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LES AVEUX INDISCRETS

CONTE

Ce conte paraît imité de la fin de la vrrr° des Cent Nouvelles nouvelles : comparez celui du sieur d’Ouville intitulé : « Naïveté d’une jeune femme à son mari, la première nuit de ses noces» (p. 11 de la seconde partie des Contes aux heures perdues, titre de la x°° édition de ce recueil, Paris, 1643 ; ou p. 1 de l'Élite des contes du sieur d'Ouville, Rouen, 1680) ; et, parmi les gaietés ou facéties analogues, celle de Poge qui a pour titre Repensa merces (tome I, p. 165 de l'édition de 1798) ; une autre de Frischlinus : Par pari relatum(p. 13- 14 du recueil de 165r); lanouvelle xvux de Malespini; la serée v de Guillaume Bouchet, passim; dans le Moyen de parvenir, p. 353: &« Comme fit la ieune mariée à son mary... : Le matin il vint plusieurs femmes, filles et garses, veoir le nouueau marié, c’est à dire le ieune homme; et chascune, le baïsant, luy donna une fouace. Sa femme, ayant veu ce mystere, luy demanda affectueusement ce que c'estoit; et il luy dit que c’estoit ung adieu que lui disoient toutes les femmes, filles et garses, qu’il auoit accolées. « He dea, dit elle, « vous auez grand tort! que ne me l’auez vous dit? l'en eusse « aduerty tous ceux qui me l'ont faict; il: m'eussent apporté dw « vin; nous eussions eu à boire et à manger pour d’icy à Pasques » ÿ le Facétieux réveille-matin des esprits mélancoliques (Rouen, 1699, in-12, p. 26-27) : « Repartie que fit une jeune mariée à son mari la première nuit de ses noces » ; les Contes à rire : « D'un fiancé à sa fiancée » (tome I, p. 72); les Nouveaux contes à rire, même titre (tome I, p. 227), anecdote dont on peut rapprocher « la Fiancée ingénue » (ibidem, p. 229), « Ingénuité d'une femme à son mari la première nuit de ses noces » (ibidem, tome II, p. 20), et une lettre de Maucroix du 16 janvier 1682 (Œuvres, tome Il, p. 121-133), où semblable historiette est racontée.

À propos des sornettes, sottises, naïvetés, balourdises, plus ou moins sincères, plus ou moins affectées, des femmes « simples et

c. v] CINQUIÈME PARTIE. br

niaises, ou bien fines, doubles et rusées, ainsi qu’on. voudra », voyez Brantôme, tome IX, p. 353 et suivantes,

De cette historiette ont été tirés trois opéras-comiques, en un acte, portant tous trois le même titre que notre conte : le premier de la Ribadière, musique de Monsigny, joué à la Foire Saint-Germain, le 7 février 1759, analysé dans le Dictionnaire dramatique, tome I, p. 1523 le second, de Taconnet, représenté la même année sur le théâtre des comédiens de Versailles; le troisième, de Marsy, joué à Francfort, en 1760.

Paris, sans pair, n’avoit en son enceinte Rien dont les yeux semblassent si ravis Que de la belle, aimable, et jeune Aminte”, Fille à pourvoir, et des meilleurs partis *.

Sa mère encor la tenoit sous son aile ;

Son père avoit du comptant et du bien’:

Faites état° qu’il ne lui manquoit rien’.

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