CHANT II
Enfin, grâce au démon” qui conduit mes ouvrages‘,
Je vais offrir aux yeux de moins tristes images;
Par lui j'ai peint le mal, et j'ai lieu d'espérer
Qu'en parlant du remède il viendra m'inspirer.
On ne craint plus cette hydre aux têtes renaissantes®, 5 La fièvre exerce en vain ses fureurs impuissantes :
2; Comparez la fable 1 du livre X, vers 55-56 :
..…. Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenoit, etc.
2. Nec fonte labra prolui caballino, Mec in bicipiti somniasse Parnasso Memini, ut repente sic poeta prodirem.
(Pense, Prologue, vers 1-3.) — Dans l'opéra de Daphné, acte V, scène vr :
.…. Allez dormir encor sur le Parnasse, 3. Le démon de la poésie, 4. Dans une dédicace au procureur général Harlay (tome II M,-L., p. 266) :
.…. L'un a pour protecteur le démon du Parnasse, etc. 5. Tome IV, p. 369 et note 4.
J. x za Fontaine, vi 22
D'autres temps sont venus, Louis règne; et les dieux Réservoient à son siècle un bien si précieux;
A son siècle ils gardoient l’heureuse découverte
D'un bois quitous les jours cause au Styx quelque perte”. Nous n'avons pas toujours triomphé de nos maux :
Le Ciel nous a souvent envoyé des travaux.
D'autres temps sont venus, Louis règne; et la Parque Sera lente à trancher nos jours sous ce monarque”.
Son mérite a gagné les arbitres du sort: 15 Les destins avec lui semblent être d'accord.
Durez, bienheureux temps; et que sous ses auspices + Nous portions chez les morts plus tard nos sacrifices*. J'en conjure le dieu qui m'inspire ces vers;
Je t'en conjure aussi, père de l'univers, 20 Et vous, divinités aux hommes bienfaisantes,
Qui tempérez les airs, qui régnez sur les plantes,
1. Rapprochez la fable 1 du livre VII, vers 5. 2. Des peines, des souffrances, Page 319:
Peut-être il a voulu la vendre à nos travaux.
3. Citons au sujet de ces vers le sonnet de Claude Mallemans de Messanges sur la protection accordée par Louis XIV au quinquina, sonnet qui orne quelques exemplaires de l'ouvrage de Nicolas de Blégny : Connoissance et guérison des fièvres (ci-dessus, p. 313) :
..….Ton bras armé d'un foudre a-t-il semé l’effroi, D'un mot tu calmes tout, et ta bonté préfère
Le favorable nom de protecteur, de père,
Aux titres glorieux de conquérant, de roi.
C'est peu pour ta vertu qu’une gloire si belle Brave des temps jaloux l'atteinte criminelle,
Et se voie en tous lieux ériger des autels;
Déjà vainqueur du Styx et du sombre monarque, Tu viens pour nous encore anéantir la Parque, Et tu veux qu'avec toi nous soyons immortels.