V. — Les grands journalistes
Les plus célèbres furent, de 1800 à 1900 : Armand Carrel (1800 1838) qui fonda en 1830, avec Thiers et Mignet, le National, et qui fut tué en duel par Girardin; — Émile de Girardin (1802- ♦881), type du journaliste spirituel, léger, sans préjugés , fonda la Presse qui fut pendant un certain temps le plus littéraire de nos journaux quotidiens. C’est aussi lui qui, en consacrant aux annonces et à la réclame une place plus considérable, put abaisser le prix d’abonnement des journaux ; — Prévost-Paradol (1829-1870), qui mérite aussi une place parmi les critiques pour ses belles études sur les moralistes français , fut dans les Débats un courtois et redoutable adversaire du second Empire : — Louis Veuillot (1814-1 883) est célèbre surtout pour la part qu’il prit à la rédaction de V Univers, journal catholique, où il se montra d’une violence extrême contre tous les partis. Nous n’avons pas à apprécier ici son rôle politique. Comme pamphlétaire et comme écrivain, Veuillot a du génie. Son vocabulaire est à la fois très riche et très français ; son style a une variété drue et vigoureuse qui dépasse la fine et sèche précision de Courier; il est aussi simple et aussi tendre dans sa Correspondance, qu’il est ardent et cloquent dans ses articles et dans ses livres.