I. — Divisions
1° De 1801, date où Chateaubriand publie Atala , jusqu’à 1820, c’est une période de transition . La poésie reste, dans tous les genres, une faible imitation de la poésie classique^ Seuls Chateaubriand et Mm0 de Staël représentent l’école nouvelle.
2° De 1820, date des Méditations de Lamartine, jusqu’en 1850, se développe la poésie romantique (Lamartine, Vigny, Hugo, Musset, etc.}
8° De 1850 à 1870, le réalisme pénètre tous les genres, surtout le théâtre (Dumas fils, Augier): la poésie subit des influences archéologiques et scientifiques (Leconte de Lisle).
4° Après 1870, ce réalisme descend d’un degré et devient le naturalisme , qui triomphe au théâtre et dans le roman (Zola).
5° Vers 1880, et parallèlement au développement du naturalisme, il y a une renaissance poétique avec le symbolisme (Verlaine), et le théâtre revient au romantisme (Coppée, Richepin, Rostand).
IL — Le romantisme.
On peut ramener la définition du romantisme aux éléments essentiels que voici :
1° On abandonne l’imitation des Grecs et des Latins; on y substitue celle des littératures étrangères Shakespeare, Calcleron, Goethe, Schiller, etc...);
- . çipgG
602 I.ES GRANDIR ÉCRIVAINS FRANÇAIS '
2° On abandonne la mythologie; on retourne au merveilleux chrétien , ou simplement à la religion naturelle et au panthéisme : de là, le développement excessif du sentiment de la nature ;
3° Chaque écrivain reste juge de son inspiration et de son art; poésie, roman, théâtre, tout est personnel et individuel. C’est le moi , et Y imagination avec tousses caprices, qui se substituent à la raison telle que la définissait Boileau ;
4° Le romantisme est tantôt subjectif, lorsque l’écrivain «e prend lui seul pour objet de son œuvre ; tantôt objectif, lorsqu’il décrit la nature extérieure : dans ce dernier cas' il procède encore par impressions personnelles, même s’il se vanta de chercher la couleur locale ; ‘.Y
5° Il n’y a plus de genres déterminés; plus de poétique , ni de rhétoriques. La poésie choisit librement ses rythmes; le drame fond les disparates de la tragédie et de la comédie ; le roman devient historique, social, extravagant;
6° Le style use des mêmes libertés. L’écrivain se fait à luimême, en dehors de toute autorité académique, son vocabulaire et sa syntaxe. En versification, on revient à certaines licences proscrites par Malherbe.