‹ Grands EcrivainsChapitre 68 sur 339 · LA MATRONE D'ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

LA MATRONE D'ÉPHÈSE

Ce conte, une des plus piquantes de ces fables Milésiennes qui ont diverti le monde, a été tiré par la Fontaine de Pétrone (Satyricon, Chapitres oxx et ox). Le récit de la Métamorphose, d'Apulée (livre u), qu'on en a également rapproché, n'offre avec lui qu’un rapport éloigné, malgré l’analogie de quelques circonstances : il s’agit chez Apulée d’un homme qui, après avoir dépensé tout son argent, se charge, faute de mieux, moyennant salaire, de garder un mort durant toute une nuit. Pendant ce temps la veuve du défunt se console (on l’en accuse du moins), mais non avec le gardien du mort. On l’accuse aussi d’avoir empoisonné son époux,

our hériter de sa succession, et se livrer sans contrainte à un amour adultère.

L'histoire, telle que la raconte Pétrone; ne serait pas une fiction; elle serait arrivée sous le règne de Néron, si nous en croyons Dacier (Mémoires de V Académie des Inscriptions, tome XLI, p. 523). Quoi qu'il'en soit, elle est très répandue, elle a couru tous les pays : onlalit, avec plus ou moins de changements, d’altérations, de variantes, dans le second appendice des fables de Phèdre, fable 14, Mulier vidua et Miles, quanta sit inconstantia et libido mulierum (édition Weïse, Lipsiæ, 1866, p. 86; et L. Hervieux, les Fabulistes latins, vete., Paris, 1884, tome II, p. 66; Phèdre, qui écrivait sous les règnes de Tibère et de Claude, la rapporté comme un événement contemporain); chez Romulus, livre IV, fable 1x, Femina et Miles (tomeIl, p. 462 et p. 515 du Phèdre de Lemaire; Hervieux, tome II, p+ 208); dans l’Anonyme de Nevelet, fable 48, de Milite et Femina (p. 521 de Nevelet; Hervieux, tome II, p. 408); chez Marie de France, fable 33, de la Fame qui feseit duel de sur Mari, alias de lOume mort e de sa Moilier ; dans Ysopet I, fable 44; chez Eustache Deschamps, Exemple contre ceulx qui se fient en amour de femmes ; chez Jean de Sarisbery, au xu° siècle, Polycraticus, sive de nugis curialium, livre VII, chapitre 11; dans le Dolopathos où Roman des

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