Dans Wicaise, vers
Heureux seroit Celui d’entre eux qui cueilleroit, En nom d’hymen, certaine chose, etc.
b. Les mariés n’avoient souci Que de s'aimer et de se plaire, (Za Coupe enchantée, vers 152-153.)
6. Avoir ou se promettre la vigne de l'abbé, c'est-à-dire une belle vigne, c'est-à-dire une vie de délices. « On dit d’un mari et d’une femme qui passent la première année de leur mariage sans s'en repentir qu’ils auront la vigne de l'évêque », qu’ils seront très heureux. (Dictionnaire comique, satirique et critique de le Roux de Lincy, tome II, p. 586.) La 1° édition du Dictionnaire de l’Académie donne de cette locution proverbiale une explication conforme à celle de le Roux; mais la seconde ne reproduit pas cette explication. Si nous en croyons Quitard (Proverbes sur les femmes, p. 368), cette expression doit son origine à une vieille histoire, « d'après laquelle un abbé auräit fait publier qu’il donnerait une belle vigne au couple conjugal qui prouverait que pendant un an, à dater du jour de ses noces, il n'avait pas eu la moindre altercation. » Talle-
c. v] CINQUIÈME PARTIE. 53
Lorsque Damon, sur ce propos tombé,
Dit à sa femme : « Un point trouble mon âme*
Je suis épris d’une si douce flamme ?, Lis Que je voudrois n'avoir aimé que vous,
Que mon cœur n’eût ressenti que vos coups, Qu'il n’eût logé que votre seule image’,
mant des Réaux (tome IX, p. 96) parle aussi d’une vigne « qu’on dit que Monsieur l'Archevêque doit donner à celui qui, au bout de l'an, n'aura point de repentir de s'être marié. » — Comparez Noël du Fail (tome II, p. 140) : « A l’abaye Sainct Melaine, prez Rennes, y a, plus de six cens ans sont, ung costé de lard. encore tout frais et non corrompu, et neantmoins voué et ordonné aux premiers qui par an et iour ensemble mariez ont vescu sans debat, grondement, et sans s’en repentir, » — Mais la source première de cette image est sans contredit dans l'Écriture : voyez notre tome IV, p. 177 et note 7, à laquelle nous joïindrons, entre beaucoup d'autres, un exemple d’Ovide (Métamorphoses, livre x1v, vers 665-668) :
Hæc qguoque, quæ Juncta vilès requiescit in ulmo,
Sinon nupla foret, terræ adclinata Jaceret,
Tu tamen exemplo non tangeris ( arboris hujus ;
Concubitusque fugis, nec te conjungere curas;
un de l’Arioste (Orlando furioso, chant x, stance 9):
Senza amante, Sareste come inculta vite in orto, Che non ha palo, ove s’appoggi, o piante;
un de Chappuys (tome I, fol. 144 r°) : « Ce n’estoit ung terroir (cette femme) pour y mettre et planter la vigne »; et celui-ci de Marot (tome IV, p. 162):
Quant à l'heur de ta ligne, Ta femme en ta maison:
Sera comme une vigne Portant fruict à foyson.
« Ils tombèrent enfin sur ce qu'on dit, ete. » ar + Gin Julien, vers 35-36).
2. & Un seul point l’arrêtoit » (/e roi Candaule, vers 236). 3. Dans la Confidente, vers 127 : « le feu dont je me sens épris ». 4+ Dans /a Courtisane amoureuse, vers 28 : « loger des flammes en son cœur ».
CONTES. | (e v
Digne, il est vrai, de son premier hommage.
J'ai cependant éprouvé d’autres feux :
J'en dis ma coulpe!, et j'en suis tout honteux. Il m'en souvient : la nymphe * étoit gentille, Au fond d’un bois, l'Amour seul avec nous°; Il fit si bien (si mal, me direz-vous),
Que de ce fait il me reste une fille“.
— Voilà mon sort, dit Aminte à Damon :
J'étois un jour seulette® à la maison;
I1 me vint voir certain fils de famille’,
Bien fait et beau°, d’agréable façon :
J'en eus pitié; mon naturel est bon;
Et, pour conter tout de fil en aiguille’,
1. Mea culpa. « Si congneut qu'il auoïit erré, si battit sa coulpe. » (Les Cent Nouvelles nouvelles, p. 238.)
Encor la coulpe m’en remord, (Manor, tome III, p. 65.)
« Ce bon vieillard... bat sa coulpe. » (Sarwr-Gerais, tome II, p. 76.) « Ie prends tout sur ma coulpe et sur mon blasme. » (Bran- TÔME, tome I, p. 112.) « Je dis ma coulpe de, etc. » (CHAPezaIn, Lettres, tome I, p. 4-5.) C'est un terme de dogme, de dévotion, particulièrement dans les monastères : « dire sa coulpe », avouer publiquement ses fautes devant ses frères ou ses sœurs.