IV. — La Comédie au XIXe siècle
La comédie, au x.x* siècle, ncsl plus,, comme pendant la période classique, un genre détermine, tout a fait distinct de a tragédie et du drame : elle admet tous les sujets, tous les [ cai altères, toutes les conditions, tous les tons. On peut dire qu elle ne se distingue du drame romantique que par le dénouement, non pas que cèlui-ci soit toujours chez elle heureux ou gai, mais parce qu’il ne comporte pas (en général) de mort violente. Le nom
même de comédie a paru trop étroit à quelques auteurs de Ja
fin du xixe siècle : ils ont fait des pièces, tout simplement. Cependant les genres et les espèces ne peuvent s altérer m se confondre entièrement. On voit subsister: le vaudeville, la comédie de mœurs (en vers ou en prose), la comedie alhese, la comédie historique, la comédie burlesque, la comedie rosse. Toutes les pièces dont nous allons parler, de Scribe a Sardou ct à M. Rostand, peuvent se classer plus ou moins exactement sous
l’une de ces étiquettes. a
J Scribe (1779-1861). - Eugène Scribe a donne, le 1M0 a 1861, plus de quatre cents pièces. Il n’a disparu que lenteqicn et graduellement du répertoire; on reprend cncoie paifoi-, avec succès quelques-unes de ses meilleures comédies. Enfin, a iiciui 'écrivain français n’a été plus souvent traduit et repre-
“flwS'du Gymnase (Théâtre de Madame) en 1820 il devint le fournisseur attitré d une scène ou 1 on ne pou\ ^ faire jouer que des pièces en un acte. De là, cette abondance vaudevilles où le sujet est ramassé avec tant de précision et sûreté : Le plus beau jour de la vie, la Demoiselle a marier,
XIXe S1ECI.K
. Charlatanisme, la Manie des places, etc. Scr.bc ncul « u ù
1 éprendre un peu plus lard le thème de quelques-uns de ‘ses vaudevilles, pour faire de grandes comédies ; mais la nécessité ;,c;rrrcr S?‘i actî°,n Ct c,e crocIl,cr vivement scs person-
.1"' a',ait formc Ia main- - Cependant, il avait pénétré
Zilï Z ançar cn \822= avcc VMrie ; 11 y donnait, en 18./, le Mariage d argent, puis Bertrand et Raton (1833) la Camaraderie ( 1837), la Calomnie (1810 ), le Verre d'eau (1840) 6ne Chaîne etc. - Depuis 1823, Scribe écrivait avec un
ugal succès des livrets d opéras et d’opéras-comiques : la Dame
jidvp \lAUïlleJe PoHici ;iS28)’ Robert le Diable
• 831 , la Juiie J8oa), les Huguenots (1836 , etc.
Il ne faut pas demander à Scribe une profonde psychologie ni un style : ,1 est préoccupé avant tout de nousattacherpar sonnsûjetSU 1C * 65 CXCelIe 4 Poscr' ^ compliquer, àdénoucr
On aurait tort cependant de lui refuser toute faculté d observation et toute portée morale. II nous a laissé dans ses vaudevilles une galerie de croquis exacts et piquants : le garde national, le vieux soldat de l’Empire, le fringant officier mon- "}“n .fe .la„?esl '““‘'atxon, le journaliste faiseur, proto-tv pc
-M^rc^ etfC J' JaD*n’ ie néS°ciant parvenu, le
J le petit employé. Tous ces bonshommes-là sont vivants ; costumes, gestes, manies, langage, tout a été corné d apres nature. Et celait un grand mérite de renouveler ain-i les personnages de la comédie de mœurs, et de les substituer aux imitations de Molière, de Reguard, de Dancourt et de Beaumarchais, dont Picard et Durai avaient usé encore
2 Émue ÀUffier (1820-1889). - Emile Augier débuta à i’Odéor, en 1S«, avec deux petits actes en vers, la Ciguë. Mais il abandonna bientôt la comedie de genre, pour traiter des thèse s morales C est ainsi qu’en 1849, il fit applaudir dans Gabrielle (.cinq actes en vc-.s) une courageuse et éloquente apologie de la famille et du mariage. Car, le croirait-on ? il fallait du cor ragea cette époque pour soutenir devant le public une autre thèse que celle du droit à la passion. - Désormais, dans toutes scs pièces, la plupart écrites en prose, Emile Augier va soutenir les memes idées.
Ainsi dans le Mariage d' Olympe (ISÔ3). il fait saisir au vif le danger de la mésalliance morale; la femme sans honnêteté n est pas réhabilitée par le mariage, il lui restera toujours ,, la
dotée ?Ane-a bOU,C 0n cnvic laJ'cunc fllle richement
dotee Augier montre dans Ceinture dorée (1836) qu'il lui e«t
plus difficile qu’à toute autre de faire un mariage selon son cœur, surtout si, comme Calisle, clic a lame noble, et si elle
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prétendant honorable qui n avait ose « ^edawr -et q SsS savant, qui Po|
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décidément trop de V^ce- fl 872'j Aubier attribue au
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désœuvrement, a I amb T] écrit en 1876 une pièce
décadence de la jeune gênera t on - Il ccr en 1 ^ au
sur le divorce, Madame Cooertet, et enl^8 u tait j de
public par le, .&»** • tmlue maisTn y mêlant des
- plu/en plus Hn-
de M. Poirier (1854), et j^es Lndeau : Sa^s et parche-
ces pièces est tiree dJ,r°n“i d règne de Louis Philippe' - crûmes J ^Ulshommes
qu’ambitionne un bourgeois enr^i de 18^ , suis ambi-
titres de noblesse et ^"V^ Poliee quï'outient que « le
lieux », ^^ P' ^Xlde écoie des hommes d’État », et qui a commerce est la ventab p , p0ur devenir lui-meme
donné sa fille au marquis d%P™’SueUe^ très équibaron et pair de France. La pièce, [es nt sacrifié
table, où aucun des deux par et undocu-
à 1 autre, est a la fois u h t Guérin, c’est l’admirable pein-
XIXe SIÈCLE
peu déclamatoire, parfois trop volontairement spirituelle. Mais il est, au xix° siècle, notre plus robuste tempérament dramatique.
Nous donnons deux scènes essentielles du Gendre de M. Poirier, œuvre qui mérite de devenir classique.
Le Gendre de M. Poirier (1854).
Augier a écrit cette pièce en collaboration avec Jules Sandeau Gaston de Presles, un gentilhomme ruiné, a épousé la fille d un riche négociant, M. Poirier. Celui-ci espérait que son gendre deviendrait diplomate, et l’introduirait lui-méme à la Cour de Louis-Philippe. Mais Gaston de Presles, légitimiste, « émigré à l’intérieur », ne reccnnan pas le roi usurpateur. Il est décidé à vivre de ses rentes. Enfin M. Poirier veut avoir avec lui une explication définitive.