Vers 284 du chant t
4. Rapprocher, pour cette allégorie, Homère, l'Jliade, chant xx1v, vers 527-533; le Roman de la Rose, vers 6839 et suivants :
Jupiter en toute saison
À sor le suel de sa maison,
Ce dit Omers, deus plains tonneaus; Si n’est viex hons, ne garsonneaus, Si n'est dame, ne damoïiselle,
Soit vielle ou ione, laide ou bele, Qui vie en ce monde reçoiue,
Qui de ces deus tonneaus ne boiue.
C'est une tauerne planiere,
Dont Fortune la tauerniere
Trait aluine et piment en coupes, Por faire à tout le monde soupes :
Tous les en aboiure à ses mains, Mes les uns plus, les aultres mains, N'est nus qui chascun ior ne pinte De ces tonneaus ou quarte ou pinte, Ou mui, ou setier, ou chopine,
Si cum il plaist à la meschine,
Ou plaine paume ou quelque goute
J. De ra Foxraine. vi 33
Ceux de nous que Jupin regarde comme amis 270 Puisent à leur naissance en ces tonnes fatales
Que Fortune ou bec li agoute ; Car bien et mal à chascun verse, Si cum ele est doulce ou peruerse;
Destructorium vitiorum, Lyon, 1511, in-4°, dialogue cr; la Perrière, le Theatre des bons engins, Paris, 1539, in-8°, emblème vtr; Corrozet, Hecatongraphie, Paris, 1543, in-8°, emblème x; Bocchi, Symbolicarum quæstionum libri F, Bologne, 1555, in-4°, symbole var; Pictorius, Sermonum convivalium libri X, Bâle, 1559, in-8°, p. 175; Corrozet, déjà cité, le Parnasse des poetes françois modernes, Paris, + 1591, in-8°, p. 78; la Satire Ménippée, tome I, p. 18-19 : « Au fond et milieu de la piece estoient figurées les barricades de Paris, où l’on voyoit ung roy simple et bon catholique, et qui auoït tant fait de bien et donné tant de priuileges aux Parisiens, estre chassé de sa maison, et assiegé de toutes parts, auec tonneaux et barriques pour le prendre... Et au bas de ladicte piece estoit escript ce quatraini:
« lupiter de ses tonneaux
Le bien et le mal nous verse,
Mais par ceux cy tous nouueaux
Il met tout à la renuerse »;
le Poulchre de la Motte Messemé, les Passe-temps, Paris, 1597, in-8°, livre I, chapitre vi; Ronsard, au cardinal de Chastillon, à Iean Morel, et Response à quelque predicant de Geneue :
On dit qu’au ciel là haut au deuant de la porte
Il y a deux tonneaux de differente sorte:
L’ung est plein de tous biens; l’aultre est plein de tous maux, Que Dieu respand çà bas sur tous les animaux. Il nous donne le mal auecques la main dextre, Et le bien, chichement, auecques la senestre; N du Bellay, à Lean Proust; Baïf, à M. Brulard; Piron, les deux Tonneaux, poème allégorique, Paris, 1744, in-1a; Voltaire, les deux Tonneaux, opéra-comique; les Adorateurs, où les Louanges de Dieu (tome XLVI des OEuvres, p. 376) : « Toute l'antiquité rechercha la cause des imperfections du monde avec autant d’empressement que de désespoir, Les Grecs imaginèrent des Titans, enfants du ciel et de la terre... Les autres inventèrent la belle fable de Pandore. D'autres, plus philosophes peut-être en paraissant ne
Ce
Un mélange des deux par portions égales ; Le reste des humains abonde dans les maux".
Au seuil de son palais Jupin mit ces tonneaux. . Ce ne fut ici-bas que plainte et que murmure”; 295 On accusa des maux l’excessive mesure.
Fatigué de nos cris le monarque des dieux . Vint lui-même éclaireir la chose en ces bas lieux. La Renommée en fit aussitôt le message".
Pour lui représenter nos maux et nos langueurs, 280 On députa deux harangueurs”, De tout le genre humain le couple le moins sage; Avec un discours ampoulé Exagérant nos maladies, Jupiter en fut ébranlé : 285 Ils frent un portrait si hideux de nos vies, Qu'il inclina d'abord à réformer le tout.:
\ l'être pas, mirent Jupiter entre deux tonneaux, versant le bien goutte à goutte et le mal à plein canal »; épître zxxxrv : Il (Dieu) a deux gros tonneaux d'où le bien et le mal Descendent en pluie éternelle " Sur cent mondes divers, et sur chaque animal, Les sots, les gens d'esprit, et les fous, et les sages, Chacun recoit sa dose, et le tout est égal;
lettre à Mme la marquise du Deffand, du 5 mai 1756 : « Des deux tonneaux de Jupiter le plus gros est celui du mal; or, pourquoi Jupiter a-t-il fait ce tonneau aussi énorme que celui de Citeaux ? ou comment ce tonneau s'est-il fait tout seul? cela vaut bien la peine d’être examiné » ; etc. |