L. Thomas
KT
Jean-Jacques Rousseau
Habitation de Jean-Jacques à Grange-Canal
Il y a déjà bien des mois, dans une réunion d'amis tenue à Frontenex, l'un d'eux me demanda incidemment si je savais où Rousseau avait séjourné à Grange-Canal dans l'été de 1754, séjour qui ne manqua ni d'intérêt, ni même d'importance. Je répondis que je n'en savais rien, mais que je ferais quelques recherches.
Peu de temps après, j'appris que la Suisse du 2 juillet 1899, dans un article intitulé :
" Pi'oinonadcs ImsIoihjih-s. l ih- liahitalion dr* Uoiissoaii )> et si^Mir V\\. .1.. df'sijrnait assez clairoiriont la camfiaf^iie (juc j liahito comino lo lieu où il avait résidé. On ne donnait toutefois aucune preuve à rapjiui.
Je ne demandais [)as mieux (jue cette su[)f)osition se trouvât fondée. J'aurais été fort aise d'apprendre (jue « notre vieux Frontenex », comme nous aimons à Tappeler, après avoir été fondé par les de Saussure, puis habité par Horace-Bénédicte par mademoiselle Moultou (plus tard M'"*^ Streckeisen), arrière-petite-fille de Paul Moultou, le fidèle ami de Jean-Jacques, par les professeurs Bellot, Daniel Colladon, Charles Brocher, Edouard Humhert, par les DesGouttes-Colladon, les Moynier, d'autres encore qui pourraient être nommés, — avait aussi abrité l'illustre et malheureux Bousseau, dont l'influence dans les temps modernes a été certainement complexe, mélangée de bien et de mal, mais en tout cas très étendue et très profonde.
J'étais aussi favorablement disposé à l'égard de l'hypothèse en me rappelant que les Mussard, comme les Moultou, ont été de bons amis de Jean-Jacques, que le domaine avait passé des mains d'Horace-Bénédict de Saussure à celles de Samuel Mussard et qu'il avait
été habité par des membres de la famille Moultou. Mais je dus constater que Samuel Mussard ne l'avait acquis qu'en 1794 et que les Moultou n'avaient dû s'y trouver qu'à une date encore postérieure.
Une autre circonstance avait attiré mon attention : la campagne est la seule de Grange- Canal qui soit de la commune et de la paroisse de Cologny, et Rousseau à Grange-Canal avait pour pasteur M, Maystre, pasteur de Cologny. Mais j'appris bientôt que la délimitation actuelle de nos communes, et par conséquent de nos paroisses, ne date que de l'époque de la domination française^ de sorte qu'on n'en saurait rien conclure pour les temps antérieurs.
La tradition de notre famille, propriétaire de l'immeuble depuis 1810, me paraissait avoir une certaine importance à cause de ses relations avec la famille Moultou, et elle était muette sur le point qui me préoccupait. Je m'adressai à M. Théodore de Saussure et à plusieurs familles qui sont propriétaires dans le voisinage depuis longtemps ou dont les membres ont autrefois habité le domaine, et là encore je ne recueillis aucune indication.
Mais où donc Rousseau a-t-il habité à Grange- Canal, car il est certain qu'il y a séjourné ? J'en étais réduit à de vagues conjectures,
quand, loiif à ((ujj). dans nno visite quo j»* laisais clic/ des voisins, je pris connaissance dune tradition locale» modostcmcnt conservée depuis de lon^^ues années et tout à l'ait vraisemblable.
Dans la visite que je fis à madame Wiirlh- Guy^ j'appris que son père lui avait toujours dit que Rousseau avait habité une petite maison située entre le restaurant voism de la brasserie et la grande maison habitée maintenant, ainsi que la petite, par M. Stockle. Or le grand-père de M'"^ Wùrth a acquis en 1802 la grande maison et le terrain de derrière, sur lequel il fonda sa brasserie. Il acheta plus tard la petite maison et le restaurant.
J'avais déjà remarqué cette petite maison, à deux étages et à toit pointu, à cause de la croisée géminée et à meneau du premier étage. Au second, les deux fenêtres sont plus petites et plus espacées. La maison porte le n^ 8, de même que les deux bâtiments entre lesquels elle est placée. Elle n'est pas large de face, mais elle est très profonde. Le premier étage se compose de deux chambres d'inégale longueur, mais ayant chacune une large alcôve et correspondant entre elles par un corridor. C'était tout à fait le logement qui devait con-
venir aux goûts simples de Rousseau et à son petit ménage avec Thérèse \
On m'a montré ensuite un grand « Plan des fonds de M. Jean Jetzler, situés à Grange-Canal », plan levé en 1815 par J. Héberlé, arpenteur à Genève. Jean Jetzler possédait alors le restaurant et la petite maison, et celle-ci est désignée en toutes lettres comme renfermant la Chambre de Rousseau. A en juger par ce plan, il y aurait eu bien plus d'arbres que maintenant le long de la route depuis l'an-
^ Ces lignes étaient écrites quand j'en ai trouvé une sorte de confirmation dans la description, faite par Bernardin de Saint-Pierre, de l'appartement habité par Rousseau à Paris dans les dernières années de sa vie. « Un ami, dit-il, m'ayant proposé de me mener chez J.-J. Rousseau, il me conduisit dans une maison, rue Platrière... ; nous y montâmes au quatrième étage. Nous frappâmes, et M'»e Rousseau vint nous ouvrir la porte. Elle nous dit : « Entrez, Messieurs, vous allez trouver mon mari ». Nous traversâmes une fort petite antichambre où des ustensiles de ménage étaient proprement arrangés ; de là, nous entrâmes dans une chambre où J.-J. Rousseau était assis en redingote et en bonnet bhinc, occupé à copier de la musique. 11 se leva d'un air riant, nous présenta des chaises et se remit au travail, en se livrant toutefois à la conversation. » (Essai sur Rousseau. Oeuvres complètes, Bruxelles 1830, t. VUI, p. 25).
cicimc maison .liial. cL il y en aurait (ui (l(3ii\ dovaiil la maison do la (Chambre do Uoiissoau. On ma l)i(Mi dit (jnc dans les plans cadastraux, il ne faut pas tenir compte des arhres indi- (pi(''s. Mais il y a encoi'c sur la torrusse du restaurant des arhres (jiii doivent être assez anciens, et d'après la tradition de la famille Guy, il y en avait bien deux devant la petite maison.
Suivant la même tradition, on y a joué le Devi}i du rillaf/p. et une tradition, venant probablement d'anciens propriétaires de la Boissière, amis de Voltaire, rapporte que celui-ci a donné des représentations théâtrales à Grange-Canal.
En 1761, une troupe de comédiens a joué le Devin du village au théâtre de Châtelaine S et il se pourrait bien que cette représentation eût été renouvelée à Grange-Canal, mais sans bruit. Les deux traditions seraient ainsi conciliées, la troupe de Châtelaine étant ouvertement patronnée par Voltaire.
Quoi qu"il en soit, il est dit dans les Registres du Consistoire à la date du 30 janvier
^ Lucien Perey et Gaston Maugras : La Vie intime de Voltaire aux Délices et à Feniey, p. 320.
1752 : « Sur ce que l'on publie que des comédiens doivertt venir s'établir à Grange-Canal, et que plusieurs estiment qu'il serait moins désavantageux de leur permettre d'avoir leur théâtre en cette ville, arrêté de représenter au Magnifique Conseil les décisions précédentes. »
Ces décisions prises le 12 mars 1732, puis confirmées plusieurs fois, interdisaient toutes les comédies publiques ou particulières. Il y avait alors sur le territoire genevois une crise de théàtromanie que le voisinage de Voltaire devait plus tard surexciter, mais qui existait déjà, venant sans doute de la France, oi^i elle s'était rapidement développée depuis le commencement du XYIl""^ siècle.
« Les Genevois, dit Fontaine-Borgel S étaient avides de spectacles qui avaient lieu aux environs de la ville, à Carouge, à Grange-Canard ^
^ Histoire des communes genevoises de Vandœuvres, Collonge-Bellerive, Cologny et des Eaux-Vives, (lenève 1890, p. 327.
^ Le plus ancien nom de Grange-Çanal. « C'est une famille qui a donné son nom à la localité, dit Pontaine-liorgel (p. 326). Ce nom de Canard a été modifié comme celui de tant d'autres familles, ainsi les Chauffard sont devenus des Chauffât... Les Canard soit Canal, qui avaient pour armes « d'azur, un canard d'argent sur une rivière de
etc.. Les (liinanclies surtout, une ariluencc considorahlo de curieux recherchaient ce genre (le récréation. A (irange-i^anard et à (>arouge en 1716, les représentations du sieur Auhert mirent le Conseil dans la nécessité de prononcer contre elles une interdiction d'assistance, sous peine de 100 florins et plus en cas de récidive (séance du 9 février; ».
Il y avait donc à Grange-Canal un local pouvant servir à des représentations dramatiques, et la petite maison qui fut habitée par Rousseau, était très propre à cet usage, soit au
même », sont devenus boiirj^eois de Genève en 1490 ». Le plus illustre membre de la famille fut le syndic Jean Canal, médecin de profession, victime de son dévouement lors de l'Escalade. — « Aux domaines ruraux, propriétés de maîtres, avec fermes continues, on donnait le nom de grange, auquel s'ajoutait le nom du propriétaire : de là, pour notre canton, les noms de Grange-Falquet, Grange-Bonnet, etc. (Fontaine-Borgel) ». — 11 est probable que la Grange-Canal se trouvait sur l'emplacement des maisons Juat, qui ont toujours appartenu à la môme famille depuis 1735 ; mais si ancienne que puisse paraître la partie de ces maisons située du côté de la route de Chêne, on voit, d'après d'anciens plans, que l'aspect de la localité devait être fort différent de ce qu'il est actuellement.
premier étage à cause de la grande chambre et de sa large alcôve, soit au plain-pied, où l'on retrouve les deux mêmes chambres d'inégale grandeur, mais dans un ordre différent, la petite donnant sur la route \
Evidemment, avec nos idées actuelles sur les salles de spectacle, celle de Grange-Canal nous paraîtrait bien exiguë. Mais Voltaire disait lui-même de son théâtre de Tournai en 1759 : « Le théâtre de Polichinelle est bien petit, je l'avoue ; mais nous y tînmes hier neuf en demi-cercle assez à l'aise ; encore avait-on des lances, des boucliers, et on attachait des écus et l'armet de Mambrin à nos bâtons vert et clinquant, qui passeront, si l'on veut, pour pilastres vert et or. Une troupe de racleurs,.
^ On peut pénétrer maintenant au premier étage de la maison par deux escaliers, l'un intérieur, qui est dans la grande maison, l'autre extérieur, qui appartient au restaurant et qui est en face de son Pavillon bien connu. Un autre escalier extérieur se voyait encore en 1815 sur la face opposée au chemin de Grange-Canal, mais il appartenait aussi au restaurant. Dans l'état actuel des lieux, je n'ai pu constater ni comment on allait du plain-pied au premier étage de la petite maison, ni si l'on pouvait, comme cela est probable, monter directement au premier étage par le dehors.
chassés j>;ir Luc (Frédéric ll<. coiri|)()s;ii('i)t mon onrlmstre ^ ».
Quant au restaurant de Granf^o-i^anal. il pourrait })ien être celui (jue le VValter Scott genevois a décrit si pittorcsquernent et avec tant de couleur liistoricjue dans V Amour et la pnle, dont les récits se rapportent aux années i6i>4-l(>i7:
« Le cabaret du Pokl hlanc tenu par la Grélandière, à Grange-(^anal, dit-il (p. 87-80), était toujours la première étape des gens de Savoie revenant du marché de la ville, comme le logis de la Belle Etoile aux Bougeries de Chêne, desservi par. Pierre Brazier, était nécessairement la seconde. Mais cette taverne-ci, conduisant aux terres de Savoie, était trop en vue des gardes-du-sel de son Altesse, ils y avaient des espions, sachant bien que les paysans savoyards se chargeaient toujours au retour de quelques salignons, au risque d'aller aux galères. Aussi les villageois ne se risquaient-ils pas volontiers chez Brazier avant la nuit close, bien que la maison de \a. Belle Etoile fût située sur terre de Genève. On savait que les miquelets gardes-du-sel rodaient toujours sur l'extrême frontière et pouvaient faire des
^ Vie intime de Voltaire aux Délices..., p. 249.
« fâcheries » aux malheureux passants qu'ils allaient attendre au delà du village^ dont ces « gabeloux » détestés occupaient toutes les avenues.
Le dimanche, les bons compagnons artisans, sortis de Genève après le prêche 'du soir, venaient fréquemment en compagnie « tàter du vin » chez la Grélandière, et même on y rencontrait parfois des gens d'esprit... C'était lorsque Tabarin en passage y donnait la comédie de ses marionnettes ; encore cette licence était-elle bien grande, car Messieurs du Conseil ne fermaient jamais les yeux qu'à demi sur un tel désordre.
Les jours ouvrables, et notamment ceux du marché, le cabaret... avait une autre physionomie : il appartenait ces jours-là aux piedsgris villageois, aux porte-balles en passage, aux manots, soit valets-à-bras cherchant maître, aux citoyens bannis relégués hors des franchises (le cabaret de Grange-Canal était sur l'extrême frontière genevoise, mais le jardinet attenant était en Savoie ou plus exactement sur le comté de Rossillon) ; entin dès la nuit close ce logis appartenait aux contrebandiers ».
Sauf cette citation, je n'ai pu découvrir nulle part que le restaurant de Grange-Canal fut appelé le Polet-blanc. mais ce nom était bien ce-
lui (I une lioU'Ilcrio ^'cnovoisc ' ; et rjuant au comte; (lo Mossillon. (|iii vient d'êlro mentionne';, un ancien plan «le nos environs [>orte (jue (( le chemin tendant <lo (^olof^ny à Grange-Canal » était afipelé « le dieinin de Rossillon ^ ».
La position de Gran^e-(^anal dans [ensemble assez compli(|U(; du petit territoire genevois, à la fois en taisant partie et tout près de sa frontière, n'est pas facile à déterminer avec précision. En tout cas, elle a une véritable histoire avant le traité de Turin conclu en l7oi entre Genève et la Savoie. « Cette petite localité, dit Fontaine-Borgel (p. 328),. a fait le sujet de longs mémoires » antérieurs à ce traité,
' J.-B.-G. Gallfîe, Genève historique et archéologique, t. 1, p. 259.
^ Plans réguliers de Cologny et Chêne, hors de la banlieue, de Bessinge, Ambilly, Thônex et Gaillard, Villette et Verna. 1730, feuillet 38 (Archives de Genève). — La famille de Rossillon, famille noble du pays de Gex, se recommande à notre souvenir par le nom d'un évèque d'Annecy, successeur de François de Sales, qui, de 1697 à 1734, se signala par sa mansuétude à Tégard des protestants et eut avec Bénédict Pictet de cordiales relations) Gaberel, Hist. de l'Eglise de Genève^ t. m, p. 304-317).
parmi lesquels figure un travail du syndic Trembley (175S).
Nous exposerons aussi brièvement que possible ce que nous avons cru reconnaître à cet égard : ce sera par là même donner quelque idée de l'histoire accidentée de la campagne genevoise.
Grange-Canal et le territoire de Genève jusp'en 1154
Après l'adoption de la Kéforme par nos ancêtres en I080 et la courte }4;uerre de I08O entre, d'un côté, Genève et Berne, de l'autre, le duc de Savoie et l'évèque Pierre de la lieaume, notre cité s'était constituée héritière des biens de l'Evêché, du Chapitre de St-Pierre, du prieuré de St-Victor et d'autres couvents genevois. En août lo36, elle avait été reconnue comme telle par Berne, qui, pour sa part, s'était réservé, outre le P^ys de Vaud, le pays de Gex et la partie du Chablais qui était en deçà de la Dranse, « la seigneurie de Gaillard, les terres relevant du monastère de Bellerive et la Bastiede Cholex ( château de Roillebot) », c'est-à-dire « tout ce qui appartenait au duc de Savoie dans le voisinage immédiat de Genève ^ ».
^ Am. Roget, Les Suisses à Genève, t. II, 18Gi, p. 238. — Em. Dunant, Relations politiques de Genève avec Berne et les Suisses. Genève 1894,. p. 204.
Les biens de l'Evêché consistaient essentiellement dans la ville même, sa banlieue qui s'étendait principalement sur la rive gauche du lac et du Rhône, et les mandements de Jussy et de Peney.
Parmi les biens du Chapitre figuraient surtout le mandement de Vandœuvres et les villages de Valleiry, Bossey, Sierne, Onex, Chêne et Thônex en partie ; parmi les biens de St- Victor, la Champagne (correspondant aux communes actuelles de Cartigny, AvuUy, Chancy) et Troinex, Landecy, Gy, etc.
La banlieue de Genève (ou « le terrain des franchises » ou « les Franchises ») fut délimitée de la manière suivante en 1536, Berne consentant à en étendre un peu le territoire, soit du côté de Gaillard, soit du côté de Gex : «Les commissaires genevois allèrent premièrement, avec les députés de Berne, marquer les limites du côté du pays de Gex. Ils en plantèrent onze depuis le Rhône, entre les villages de Châtelaine et d'Aïre, jusqu'au-dessous de celui de Pregny, lesquelles renfermaient dans leur enceinte les villages de Saconnex, Châtelaine, avec toute la plaine de ce nom \^ le
^ Le hameau de Châtelaine était, au moins en grande partie, sur territoire genevois; mais, se trouvant sur le chemin qui servait de frontière, il
prieuré de St-.l(S'in, Sf'cheron cL divers fiameaux épars entre eux. »
Peu de jours après, les mêmes personnages « marquèrent les limites du coté de la seigneurie de Gaillard ; ils en établirent dix, dont la première fut plantée au-dessous du village de Cologny, dans le grand chemin (pii va de Genève à Tlionon, auprès d'un torrent qui coule de ce village ', la «econde au haut de ce même village et les autres ensuite, jusquau pont qui est sur la pe-
pouvait aussi compter, à gauche de ce chemin, à partir du Rhône, des maisons qui n'étaient pas sur notre sol. Au XYIII^ siècle, il y en avait qui appartenaient à la France, et c'était parmi elles que se trouvait le théûtre de Châtelaine, qui succéda au premier théâtre des Bastions hriilé en 1768 et qui, construit d'abord en bois, le fut en pierre l'an 1780. D'après J.-G.-B. Gahffe, Genève historique et archéologique, il y a dans le texte officiel : « Du bout des Pâquis ( pâturages) de Châtelaine, par le Grand-Saconnex, jusqu'au rivage du lac sous la maison Scarron, sur le chemin de Lausanne, onze bornes. »
^ C'est le ruisseau du Traînant, dont on ne peut pas dire précisément qu'il coule du village de Cologny et qui a dû être autrefois plus abondant. Fontaine-Borgel dit, p. 283 : « 11 est probable que
tite rivière delà Seimaz^, qui passe par Chêne, de sorte que dans cette enceinte se trouvèrent les villages de Gologny, Frontenex, partie de celui de Chêne et divers autres petits lieux dépendant de ceux-ci ^ Telles furent les étroites bornes dans lesquelles fut renfermé tout le territoire de Genève dépendant immédiatement de la ville. Elles furent marquées par des pierres, d'un côté desquelles étaient les armes de Berne et, de l'autre, celles de Ge-
dans les temps anciens, deux autres cours d'eau alimentaient le Traînant, de là son nom. » Or on peut constater encore aujourd'hui qu'indépendamment de l'eau qui, de Gologny, arrive dans le Traînant, tout près de l'embouchure, il provient de trois affluents : l'un à droite (quand on vient du lac), sortant de la campagne Picot, le second, à gauche, sortant de la campagne Patry, le troisième, le central, en avant, entre ces deux propriétés, au côté sud du chemin de Grange-Canal. Mais, peut-être, la meilleure manière de retrouver les trois nants serait-elle de les voir l'un, à gauche, descendant de Gologny, le second, à droite, venant de la campagne Picot, le troisième, en avant, entre les propriétés Picot et Patry.
^ C'est le pont dit Pont Bochet.
^ Par conséquent, entre autres, Grange-Canal, qui d'ailleurs peut être compris sous le nom de Frontenex.