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Livre II, fable xnr, vers

.. Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles.

2. Voyez, pour cet emploi de par devant l'infinitif, les Lexiques de Malherbe, la Rochefoucauld, la Bruyère et Sévigné. 3. Voltaire, dans une épître à Mlle Clairon, où il met celle-ci bien au-dessus de ses devancières (tome XIII des OEuvres, p. 241- 242), rappelle que du temps de la Champmeslé la déclamation était une espèce de chant :

Que ce conteur heureux qui plaisamment chanta Le démon Belphégor et madame Honesta, L’Ésope des Français, le maître de la fable,

Ait de la Champmeslé vanté la voix aimable,

Ses accents amoureux et ses sons affétés,

Echo des fades airs que Lambert a notés,

Tu n'étais pas alors : on ne pouvait connaître

Cet art qui n’est qu’à toi, cet art que tu fais naître.

…. Ce choix pouvoit combler trois familles de gloire, Consacrer hautement leurs noms à la mémoire.

(Corneuxe, Horace, acte IT, scène x.)

c. vri] CINQUIÈME PARTIE. g1

S'en trouve-t-il une autre aussi touchante, 15 Une autre enfin allant si droit au cœur?

N'attendez pas que je fasse l'éloge

De ce qu'en vous on trouve de parfait :

Comme il n’est point de grâce qui n’y loge*?,

Ce seroit trop; je n’aurois jamais fait°.. . . 20 De mes Philis vous seriez la première,

1. « Elle (la Champmeslé) sait conduire sa voix avec beaucoup d'art, et elle y donne à propos des inflexions si naturelles qu’il semble qu’elle ait vraiment dans le cœur une passion qui n’est que dans sa bouche. » (Entretiens galants, Paris, 1680, in-12, tome II,

p. go.) Comparez les vers 3-6 de l’épitre vi de Boileau :

Jamais Iphigénie, en Aulide immolée,

© N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée, Que dans l’heureux spectacle à nos yeux étalé En a fait sous son nom verser la Champmeslé ;

une lettre de Mme de Sévigné à sa fille du 11 février 1689 : « On «continuera à représenter Esther : Mme de Caylus, qui en étoit la Champmeslé, ne joue plus; elle faisoit trop bien, elle étoit trop touchante »; l’épitre de Voltaire à Mile Gaussin (tome XIII des OEuvres, p. 92), qui paraît inspirée par notre poète:

Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage, etc.,

et où il parle aussi de la « voix touchante », des « sons enchanteurs » de cette aimable actrice. Fontanes s’est peut-être souvenu des vers de la Fontaine et de ceux de Voltaire dans sa jolie épis à Mlle des Garcins (Æ/manach des Muses de 1789, p. 87) qui n’a pas trouvé place dans l'édition de ses OEuvres :

. Oui, l'Amour veut que je te chante:

Le premier j'ai senti le charme de tes pleurs, De ta jeunesse en deuil, et de ta voix touchante, Et de tes naïves “douleurs, etc.

Et plus loin, parlant de la façon dont elle interprète Racine et l’auteur de Zaïre :

Le Tes accents qu’elle (/eur ombre) inspire Sont aussi tendres que leurs vers.

a. Ci-dessus, p. 53 et note 4.

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