l'arbre nommé gaïac, employée pour la guérison du mal de Naples, il ajoute : Utuntur nonnulli etiam china vel cina radice, quæ tamen articularibus morbis sublevandis commodior esse perhibetur; ea etiam imperator Carolus [quintus] frequenter usus est. » Sans doute le quinquina, avant d'être connu officiellement, pour ainsi dire, en Europe, était déjà employé par quelques personnes qui l’avaient rapporté du Pérou, à moins qu’on n'ait confondu ce fébrifuge avec la racine de gentiane, ou quelque similaire, dont on se servait jadis contre les fièvres intermittentes. — Citons aussi, contre l’usage de la diète et de la saignée, ce passage de Van Helmont (Ortus Medicine, id est initia Physicæ inaudita, etc,, 4° édition, Lyon, 1655, in-fol., p. 280), dans le chapitre intitulé Pictus ratio : Jam a quinquaginta hinc annis mecum experior, me plures sanare, etiam non visos, spretisque diætæ regulis,
Telle est des Jroquois‘ la gent presque immortelle : 115
La vie après cent ans chez eux est encor belle.
Ils lavent leurs enfants aux ruisseaux les plus froids;
.La mère au tronc d’un arbre, avecque son carquois,
Attache la nouvelle et tendre créature; À
Va sans art apprêter un mets non acheté ?. 120
Ils ne trafiquent point des dons de la nature;
Nous vendons cher les biens qui nous ont peu coûté.
L'âge où nous sommes vieux est leur adolescence.
Enfin il faut mourir; car sans ce commun sort
Peut-être ils se mettroient à l'abri de la mort 125 Par le secours de l'ignorance.
Pour nous, fils du savoir, ou, pour en parler mieux, Esclaves de ce don que nous ont fait les dieux”,
Nous nous sommes prescrit une étude infinie:
L'art est long”, et trop courts les termes de la vie. 130
plures simul medici, qui in nostra urbe oberrant. Experior, inquam, meomnes febres continuatas et intermittentes curare paucis diebus, imo et plerumque paucis horis, non admisso phlebotomo, sed permisso vino. 1. Les Iroquois, cette confédération jadis puissante, aujourd’hui presque disparue. Au temps de Louis XIV, leur pays s'étendait le long des côtes méridionale et orientale du lac Ontario jusqu’au lac Champlain dit lac des Iroquois; ils possédaient aussi des villages au nord du Saint-Laurent jusqu'au confluent de la « rivière des Français ».
3. Voyez tomelll, p. 304, note 4, la fin de la citation de Virgile. 3. Rapprochez la fable xrx du livre VIII, où le poète semble guidé par une inspiration toute contraire, et particulièrement la note 18 de cette fable, — Qui addit scientiam addit et laborem. (Ecclésiaste, chapitre 1, verset 18.) 4. Comparez les vers 25-26 de la lettre de février 1686 à M. Simon de Troyes :
I faut du temps; le temps a part À tous les chefs-d'œuvre de l'art,
5. Adonis, vers 13; et dans une ode de Maucroix à Conrart: D'où se forme en nos cœurs cette brutale envie
Un seul point négligé fait errer aisément :
Je prendrai de plus haut tout:cet enchaînement, Matière non encor par les Muses traitée, :
Route qu'aucun mortel en ses vers n’a tentée :
Le dessein en est grand, le succès malaisé ; 135 Si je m'y perds, au moins j'aurai beaucoup osé‘.
Deux portes sont au cœur*; chacune a sa valvule’, Le sang, source de vie, est par l’une introduit;
D'abréger une vie Dont le plus long espace a des termes si courts?
r. Tome III, p. 169 et note 9:
Si mon œuvre n’est pas un assez bon modèle, J'ai du moins ouvert le chemin:
D'autres pourront y mettre une dernière main.
2. On n'oserait guère demander au poète, lancé presque malgré lui dans ces difficultés, plus de précision qu'il n’en met dans ses descriptions et dans ses mots, Toutefois « quatre » serait préférable à « deux », et « cavités » à « portes » : oreillette droite, recevant le sang des veines du corps, et oreillette gauche, le sang des veines pulmonaires; ventricule droit, envoyant le sang veineux au poumon, et ventricule gauche, le sang artériel à tout le corps.
* 3. « Tout repli, dit Littré, qui, dans les vaisseaux et conduits du corps, empêche les liquides ou autres matières de refluer, ou qui a pour fonction principale de ralentir ou de modifier le cours des liquides sur le trajet desquels il se trouve, » — Notre poète décrit ici la circulation du sang découverte par le docteur Harvey, ce qui exclut la doctrine de la présence du gaz ou des esprits dans les vaisseaux artériels, qu’il a exposée plus haut, et à laquelle plusieurs médecins de ce temps étaient encore attachés, — William Harvey, né à Folkestone le 2 avril 1578, mourut à Londres le 3 juin 1658. Disciple de Fabrizio d’Acquapendente, à l’université de Padoue, c'est dans son premier et célèbre ouvrage : Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis ir animalibus (Francfort, 1628, in-4°), qu'il consigna ses idées sur la circulation du sang. À côté ou à la suite de ses contradicteurs déclarés, Primerose à Montpellier, Riolan à Paris, Parisanus à Venise, les envieux essayèrent de lui enlever l'honneur de sa grande découverte, Théodore Janson. d’Almeloveen, dans son Onomasticon rerum inventarum et Inventa
L'autre huissière‘ permet qu'il sorte et qu'il circule, Des veines sans cesser aux artères? conduit. vides 4.6 Quand le cœur l’a recu, la chaleur naturelle
En forme ces esprits qu'animaux on appelle?,
nova antiqua (Amsterdam, 1684, in-fol.), rapporte plusieurs endroits d’Hippocrate pour justifier qu’il a connu Ja circulation; Walæus, Epistolæ ad Thomam Bartholinum, de chyli et sanguinis motu (Leyde, 164%, in-8°), et Charleton, OEconomia animalium novis in medicina hypothesibus superstructa (Londres, 1658, in-fol.), exerc. FI, prétendent qu'Aristote et Platon, comme Hippocrate, l’ont connue aussi, On a dit encore que les médecins chinois l’enséignaient quatre cents ans avant qu'on en parlât en Europe. Il en est même qui remontent jusqu'à Salomon, croyant en trouver des vestiges. dans le chapitre xx de l'Ecclésiaste. Bernardin Genga, dans son Anatomie per uso ed intelligenza del disegno (Rome, 1691, in-fol.), transcrit des passages de Realdus Colombus et d’Andreas Cesalpinus, par lesquels il prétend montrer qu’ils l’'admettaient, Il dit aussi que c'est Fra Paolo Sarpi, qui, ayant exactement considéré la structure des valvules dans les veines, a inféré, dans ces derniers temps, la circulation, de leur construction et de plusieurs autres expériences, Janson cite également le passage d’Andreas Cesalpinus, qui contient fort clairement, selon lui, la doctrine de la circulation dès l'an 1593. Jean Leonicenus ajoute que Fra Paolo avait découvert la circulation du sang et les valvules des veines, mais qu'il n'osa pas en parler, de peur de l’Inquisition, et qu'il communiqüa seulement son secret à Acquapendente, qui, après sa mort, mit le livre qu’il avait composé sur ce sujet dans la bibliothèque de Saint-Mare, où il fut longtemps caché; mais que Acquapendente révéla ce secret à Harvey. Enfin les Jésuites soutiennent que leur père Fabri a enseigné avant Harvey la circulation du sang : voyez le Dictionnaire des arts et des sciences (Paris, 1694, in-fol.); et le tome IX du Molière de notre Collection, p. 355 et note 3.
© 1. Préposée à l’huis, portière, L'Académie n’a enregistré ce féminin dans aucune des éditions de son Dictionnaire,
3. Les artères sont les vaisseaux destinés à porter le sang soit du ventricule droit du cœur au poumon, soit du ventricule gauche du cœur à toutes les autres parties du corps; et les veines sont les petits canaux qui ramènent au cœur le sang distribué par les artères dans toutes les parties et devenu noir en cette distribution.
3, Ci-dessus, p. 262 et note 5. — La Fontaine jointici à ce mot
Ainsi qu’en un creuset il est raréfié.
Le plus pur, le plus vif, le mieux qualifié’,
En atomes extrait quitte la masse entière, 145 S'exhale, et sort enfin par le reste attiré.
Ce reste rentre encore, est encore épuré ;
Le chyle* y joint toujours matière sur matière.
Ces atomes font tout; par les uns nous croissons ;
Les autres, des objets touchés en cent façons, - 150
l’épithète que lui donnait la physiologie de l'époque : « animaux». On désignait par là un fluide très subtil qui, après s'être formé dans le cœur et dans le cerveau, se distribuait, pensait-on, dans toutes les parties du corps et y portait la vie, L'opinion, la volonté des hommes étaient les effets immédiats de la manière dont les esprits animaux se filtraient dans le cervelet, et de là dans la moelle allongée : ces esprits animaux dépendaient de la circulation du sang: ce sang dépendait de la formation du chyle. — «Ce qu'il y a de plus remarquable, c’est la génération des esprits animaux, qui sont comme un vent très subtil, on plutôt comme une flamme très pure et très vive qui, montant continuellement en grande abondance du cœur dans le cerveau, se va rendre de là par les nerfs dans les muscles, et donne le mouvement à tous les membres. » (Descartes, Discours de la méthode, chapitre v, $ 8.)