‹ Grands écrivains français des origines aÌ€ nos joursChapitre 176 sur 232 · I.ES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

I.ES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS

Ah ça, mais — je m’ennuie horriblement ici !

Avisant une petite armoire dans le mur, à gauche, qui fait le coin en pan coupé.

Voyons, ceci m’a l’air cfune bibliothèque.

Il y va et l’ouvré. C’est un garde-manger bien garni.

Justement. — Un pâté, du vin, une pastèque. 50

C’est un en-cas complet. Six flacons bien rangés ! Diable ! sur ce logis j’avais des préjugés.

Examinant les flacons l’un apres l’autre.

C’est d’un bon choix. — Allons ! l’armoire est honorable.

11 va chercher dans un coin la petite table ropde, l’apporte sur le devant et la charge joyeusement de tout ce que contient le garde-manger : bouteilles, plats, etc. ; il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. — Puis il prend une des bouteilles. ~

Lisons d’abord ceci. "

11 emplit son verre, et boit d’un trait.

C’est une œuvre admirable

De ce fameux poète appelé le soleil ! 55

Xérès-des-Chevahers n’a rien de plus vermeil.

11 s’assied, se verse un second verre et boit.

Quel livre vaut cela ? trouvez-moi quelque chose De plus spiritueux !

Il boit.

Ah ! Dieu, cela repose !

Mangeons.

11 entame le pâté.

Chiens d’alguazils ! je les ai déroutés;

Ils ont perdu ma trace.

51. En-cas, locution adverbiale, prise substantivement, et s'appliquant à tout ce qui peut être utile dans un cas imprévu. — On appelait particulièrement un en- cas le repas froid préparé pour la nuit. En-cas signifie aussi un parapluie qui peut en même temps servir d’ombrelle. On dit aussi en-tout-cas . — 50. Xérès ou Jérès, ville d’Espagne (Andalousie), célèbre par ses vins fabriqués avec des raisins à demi secs.

XIXe S1KCI.E

Il mange.

Oh î le roi des pâtés î 60 Quant au maître du lieu, s'il survient, —

Il va au buffet et en rapporte un verre et couvert qu’il pose sur la table.

Je l'invite î

. . . Pourvu qu'il n'aille pas me chasser î Mangeons vile.

Il met les morceaux doubles.

Mon dîner fait, j irai visiter la maison.

Mais qui peut l'habiter? peut-être un bon garçon. ...Bah ! quel mal fais-je ici? Qu'esl-ce que je réclame? 65 Rien, — l'hospitalité de ce digne mortel,

A la manière antique,

11 s’agenouille à demi et entoure la labié de ses bras.

en embrassant l'autel.

Il boit.

D'abord, ceci n'est point le vin d'un méchant homme. Et puis, c’est convenu, si l'on vient, je me nomme.

Ah î vous endiabîerez, mon vieux cousin maudit ! 70

Quoi, ce bohémien? ce galeux ? ce bandit?

Ce Zafari?ce gueux, ce va-nu-pieds?... —Tout juste! Don César de Bazan, cousin de don Saliuste !

Oh ! la bonne surprise ! et dans Madrid quel bruit ! Quand est-il revenu ? ce matin ? cette nuit? 75

Quel tumulte partout en voyant cette bombe,

Ce grand nom oublié qui tout à coup retombe !

Don César de Bazan i Oui, messieurs, s'il vous plaît. Personne n’y pensait, personne n'en parlait,

Il n'était donc pas mort? il vit, messieurs, mesdames !

Leshommes diront : Diable ! — Oui-dà ! dirontles femmes. Doux bruit, qui vous reçoit entrant dans vos foyers,

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Mêlé de l’aboiement de trois cents créanciers!

Quel beau rôle à jouer! — Hélas! l’argent me^hianque.

Bruit à la porte.

On vient ! sans doute on va comme un vil saltimbanque M’expulser. — C’est égal, ne fais rien à demi, [85 César !

(. Ruy Bios , IV, sc. il, Hetzel, éditeur.)

1843. Les Burgraves. — Le voyage du Rhin, en 1842, avait rempli rimagina-tion du poète de grandioses et terribles figures. 11 faudrait une page entière pour analyser ce drame, qui, en réalité, est un mélodrame épique . Crime ancien, retour d’un empereur déguisé en moine, vieille esclave qui sait manier le poison et le contre-poison, caveau mystérieux où un fils va tuer son père qu’il ne connaît pas pour sauver sa fiancée déjà couchée dans le cercueil mais que le contenu d’une fiole peut ranimer, reconnaissance de deux frères, d’un père et de son fils, et*c., voilà bien des choses. Il en résulte une impression de grandiose incohérence qui en 1843 dérouta le public. La même année, on applaudit la Lucrèce de Ponsard, dont la simplicité reposait enfin les yeux et les oreilles. Des Burgraves , on méconnut les beautés épiques, pour ne sentir que les défauts. La critique fut sévère ; les parodies se multiplièrent ; quant au public, il ne sifflait paè, il se contentait de ne pas venir.

Après le demi-succès des Burgraves , Victor Hugo, de plus en plus absorbé par la politique, renonce au théâtre. Il publie seulement, en 1866, un certain nombre de petites pièces sous ce titre : Théâtre en liberté. Il y a là des choses charmantes et qui complètent heureusement Victor Hugo dramaturge, des fantaisies délicates et spirituelles, comme la Grand' Mère et Mangeront-ils ? des fragments shakespeariens, comme l'Épée. — Il faut citer encore le drame de Torquemada , publié en 1882.

84. Dans la scène suivante, un laquais, envoyé par don Saîluste, apporte de l’or destiné à Ruy Blas. Don César s’en empare, enivre le laquais, le renvoie, et meCde l’or plein ses poches. Don Saîluste arrive ; il est d’abord troublé par la présence de don César, qui va déranger ses plans. Mais celui-ci ayant^appelé des alguazils, pour leur prouver son identité, don Saîluste le fait arrêter en le dénonçant comme un célèbre voleur, Matajobos, alors recherché par la police.

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Jugement d’ensemble sur Victor Hugo dramaturge. — Victor Hugo « est pas un créateur d'âmes: aucun denses personnages ne deviendra le type représentait d’une passion humaine; on ne dira jamais un ïlernani ou une Doua Sol, comme on dit un Rodrigue ou une Chimène . Le poète semble exclusivement préoccupé d'établir entre scs acteurs des antithèses de condition, de style et de costume. De plus, ses personnages sont trop exclusivement lyriques ; c'est l’auteur qui développe par leur entremise sa façon à lui de penser et de sentir. Si l’on considère 1 action. rien n*y est produit par la logique des caractères, ou par le conflit des volontés ; tout y est organisé par l'auteur, qui cherche seulement à amener des couplets, des duos, des invectives, des récits, etc. Il est difficile de trouver, dans aucun théâtre, des intrigues plus artificielles et. il faut dire le mot. plus ridicules que celles du Roi s'amuse , de Ruy Blas ou des Burgraves.

Mais ce qui sauvera toujours de l'oubli quelques drames de Victor Hugo, c’est le style. Cet homme, qui ne sait ni construire une action, ni développer un caractère, excelle à tracer un tableau, qu'il compose avec un sens très rare de l’harmonie et de la couleur. Il y a dans ces tableaux beaucoup de convention, niais aussi du mouvement, un certain art de manier et de placer les masses, de faire agir et parler les personnages secondaires, d’évoquer un détail amusant. D'autre part, son héros, une fois amené à la situation favorable, Hugo sait le faire parler. ou pour mieux dire chanter avec âme et virtuosité. Par ces qualités, qui sont insuffisantes, mais qui sont rares. Victor Hugo mérite de garder un rang clevé dans l'histoire du théâtre au xi.\e siècle.

4. Les Drames d Alexandre Dumas père. — En février 1829, un an avant la première représentation d'Hernani, le Théâtre-Français donna un drame en cinq actes et en prose d’Alexandre Dumas, Henri 111 et sa cour. Le succès en fut retentissant. L’action, à la fois historique et passionnelle, y est menée avec sûreté et habileté ; et le public, qui frémit de la mort terrible du jeune Saint- Mégrin attiré dans un piège par la jalousie du duc de Guise, s’amusa beaucoup des détails de là couleur locale,

Après . Henri IJ1 , pumas père fit jouer : Christine 1830. Cha ries . YH chez ^ grands vassaux (1 ssi) , A ntony (î 831 A. la Tour de Aesle (1832); et des comédies historiques telles que : Mlîa de Belte-Isle (J839), les Demoiselles de Sa inl-Cyr (1843). etc.

Les œuvres dramatiques d’A. Dumas père manquent de style; mais elles sont remarquables par le mouvement et par la forte structure de l'action.

5. Les Drames d'Alfred de Vigny. — En 1829. Vigny donna au Théâtre-Français une traduction intégrale en vers de 1 ^Othello

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de Shakespeare ; en 1831, la Maréchale d' Ancre, en prose, dont les principaux personnages sont Concini et sa femme Eléonore Gaîig^ï. Ces deux pièces n'obtinrent qu’un succès d'estime. Mais, en 1835, Vigny obtint un triomphe avec Chatterton. — Chatterton est tiré par Vigny de son roman de Stello (paru en 1833). C'est l'histoire d'un jeune poète méconnu, malade, loge chez un industriel avare et dur, John Bell. Il ne trouve de pitié qu'au près d’un quaker établi dans la maison, et de Kitty Bell, femme de John. Celle-ci secourt discrètement Chatterton, mais évite de le rencontrer et de lui parler, tant elle se sent troublée par sa présence. Un amour inconscient, fatal, si puissant malgré son mutisme qu'il doit les réunir dans la mort, s est empare de ces deux cœurs: et c’est l’expression de cet amour combattu et refoulé, se. trahissant par des gestes, des intonations, des maladresses, qui élève ce drame à la hauteur d’une tragédie. Le dénouement est d'une simplicité terrible. Chatterton s’empoisonne ; Kitty Bell, a qui il vient d’avouer son amour, meurt de l’émotion que lui cause sa mort, sans une phrase. Une partie, avoyons-le, a vieilli dans ce drame, celle à laquelle Vigny attachait le plus d’importance, la thèse , à savoir que la société est coupable de ne pas reconnaîtront entretenir le génie. C’est pour la thèse que Vigny a écrit Chatterton; mais c est comme drame d’amour' que Chatterton a vécu.

6. Alfred de Musset.-- Dans quelle catégorie classer les pièces d’A. de Musset? Le poète ne les a pas écrites pour être jouées, et elles n’appartiennent à aucun genre déterminé. Si nous en parlons au chapitre du Drame, c’est que les principales sont la réalisation la plus complète et la plus artistique du programme romantique.

Musset avait voulu faire du théâtre. Le l*r décembre 183 , l’Odéon représentait la Nuit vénitienne , comédie en un acte et en prose, qui fut siflléè. Heureuse chute! Musset, dépité, renonça à travailler pour la scène, et donnalibrement carrière à sa fantaisie dans scs essais dramatiques. Il publia, en 1832, sous ce titre : Unspeclacle dans un fauteuil , trois essais : les Marrons du feu , la Coupe et les Lèvres , A quoi révent les jeunes filles. En 1833, pendant un séjour à. Venise, décrivit lorenzaccio, drame admirable par Y intensité et le relief. C’est l'histoire du meurtre d’Alexandre de Médicis par son neveu Lorenzo, d apres la chronique de Varchi. — A dater de 1833, Musset donne, dans la Revue des Deux-Mondes , toutes les autres pièces réunies aujourdhm sous le titre général de Comédies et Proverbes ; les principales sont : les Caprices de Marianne , André del Sarte, Faniasio, On

te badine pas avec l'amour , Il ne faut jurer de rien; et dans le

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genre mondain : Un Caprice, Il faut quune porte soit ouverte on fermée.

Musset a écrit ses pièces sans songer qu’en un décor de bois eide toile peinte, des acteurs dussent parler à unpublic. Aucune tradition, aucune convention, aucune nécessité pratique ne l’enchaînent ; il voit, il sent, il imagine, et il fixe au passage ce qui ravit ses yeux ou son cœur. Ses personnages sont variés comme la nature; il n’a pas besoin de subordonner leur diversité à un caractère dominant; et cependant ils sont très tranches, très différents les uns des autres. Octave et Fortunio sont poétiques et charmants, Blasius et Bridaine sont bêtes à souhait. Comme Shakespeare, Musset ne fait apparaître aucun personnage qui ne soit marqué et vivant. Que dire du style le plus spontané, le plus vif, le plus bouffon ou le plus éloquent, le plus coquet ou le plus passionné qui fut jamais !

Aussi, quelle surprise, quand une actrice qui revenait de Saint- Pétersbourg, Mmc Allan, et qui avait eu l'idée de risquer là-bas cette petite pièce, joua à la Comédie-Française Un Caprice (1847). Le succès qu’elle obtint engagea Musset à donner presque tout le reste au même théâtre. Il fallut sans doute faire quelques retouches et quelques raccords ; mais, dans l’ensemble, c’était du théâtre, et du vrai. L’exemple de Musset prouve que le génie, le don, peut suppléer au métier, ou du moins peut suggérer au poète par intuition tout ce que le métier apprend aux autres. Mais cet exemple est unique dans l’histoire de notre théâtre. Nous donnons une partie de la deuxième scène de Fantasia,

Fantasio (1833).

Cette pièce fut représentée à la Comédie-Française, le 1 8 août 1866, arrangée par le frère de l’auteur. C’est une des plus capricieuses d’Alfred de Musset. La scène se passe à Munich. Il y a fête pour les fiançailles de la fille du roi de Bavière avec le prince de Mantoue. Un jeune homme, Fantasio, se met en tête d’empêcher ce mariage qui est odieux à la princesse. Il se déguise en bouffon de cour, et pêche à la ligne la perruque du prince de Mantoue; d’où scandale et rupture. — L’intérêt de cette pièce est dans le caractère de Fantasio, qui incarne toutes les contradictions du cœur de Musset.

FANTASIO, SPARK, son ami.

Fantasio. — Comme ce soleil couchant est manqué ! La nature est pitoyable, ce soir. Regarde-moi un peu cette vallée, là-bas, ces quatre ou cinq méchants nuages qui grimpent sur cette montagne. Je faisais des paysages comme celui-là, quand j’avais douze ans, sur la couverture de mes livres de classe.

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- Spark. — Quel bon tabac ! quelle bonne bière !

Fantasio. — Je dois bien t’ennuyer, Spark?

Spark. — Non ; pourquoi cela ?

Fantasio. — Toi, tu m'ennuies horriblement. Cela ne te fait rien de voir tous les jours la même figure ? Que diable Hartman et Facio s’en vont-ils faire dans celle

fêle ?

Spark. — Ce sont deux gaillards actifs, et qui ne sauraient rester en place.

Fantasio. — Quelle admirable chose que les Mille. et une Nuits! O Spark ! mon cher Spark, si tu pouvais me transporter en Chine ! Si je pouvais seulement sortir de ma peau pendant une heure ou deux! Si je pouvais être ce monsieur qui passe !

Spark. — Cela me paraît assez difficile.

Fantasio. — Ce monsieur qui passe est charmant; regarde : quelle belle culotte de soie! quelles belles fleurs rouges sur son gilet ! Ses breloques de montre battent sur sa panse, en opposition avec les basques de son habit, qui voltigent sur ses mollets. Jesuis sûr que cet homme-là a dans la tête un millier d'idées qui me sont absolument étrangères : son essence lui est particulière. Hélas ! tout ce que les hommes se disent entre eux se ressemble ; les idées qu'ils échangent sont presque toujours les mêmes dans toutes leurs conversations ;mais dans l’intérieur de toutes ces machines isolées, quels replis, quels compartiments secrets ! C’est tout un monde que chacun porte en lui ! un monde ignoré qui naît et qui meurt en silence ! Quelles solitudes que tous ces corps humains 1 !

Spark. — Bois donc, désœuvré, au lieu de te creuser la tête.

Fantasio. — 11 n’y a qu’une chose qui m’ait amusé depuis trois jours : c’est que mes créanciers ont obtenu un arrêt contre moi, et que si je mets les pieds dans

1. Alex. Dumas fils a dit : « Corps humain, cœur humain, mystère * /

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ma maison, il va arriver quatre estafiers2 qui me prendront au collet.

Spark. — Manques-tu d'argent, Henri ? Veux-tu ma bourse.

Fantasio. — Imbécile! si je n’avais pas d'argent, je n'aurais pas de deltes. Remarques-tu une chose., Spark? c’est que nous n'avons point d'étal ; nous n’exerçons aucune profession.

Spark. — C’est là ce qui t'attriste?

Fantasio. — Il n’y a point de maître d'armes mélancolique 3.

Spark. — Tu me fais l’elfe t d’être revenu de tout.

Fantasio. — Ah ! pour être revenu de tout, mon ami, il faut être allé dans bien des endroits.

Spark. — Eh bien donc?

Fantasio. — Eh bien donc ! où veux-tu que j'aille? Regarde cette vieille ville enfumée ; il n’y a pas de places, de rues, de ruelles oa je n’aie rôdé trente fois ; il n’ÿ a pas de pavés où je n’aie traîné ces talons usés, pas de maisons où je ne sache quelle est la fille ou la vieille femme dont la tête stupide se dessine éternellement à la fenêtre ; je ne saurais faire un pas sans marcher sur mes pas d’hier ; eh bien ! mon cher ami, cette ville n’est rien auprès de ma cervelle. Tous les recoins m’en sont cent fois plus connus ; toutes les rues, tous les trous de mon imagination sont cent fois plus fatigués ; je m’y suis prpmené en cent fois plus de sens, dans cette cervelle délabrée, moi son seul habitant ! je m’y suis grisé dans tous les cabarets ; je m’y suis roulé comme un roi absolu dans un carrosse doré; j’y ai trotté en bon bourgeois sur une mule pacifique, et je n’ose seulement pas maintenant y entrer comme un voleur une lanterne sourde à la main 4.

2. Esfafier, signifie proprement, d’après l’étymologie italienne (staffa étrier), un laquais qui tient l'étrier à son maître ; puis soldat. Estafette (petit étrier) : courrier. — 3. Maître d’armes doiL être pris ici comme le symbole de tous ceux qui exercent un métier actif et fatigant. — 4. Dans son roman mtobiographique , La Confession cf un enfant du siècle , Musset

Spajîk. — Je ne comprends rien à ce travail perpétuel sur toi-même ; moi, quand je fume, par exemple, ma pensée se fait fumée de tabac^quand je bois, elle se fait vin d'Espagne ou bière de Flandre; il me faut le parfum d'une Heur pour me distraire, et de tout ce que renferme t'universelle nature, le plus chétif objet suffît pour me changer en abeille et me faire voltiger çà et là avec un plaisir toujours nouveau3.

(. Fantasio , acte I, scène n.)

Casimir Delavigne. — Cet honorable écrivain débuta au théâtre par un grand succès : Les Vêpres siciliennes (1819), tragédie dans le style de Voltaire. Puis il fit jouer une spirituelle s comédie, V École des Vieillards (1823); et il eut l’honneur de donner, avant Ilernani , un grand drame historique en vers. Marino Faliero (1829). Ilréussit encore avec Louis XI (1 832) et les Enfants d'Edouard (1833), pièces restées au répertoire. — Plus sage que Victor Hugo, Delavigne n*a pas scs défauts; mais il manque aussi de cette verve et de cet éclat qui trahissent le génie, et qui empêchent une œuvre de se démoder.

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