‹ Grands écrivains français des origines aÌ€ nos joursChapitre 100 sur 232 · II. — La Bruyère · texte numérisé non relu

II. — La Bruyère

1. Vie. — On sait fort peu de choses sur la vie de La Bruyère, et il est à croire qu’on sait à peu près tout. Il est né à Paris, en 1645, dans la Cité. Fils d un contrôleur général des rentes de la ville, il devint, après avoir fait son droit à l’Université d'Orléans, avocat au Parlement de Paris. Puis il acheta, en 1673, un office de trésorier des finances dans la généralité de Caen. Mais il continua de vivre à Paris, en philosophe , tout en restant titulaire de sa charge jusqu'en 1686. Il s’est peint lui-même « vivant dans la solitude de son cabinet >», lisant Platon (voir le portrait de Cliliphon, au chapitre VI des Caractères).

Mais en 1684, le philosophe , qui était ami de Bossuet, fut par lui pi e sente chez les Conde, pour y devenir précepteur du jeune duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé. C'était un jeune homme de seize ans, et La Bruyère ne lui enseigna l’histoire, la géographie et les institutions de la France que pendant deux ans et quelques mois.

Vite libéré de cette tâche ingrate, qu’il remplit d’ailleurs à la satisfaction de la famille et de Bossuet, La Bruyère reste e Chantilly comme gentilhomme de M. le duc. Alors, il a des loisirs, et il les emploie à observer et à écrire.Ml allait souvent à Paris, ^ chez le libraire Michallet, pour y voir les nouveautés Un jour, il tira de sa poche un manuscrit, et dit au libraire : « Voulez-vous me prendre ceci?... Je ne sais si vous y trouverez votre compte ; mais en cas de succès, le produit sera pour ma petite amie. » Cette petite amie était la fille du libraire, une enfant; et ce manuscrit était celui des Caractères . La première édition parut en 1688; elle fut suivie de plusieurs autres; et le libraire y trouva si bien son compte que M*u Michallet eut plus tard une belle dot et épousa M. de Juilly.

Le succès des Caractères lui attira, comme le lui avait prédit M. de Malézieu, « beaucoup d’approbateurs et beaucoup d’ennemis ». Là Bruyère se présenta à 1 Académie française en 1691, et ne fut pas élu; il réussit deux ans plus tard, et son discours fit sensation. Il préparait la neuvième édition de ses Caractères , et il travaillait, sous l’inspiration de Bossuet, dit-on. èdes T)ia-

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logues sur le quiétisme , lorsqu’il mourut subitement à Versailles, le 1 1 mai 1696.

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