Tome IV, p. 502 et note
7. Sainte ni saint n’étoit en paradis Qui de ses vœux n'eût la tête étourdie.
(La Mandragore, vers 15-16 et note 6.}
e vn] CINQUIÈME PARTIE. 93
L'une disoit : « Hélas! c'est mon mari » ;
L'autre aussitôt répondoit : « C'est ma femme». Tant et tant fut* ce discours répété, 40 Qu'’enfin Satan dit en plein consistoire * :
« Si ces gens-ci disent la vérité,
IL est aisé d'augmenter notre gloire‘;
Nous n'avons donc qu’à le vérifier.
Pour cet effet, il nous faut envoyer 45 Quelque démon plein d'art et de prudence,
Qui, non content d'observer avec soin
Tous les hymens dont il sera témoin,
Y joigne aussi sa propre expérience °, »
1. Voici le début de la version de Tanneguy le Fèvre : « On lit dans les vieilles chroniques de Florence qu’un personnage très saint et dont la vie fut l'admiration de son siècle, étant un jour ravi en esprit, eut une vision fort étrange. Ce saint personnage remarqua que les âmes des hommes mariés alloient en foule aux En- Mers et disoient presque toutes que, s'ils n’eussent point épousé de femmes, ils n'eussent jamais été réduits à un tel malheur; de sorte que Minos et Rhadamante avec tout le vénérable sénat des Enfers en paroïssoient fort surpris. » — Dans le texte de Machiavel : Leggesi nelle antiche memorie. delle Fiorentine cose, come gia s'intese per relazione d'alcuno santissimo uomo, la cui vita appresso qualunque in quelli tempi viveva era celebrata, che standosi astratto nelle sue orazioni vide, mediante quelle, come audando infinite anime di quelli miseri mortali, che nella disgrazia di Dio morivano, allo inferno, tutte o la maggior parte si dolevano non per altro che per aver preso moglie, essersi a tanta infelicita condotte. Donde che Minos e Radamanto, insieme con gli altri infernali giudici, ne avenano maraviglia grandissima.
2. Tome V, p. 403. — 3. Ci-dessous, vers 5r : «le noir sénat ».
4. D’augmenter le mal que nous faisons et le nombre de nos sujets.
5. Comme dans les anciens « mystères » où fréquemment les diables sortent de l'enfer pour venir en ce monde inspirer les mauvaïses pensées et les mauvaises actions,
6. Se marie lui-même, — On a vu par le titre de la fable de Straparole que nous avons donné ci-dessus, p. 87, note 1, que chez lui c'est le Diable en personne, c'est Satan lui-même, qui se charge de l'expérience.
94 CONTES. {e. vu
Le prince ayant proposé sa sentence, 50 Le noir sénat { suivit tout d’une voix*.
De Belphégor * aussitôt on fit choix *.
Ce diable* étoit tout yeux et tout oreilles ‘,
Grand éplucheur', clairvoyant à merveilles, Capable enfin de pénétrer dans tout, 55 Et de pousser l'examen jusqu'au bout.
Pour subvenir aux frais de l’entreprise,
On lui donna mainte et mainte remise,
Toutes à vue”, et qu’en lieux différents
IL pût toucher par des correspondants “. 60 Quant au surplus, les fortunes humaines,
Les biens, les maux, les plaisirs et les peines, Bref, ce qui suit notre condition,
Fut une annexe à sa légation.
1. Même expression : « sénat », en parlant du « chapitre » des religieuses, dans le Psautier, vers 79 et note 1.
2. Dans le récit de Machiavel le « noir sénat » n'est pas aussi expéditif (ci-dessous, note 4).
3. Nom emprunté, comme ceux de Belzébuth, d’Astaroth, aux anciens dieux de Syrie. Belphégor était le dieu du mariage,
4. E concludendo tutti, come egli era necessario scuoprirne la verita, erano discrepanti del modo. Perche a chi paréva, che si mandasse uno, a chi piu nel mondo, che sotto forma d’uomo conoscesse personal= mente questo esser vero. À molti altri pareva potersi fare senza tanto disagio, costringendo varie anime con pari tormenti a scoprirlo.
5. Chez Machiavel, c’est le sort qui le désigne : E non si trovando alcuno, che volontariamente prendesse questa impresa, deliberarono che la sorte fusse quella che lo dichiarasse. La quale cade sopra Belfagor.