TABLEAU GÉNÉRAL DU XVII* SIÈCLE
I. Divisions. — On peut diviser la littérature du xvne siècle en trois périodes :
1° 1610 à 1660. — Réforme de Malherbe ; l’esprit classique n’est pas encore absolument lixé : des écrivains secondaires, successeurs et imitateurs du xvr siècle, luttent pour la liberté de l'esprit et de la langue. Les grands génies, Corneille, Des cartes , Pascal, ont plus d’indépendance et de vigueur que ceux de la période suivante.
2° 1660 à 1685. — Les grands écrivains concourent, sous l’influence de Louis XIV, à réaliser dans l’éloquence et dans la poésie un meme idéal. Bossuet , Racine , Boileau, Molière , La Fontaine, représentent le classicisme au moment de sa plus parfaite maturité.
3° 1685 à!715. — Période de transition. Par leurs idées comme par leur style, La Bruyère, Fénelon, Saint-Simon, annoncent le xvme siècle.
IL Définition du classicisme. — Les ouvrages proprement classiques se reconnaissent aux principaux caractères suivants :
1° Respect et imitation des anciens, grecs et latins.
2° Esprit chrétien, même dans un cadre païen.
3° Étude de Yhomme intérieur*, analyse des sentiments généraux .
4° Raison plutôt que sensibilité .
5° Imper sonnali lé : l’auteur ne parle pas de lui, mais de Yhomme.
6° Chaque genre a ses lois, et est distinct du genre voisin.
7® Le style est à la fois simple et poli ,
LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS
III. Influence de Louis XIV. — 1° Le roi, à partir de 16604 prend sous sa protection directe les écrivains ; il les pensionne , pour les arracher à la domesticité des grands seigneurs. Il reçoit à la cour, et sur le môme pied que les grands seigneurs, les écrivains et les artistes.
2° Il protège V Académie française , et préside à la fondation de l'Académie des inscriptions (1663) , de Y Académie des sciences (1666), de Y Académie de peinture (1664). 11 enrichit là Bibliothèque du roi (qui deviendra notre Bibliothèque nationale).
3° 11 a tout particulièrement encouragé ceux que nous reconnaissons aujourd’hui pour les plus grands : Racine, Boileau, Molière, Bossuet ; il semble avoir méconnu La Fontaine.
IV. Le public du XVIIe siècle. — Taine a dit : « Notre littérature classique tout entière est une littérature mondaine, née du monde et faite pour le monde. » Ce jugement, trop absolu, contient une part de vérité. En effet, cette littérature s’adresse presque toujours à la société polie ; elle respecte les bienséances ; elle n’est réellement accessible qu’à ceux dont le goût est fin et délicat; elle satisfait la raison et le sens commun plutût qu’elle ne flatte l’imagination. Mais cette société polie est formée de deux éléments qui se complètent et se corrigent l’un l’autre : la cour et la ville] la noblesse et la bourgeoisie.
V. Les sciences. — Le xvne siècle est remarquable par son essor scientifique. Descartes, Kepler, Galilée, Newton, Pascal, Denis Papin, Tournefort, Harvey, ont attaché leurs noms à des découvertes mathématiques, physiques, etc., que le xvme siècle n'aura plus qu’à développer.