‹ Grands EcrivainsChapitre 69 sur 339 · CONTES. Les vs · texte numérisé non relu

CONTES. Les vs

sept Sages de Rome, chapitre xv, « Comme l'enfant fut saulué par le moyen de Ioachim, septiesme maistré, à l'exemple de la femme, laquelle rompit à son mary les dentz et le visage » (l’auteur a em prunté à Pétrone quelques circonstances, mais en les rendant atroces); dans le Zudus septem sapientium, etc., « Zamolxis exemplum » ; dans le Matheolus de le Febvre de Therouane, s. /., 1488, in-fol., livrer, fol. 15; dans l’Ésope de frère Julien Macho, fable 49; chez Camerarius, fable 193, Muliebris luctus1,

Elle fait également le sujet du fabliau intitulé : de Celle qui se fit f.... sur la fosse de son mari (Barbazan-Méon, tome III, p. 462; et Montaiglon, tome III, p. 118), et de plusieurs autres (Dacier, déjà cité, Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome XLI, p. 513 545; Legrand d’Aussy, tome III, p. 62; et Dinaux, Trouvères de: la Flandre, tome II, p. 32-33).

Comparez aussi les Ciento novelle antike, nouvelle 56, Qui conta d'un gentiluomo che l’imperadore fece impendere; les Ciento novelleamorose degli incogniti, nouvelle 2; Campeggi, tome IV, p.283, du Novelliero italiano (Venise, 1754, in-8°), la: Donna d'Epheso; des Quarante vezirs, contes turcs, Histoire d'un tailleur et de sa femme; les Minnesinger, fable 57 ; Fabulas y exemplos, etc., livre ILE, fablezx, de la Muger y del marito muerto; Gratian du Pont, Controuerses des sexes masculin et femenin (Toulouse, 1534, in-fol.), fol. 97; Charleton, Matrona ephesia, sive lusus serius de amore (Londres, 1665, in-12); Brantôme, Dames galantes, discours vx, tome IX, p. 660- 662 ; et une imitation, en prose, du récit de Pétrone par Saint- Évremond, qui fut insérée dans le premier et le-troisième recueils de Contes donnés par la Fontaine, en 1665, chez Claude Barbin, p+ 33-60 et 31-48, et que nous transcrivons à l’Appendice, ainsi que le récit de Brantôme : voyez notre tome IV, p: 3, note x.

On retrouve cette histoire jusque dans l'Inde, qui est remplie, il est vrai, comme tous les pays d'Orient, de mille contes à peu près semblables aux nôtres; là sans doute est son origine: elle remonte à la plus baute antiquité. En effet tous les textes aux quels nous renvoyons ne sont que des versions différentes du Livre

1. La fable 102 d’Abstemius (p. 577 de Nevelet), de Pidua que operarium suum sibi conjugio copulavit, et celle qui est dans la Vie d’Esope de Planude (p. 76 de Nevelet), n’ont, surtout la première, d’autre similitude avec notre histoire que cette vérité banale que la femme est prompte à la tentation,

c. vil CINQUIÈME PARTIE. 65

de Sindebad (voyez Loiseleur Deslongchamps, Essai sur les fables indiennes, p. x6x, note 1; et Benfey, Pantschatantra, tome I, p.460). Elle est aussi populaire en Chine : elle a été traduite par le P. d'Entrecolles, publiée par le P. du Halde dans sa Description historique de la Chine (Paris, 1735, in-fol., tome III, p. 324),et reproduite dans le Journal étranger de décembre 1755, p. 176 : Tchouang- Tse et Tien, histoire chinoise, puis, par Abel Rémusat, avec corrections, dans ses Contes chinois (Paris, 1827, in-18), sous le titre de /a Matrone du pays de Soung.

J:-B. Rousseau y fait allusion dans son ode vir du livre . une de ses plus élégantes et de ses mieux tournées :

A une jeune veuve.

Quel respect imaginaire

Pour les cendres d’un époux Vous rend vous-même contraire À vos destins les plus doux?.…

Pourquoi ces sombres ténèbres Dans ce lugubre réduit?

Pourquoi ces clartés funèbres, Plus affreuses que la nuit?

De ces noirs objets troublée, Triste, et sans cesse immolée A de frivoles égards, Ferez-vous d'un mausolée

Le plaisir de vos regards?

Voyez les Grâces fidèles

Malgré vous suivre vos pas,

Et voltiger autour d'elles L'Amour, qui vous tend les bras, Voyez ce dieu, plein de charmes, Qui vous dit, les yeux en larmes :

« Pourquoi ces soins superflus, Pourquoi ces cris, ces alarmes?

Ton époux ne t'entend plus.»

.…. De la célèbre matrone Que l’antiquité nous prône, N'imitez point le dégoût; Ou, pour l'honneur de Pétrone, Imitez-la jusqu'au bout, J. De La Fonraine, vi 5

LE

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Les chroniques les plus amples

Des veuves des premiers temps

Nous fournissent peu d'exemples D’Artémises de vingt ans.

Plus leur douleur est illustre,

Et plus elle sert de lustre

À leur amoureux essor : ‘ Andromaque, en moins d’un lustre, Remplaça deux fois Hector,

Ajoutons que M. Alphonse Daudet s’en est inspiré dans le chapitre vi de son roman, l’Immortel.

On lit dans l'Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, par l'abbé Raynal (Genève, 1780, in-8°, tome V, p. 197), un petit conte inventé par Steele et inséré dans le Spectateur,que Voltaire rapporte aussi dans son Dictionnaire philosophique (tome I, p. 299-300). Steele veut faire de son historiette la contre-partie ‘de {a Matrone d'Éphèse, et prouver que les hommes ne sont pas plus constants que les femmes : sauvé, sur le continent d'Amérique, par une jeune et jolie Caraïbe, le marchand Inkle s'enfuit avec elle à la Barbade. Dès qu'ils y sont arrivés, il va vendre sa bienfaitrice au marché, « Ah, ingrat! ah, barbare! lui dit la pauvre fille; tu veux me vendre et je suis grosse de toi! — Tu es grosse? répond le marchand anglais; tant mieux, je te vendrai plus cher. » Ce dernier trait, qui peut bien être vrai, quoique Voltaire semble en douter, a été adapté depuis à beaucoup d’anecdotes du même genre; mais l'historiette ne peut guère être opposée à notre conte, La matrone d'Éphèse, comme le remarque Voltaire, avec un excès d'indulgence pour elle, « n’a qu’une faiblesse amusante et pardonnable », tandis que le marchand Inkle « est coupable de l’ingratitude la plus affreuse ».

Ce conte, qui parut d’abord, nous l’avons dit plus haut, p. 3, en 1682, à la suite du Poème du Quinquina, forme la fable xxvr du recueil de Fables choisies de 1694. On peut lui comparer la fable xxx du livre VI, la Jeune Veuve,

Plusieurs pièces de théâtre ont été tirées de cette antique légende. Citons : l'Éphésienne, tragi-comédie, en cinq actes, en vers, par Pierre Brinon, jouée au Théâtre-Français en 1614.

La Matrone d’Éphèse ou Arlequin Grapignan, comédie en trois actes, en prose, par Noland de Fatouville, représentée pour la première

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fois par les comédiens italiens du Roi dans leur hôtel de Bourgogne, le 12 mai 1682. Une seule scène, il est vrai, se rattache à notre conte dont elle est la parodie, celle qui est intitulée : Scène du compliment et de la bouteille : voyez ci-dessous, p. 80, note 5.

* La Matrone d'Éphèse, comédie en un acte, en prose, par Houdart de la Motte, représentée au Théâtre-Français le 23 septembre 1702.

La Matrone d'Éphèse, opéra-comique en troisactes, par Fuselier, donnée à la Foire Saint-Laurent en 1714.

La Matrone chinoise ou l'Épreuve ridicule, comédie-ballet en deux actes, en vers libres, par le Monnier, Paris, 1764, in-12.

La Matrone d'Éphèse, comédie en un acte, en vers, par Legay, Paris, 1788, in-12. .

La Matrone d'Éphèse, comédie en un acte, mêlée de vaudevilles, par Radet, représentée sur le théâtre du Vaudeville le 13 octobre

La Matrone d'Éphèse, comédie en un acte, en vers, par Verconsin, jouée sur le théâtre du Gymnase en 1869.

S'il est un conte usé, commun, et rebattu!, C'est celui qu’en ces vers j’accommode* à ma guise. « Et pourquoi donc le choisis-tu ?

Qui t'engage à cette entreprise ?

N’a-t-elle * point déjà produit assez d’écrits ? 5 Quelle grâce aura ta Matrone Au prix * de celle de Pétrone ?

Comment la rendras-tu nouvelle à nos esprits? » Sans répondre aux censeurs, car c’est chose infinie’, Voyons si dans mes vers je l'aurai rajeunie. 10

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