‹ Grands écrivains français des origines aÌ€ nos joursChapitre 130 sur 232 · I.BS GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

I.BS GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS

tius (t 1771), tous deux « synagogues.de l’Église philosophique »', selon l’expression de Grimm. Mme Helvétius, quand elle eut perdu son ihari, en 1771, continua à recevoir, dans sa maison d’Auleuil les philosophes de l’école encyclopédique ; le salon de Ml£,e Necker (f 1794), plus modéré, mais cependant à l’avantgarde du progrès ; - celui de M~ d’Épinay ’(f 1783) où Grimm tenait la même place que d’Alembert dans celui de M110 de Les-

pinassc, etc. ^

5. Influence littéraire et philosophique des salons. — Dans une société où l’esprit mène a tout, les coteries de salons devaient être toutes puissante!. Des renommées littéraires qui nous paraissent aujourd'hui presque inexplicables, se sont faites dans les salons du xvme siècle. Le médiocre Marmontel, l’insipide Saint-Lambert, l’emphatique Thomas, le versificateur Delille, et bien d'autres, sont des produits de ce genre. Ils savaient causer, ils savaient lire leurs œuvres. D’autres; comme Duclos, Rivarol Chamfort, Suard, Garat, le prince de Ligne, qui sont gens d’esprit et de savoir, ont eu, de leur vivant, une importance bien supérieure à certains écrivains de génie ; ils étaient les arbitres du goût, et leur esprit les faisait rechercher ou craindre de tous. Les salons divers se disputaient les places à l’Académie française. Chaque salon eut son académicien; et ce fut, poua être des Quarante, une lutte d’influences mondaines et féminines. Ajoutons que la littérature la plus sérieuse subit Cet esprit de légèreté et dC préciosité. Si Montesquieu a fait de « l’esprit sur les dois », c’est parce qu’il voulait, c’est parce qu’il était obligé de plaire à la société et aux salons de son temps. Rousseau échappe à cette tutelle ; il# a assez de génie et d’éloquence pour dédaigner ces suffrages et s’imposer par la contradiction Et il est heureux que Voltaire ait vécu a Cirey et à Ferncy : trop désireux de charmer, il eût perdu dans les salons la

meilleure partie de son naturel. . , .

La philosophie, depuis quelle était devenue une sorte d épicurisme élégant, depuis quelle niait la métaphysique et la morale pour ne plus travailler qu’à Y amélioration de la vie par le progrès, trouvait dans la conversation mondaine son terrain le plus favorable. L’art de badiner sur les choses graves, de s’arrêter aux apparences, de battre en brèche les traditions et les institutions, sans jamais se préoccuper de la façon dont on les remplacera, est né et s’est développé dans les salons. C est là que la noblesse française s’est amusée, en compagnie des « gens de lettres », à se railler elle-même et à perdre son loyalisme et sa foi, sans abandonner ses privilèges rirses viegs.

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