‹ Graphite [microforme]Chapitre 7 sur 73 · CHAPITRE 1 èKEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1 èKEL

Iisronioui PROPRIÈTÉS CHIMIQUES ET PHNSIOUES DE GRAPH TI Historique.

Le graphite* etait connu des aneiens, eut on n retrouvé dans des tom beaux des morceaux de graphite et des vases de pierre peints avec cette substance, Toutefois, cette connaissance, qui à d'ailleurs pu n'être que locale, semble avoir Gisparu plus tard, eur nous n'en retrouvons atetne trace jusqu'au moyen âge, Le graphite est alors mentionné comine une curiosité minérale, mais on confond sous ce nom, et on l'a méme fait de nos jours, plusieurs minéraux analogues tels que la molvbdénite, Quoique le minerai fat connu depuis longtemps, sa composition chimique n'a été trouvée qu'à une époque relativement récente. On croyait qu'il conte. sait du plomb d'où te nom de mine de plomb, tandis que sa propriété de laisser une trace sur le papier est indiquée par son nom allemand ‘Reis blei (plomb à écrire), Beaucoup de chimistes et de minéralogistes oni confondu sous le nom de graphite des minéreux de compositions ehimiques différentes,

Le el'miste allemand Heinrich Pott, 1692-1777. a été le premier à dé. montrer que le graphite ne contient pas de plomb, mais on ne sait si ses expériences portaient sur du graphite ou sur de la molybdénite, eur comme Quist (1754), il ne distinguait pas les deux substanees,

C'est à Karl Wilhelm Scheele (1742-1786) que revient l'honneur d'avoir découvert la vraie composition chimique de ces deux minéraux semblables, [f prouva en 1779, que le graphite brûle dans un courant d'oxygène en donnant de l'acide carbonique et il en conelut que e‘était du earbone, mais pendant longtemps encore, d'éminenis chimistes refunè rent de croire à l'existence du carbone dans le graphite, ce qu'explique l'imperfection des méthodes d'analyse alors en usage.

Ce n'est que quand on eut constaté que le graphite était inattaquable par les réactifs et qu'on eut appris à le séparer des impuretés les plus importantes qui l'accompagnent, qu'on reconnui que c'était du carbone pur.

A. G. Werner, le célèbre minéralogiste, (1750-1817) semble être le

* Du grec “graphein”, écrire: on l'appelle aussi plombagine ou mine de plomb; en allemand ‘“‘Pottlot”, ‘“Ofenschwarz", ‘“‘Reissblei"”. Comme l'appelle aussi carbone B, Le mot “plombagine” semble dérivé de l'it bino' qui, comme le mot graphiie, indique son usage.

+ Dammer, Hardbuch der anorg, Chemie—Bd., 11 part I, 2°

alien ‘‘grafio plom-

premier qui ait employé le mot graphite et ibn été adopté depuis cette époque

La plus ancienne mention qui soit faite de l'emploi du graphite, re monte à l'année 1400, HE était utilisé pour la confection de creusets à Hatnerzell, près de Passau sur le Danube, en Bavière: Le minéral était extrait de mines situées dans les environs, Ces creusets faits d'argile pure et de graphite, étaient alors employés pur les ulehimistes pour ln fusion des métaux précieux et dans leurs vaines recherches de lu pierre philoso phale, Mais cette fabrication de ereusets, devait pendant des sièeles demeurer sans importance tandis que utilisation de lu plombagine pour la fabrication des crayons devait donner son élan à l'étude des traitements économiques du minéral et à lu recherche de ses gisements,

Cennine Cenninit né à Florence, en Italie, vers 1370, mentionne dans son livre sur la peinture Femploi d'un crayon dont il se servait et qui était composé de deux parties de mine di plomb et d'une partie d'itain,

Conrad Gessner, duns son ouvrage ‘De rerum fossilium figuris", en 1569, indique emploi des erayons de mine de plomb, mais ce devait étre, à l'époque, une curiosité eur il juge important d'ajouter un hi ss d'un de ces eravons et au desstis on lit:

La Moine eite un document de ST réglé avee du graphite

Stylus inferius depictus ad seribendum factus est, plumbi cu\usdar Cfactitit pute, quod aliquos sttnmi Inglicum v'ocare audio) générée DE Mmucro

emderasi, in manubrium ligneunensert "+

Cu élan fut donné à la fabrication des crayons par la déconverte des

neuses mines de Borrowdale, duns le Cumberland, en Angleterre, dé ‘ rte qui eut lieu en 1550 environ. D'après plusieurs auteurs** le nouveau oinéral était employé pur les fermiers à Keswiek (à quelques milles de la mine) pour marquer leurs troupeaux.

l'est difficile de dire avec exactitude où furent faits les premiers CFAVONS. Eu tous cas, il est probable que ce sont les Italiens qui, les pre

miers, employerent les nouveaux eérarons pour dessiner, Les avantages

de ceux-ci sur Les autres procédés alors en usage ne tardèrent pas à être reconnus. semble que le graphite employé dans ces crayons provenait d'Angleterre: on : ppelait alors ‘pierre des Flandres’, bien qu'il n'\

eut pas de mines de graphite en Hollande: on dit que les Italiens étaient approvisionnés par des marchands flamands qui l'importaient d'Angle-

terre.

“Traktat der Malerie, Vienna, 1SSS$ Le crayon qui est ici représenté est fuit pour écrire: il est fait d'un morceau d'une certaine espèce de plomb (qui, me dit-on, €s 1e substance artificielle appelés

RE nélais) aignisé en pointe et icé dans un manche en bois

itobinson, ay towards à natural history of Westmoreland and C'umberland London, 1709, page T4 * Terrante Imperato erato del historia naturale libre NNVIH, Napoli, 1529, page

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Propriétés chimiques et physiques du graphite.

Le graphite pur comme le dinmant ou le charbon de bois est du eur bone, mais su forme, sn couleur, sa durcit et ses autres propriétés physi es Nont Ni différentes de celles de cos DELTA TETE que Brodiet pensait qu'on ne devrait pas le considérer comme un modifleation où comme une orne allotropique du eurbone mais comme va corps simple spécial qu'il dénommait graphon. Comme d'autre part le graphite, de méme que le diamant et le enrbone arsorphe, brûle dans un courant d'oxygène pour donver de l'anbydride esrboni ue, cette thèse ne peut être soutenue

Les trois formes du carbone, le charbon de bois, le graphite et Le din muant, se distinguent par leurs propriétés physiques Le carbone umorphe charbon de bois) a une densité de 123 à 20, Le graphite de 27 à 258 et le amant de 3,3. Le carbone #inorphe sous ses différentes formes lnisse généralement une trace noir mat quand on le frotte sur du papier, Le gra phite laisse une trace à éclat métallique, tundis que le dinmant n'en laisse pus du tout. Le carbone amorphe quand on essaye de Le couper au coute se montre généralement enssant, le graphite est comme de la cire dureie, tandis que l'acier ne peut entamer Le diumant, Le dinsaunt et lu plupart des formes du carbone amorphe sont mauvais conducteurs di l'électricité et de ia chaleur tandis que sous ee rapport E graphite se rap proche des métaux.

Le graphite se rencontre le plus souvent en masses luminaires, pur Fois aussi sous forme fibreuse, radiée, fonilletée où sehistense: quelque. Fois 1 est grenn ot compact, tandis que d'autres fois il est terreux

cristaux de graphite sont très rares: ce

Les

sont des prismes hexagonaux n

forme de table, presque toujours striés et aux laces peu marquées, [xs Partiennent au système rhomboëédrique, Clark, Sukow cl Nordenskjolid,

“surtout ee dernier qui a fait une série de mesures exactes sur les cris EUX provenant de Pargos, Ersby et Stargurd en Finlande, ont eonelu de leurs études que le graphite eristallisait dans le système monoclinique Des cristaux bien formés sont exXtrémement rares dans la aturez c'est dans les caleaires eristallins grenus et dans les météorites qu'on les ren contre, I est très difficiie d'ailleurs de les isoler de leur gang par suite de la consistance et de la texture de ee nunéral. [est done im possible d'affirmer à quel système cristallographique le graphite appartient réellement, mais il semble probable qu'il doit être rangé dans le SYStème hexagonal et dans la subdivision rhombetdrique, On le rencontre

aussi en cristaux pSeudomorphes de ceux de la prrite,

Jusqu'ici tes plus beaux cristaux ont été obtenus des météorites: on

en a trouvé de très réguliers et de complets dans los n

Hongrie, et dans celles de Prundegin (Australie occidentale) et de Crosby

Brodie, Ann. Ch. 114, 2

Creek. Fletcher considère un des cristaux obtenus de cette dernière météorite comme une modification du graphite hexagonal régulier. Mais d'autres minéralogistes y voit un cas de pseudomorphisme du diamant.

Le graphite se rencontre bien plus souvent en agrégats cristallins, formés de cristaux imparfaits. Ils sont constitués par des partieules lamiaires, fibreuses ou radiées. Les agrégats fibreux, qui sont généralement formés de graphite très pur, se rencontrent fréquemment dans la nature; ils sont plus compacts que les variétés lamellaires et présentent une texture plus régulière. La direction des fibres est généralement verticale ou perpenuieulaire à la surface de la roche encaissante; parfois elles s'ineurvent comme sous l'effet d'une pression extérieure. Les colonnes fibreuses se subdivisent souvent en agrégats prismatiques parallèles à la direction des fibres, de faible épaisseur et d'une largeur très régulière. La longueur de ces colonnes varie de un demi pouce à dix pouces. On y rencontre souvent des matières étrangères qui forment dans la masse de minces pellicules à la surface du graphite.

Fig. 1 et 2—Agrégat de graphite fibreux.

On trouve souvent le graphite à l'état terreux ou amorphe, en masses compactes; il est alors très mou et facile à désagréger. En résumé le graphite naturel est soit laminaire et relativement résistant soit amorphe et friable.

Le graphite présente un clivage parfait semblable à celui du mica. Les lames minces de ce minéral, quand il est pur, présentent un éclat adamantin. Leur couleur varie de cet éclat semi-métallique à un gris terreux et mat, suivant le pourcentage des impuretés. Elles ont un aspect onetueux et donnent au toucher une sensation graisseuse ; elles sont flexibles mais non élastiques. La couleur des agrégats amorphes varie du noir au gris d'acier foncé et présente parfois une apparence opaque. Sur les lames épaisses, par suite de l’éelat, la couleur varie du noir au gris bleu.

Quelquefois des veines de graphite grenu à grains fins, comme celui de Warrensburg*, Etat de New-York, se brisent en masses rectangulaires

+ Geology of Canada, 1856, p. 219.

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qui sur certaines faces présentent un aspect ondulé remarquable. Ceci est dù à la structure du minéral qui est formé de couches régulières, épaisses d'un millimêtre où moins et constituées par des lamelles perpendiculaires à la direction des couches et qui ont une cassure fibreuse, Quand la cassure est parallèle aux couches on voit l'extrémité de lamelles et la cassure est grenue; quand elle est perpendiculaire aux couches on a une surface ondulée rappelant le bois de certains érables et due à ce que les fibres ne sont pas tout à fait parallèles dans les couches successives. *

Le graphite est un des minéraux les plus mous, sa dureté se trouvant entre 1 et 2 de l'échelle de Mohs. [Il laisse sur le papier une trace noire ee qui le fait employer pour la fabrication des ec "avons. On le distingue facilement de la molybdénite dont la trace sur le papier est gris vert.

Le graphite, même en lame très mince, est coiipiètement opaque, mais il est av “ontraire, comme le diamant, parmi les corps les plus facilement traverses par les rayons X. Les substances ét ‘angères contenues dans une plaque de graphite apparaissent sur l'action de ces rayons, en taches sombres sur un fond bien éclairé.

La densité du graphite varie de 2.015 à 2,583, variation qui est due aux impuretés, surtout l’oxyde de fer, que l'on rencontre dans tous les graphites. Dans le tableau 1, la densité de plusieurs échantillons est donnée,

*Ce graphite des Laurentides, d'après l'analyse du professeur Chandler, contient 64.06 de carbone et 32,00 de carbonate de chaux, les 3% restant étant composés surtout de silice et d'oxyde de fer. Le carbonate de chaux est disséminé dans la masse qui fait effervescence avec les acides; il ne peut être discerné à l'oeil nu. D'ailleurs sa présence n'a rien à faire avec l'aspect onaulé mentionné, car le fameux graphite de Marinski, dans le gouvernement d'Irkutsk en Sibérie, présente la même structure et ne contient pas de calcaire, les impuretés n'y entrant d'après Dumas que tocr 2,7 pour cent dans les échantillons les plus purs,

t La molybdénite, un sulfure de molybdenium, est souvent confondue avec le graphite auquel elle ressemble: comme lui, elle se présente en plaques hexagonales. en masses ou en lamelles. Sa couleur est gris de plomb: sa poussière est de mème couleur; elle laisse une trace sur le papier mais plus faible que le graphite. Composition: soufre de molybdenium. Infusible. Sa couleur est plus métallique, plus près de celle de l'étain. Elle donne des vapeurs Sulfureuses quand on la chauffe dans le tube fermé, où par dissolution dans l'acide nitrique: on la rencontre dans les gneiss, les granites et les micaschistes, souvent associée À des métaux précieux. Voir aussi page 12,

Localité Espèc: Densité Expérimentiatenr

Buckingham, Canada À Fibreux

br, Hotfman,*

Luminaire Grenville ; : Fibreux Cexlo

Ticonderoga, EP

Ceylan I 7 : : : l,204 % Raminelshers Borrow das

Jenise supérieur...

Upernivik.

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Graphite artificiel. “+ : da cieous: : à pre 2.50

On à trouvé pour le graphite purifié des densités plus faibles, jusqu'à 1.802.

Quelques uns des échantillons de graphite envoyés du Canada à l'exposition de Londres, en 1862, furent offerts à Regnault, le grand ehimiste et physicien francais, qui s'en servit pour déterminer la chaleur spécifique de cette forme de earbone. A ce sujet, ils furent analysés avec soin par M. Cloez. Après avoir été desséchés par caleination, ils furent brûlés dans un courant d'oygène see; on constata alors, ce qu'avait soupeonné Regnault, qu'ils contenaient de l'hydrogène; on ne peut le Séparer que par un chauffage prolongé dans un courant de chlore see qui eh méme temps sépare les impuretés sous forme de chiorures et laisse Le

eraphite presque chimiquement purs

La chaleur spécifique du graphite est plus élevée que celle du diamant: elle est pour le graphite naturel de 0.2019 et pour le graphite artificiel de 0,1970,

Dans le tableau 2 la chaleur spécifique de différents échantillons est

donnée, ainsi que leur teneur en carbone et en hydrogène.

* Geology of Canada, 1S

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TABLEALU 2

Localité | Espèce Carbone Hydro \rote Cen Chaleur ère res Spéci | | Buckingham, Can | Naturel DURE: 0,50 12,6 nu, tust H ; 10.45 0,50 + 0,201 HS ,06 1.4 ÿ,2 0,1%11 Artiticial 99,5 : u,6s 0.1977 | 9,51 0.60 10.4 0,2000 96.97 | 0,76 ER à u.1 u,1960 99,1 0,34 79 ou, ou

La chaleur spécifique augmente avec lu température et au dessus de 1000 on l'obtient par la formule :

C 0.355 + 0.000,006t (Vieilie)

La chaleur produite par la combustion du graphite naturel a été déterminée par Favre et Silverman:; elle est de 7796 Cal. Celle du graphite artificiel est de 7762,3 Cal.: Berthelot et Petit avaient trouvé 7901.2 Cal.

Le coefficient de dilatation linéaire à 40°C. est 50786. L'élongation de 0 à 100°C!. est de 0.30796. Le graphite est meilleur sonducteur de la chaleur que le diamant et est bon conducteur de l'électricité. En prenant comme comparaison 100 pour l'argent à 0°. la conduetibilité du graphite de Ceylan à 22°C, est 0.0693 et celle du graphite de Bavière, 0.20395 ; pour un mélange des deux elle est de 0.0:%46. D'après Matthiessen, la conduetibilité du graphite purifié est IS fois celle du graphite naturel.

D'après Muraoka*, le graphite de Sibérie à une conduetibilité à 0 qui, comparée à celle du mereure à 0°, est de 8196 x 10, celle des cravons Faber est de 1051 x 10, celle du charbon de cornue de 1360 x 10, la même d'après Goudoin, de 1813 x 10, enfin celle d'une tige de charbon d'après Dubosey, 2880 x 10 l'après Carré, 1348 x 10.

Streintzt à trouvé pour la résistance spécifique du graphite en poudre 14.20 ohms. Elle est d'après Muraoka de 12.20 ohms.

Ahardent à trouvé 12 ohms pour la résistance d'une électrode graphitique de graphite américain ayant 1 millimètre carré de section et 1 mètre de longueur: la conductibilité de la même électrode était 0.008353.

Zellner a obtenu une résistance spécifique de 2 à 8 ohms à 20°C environ pour un graphite de Ceylan, et de 12 ohms pour une électrode en graphite d'Acheson.

* Wiedem, Ann. 15, page 30, 1SS1.

* Sammlung eélectrotechnicher Vortrâge Stuttgart.

Mlentus Faites if io0 £ S$ t Electrot, Zeitschyift. IvUI, page 554

Chimie du graphite.

Chaufté à l'abri de L'air, le graphite ne subit aueune modification Il brûle très difficilement à L'air et plus où moins rapidement dans un eou vant d'oxygène, Moissan donne les chiffres suivants pour la tempeéra ture à laquelle se produit la eombustion de quelques variétés dans

l'oxygène:

Graphite de Ceylan, 669 €.

De Sehwarzbaeh en Bohéme, 620 ©.

Graphite artificiel provenant du charbon de suere, 660€,

eristallisé dans du platine, 379 0

D'après Gustave Rose, la variété cristalline brûle plus difficilement que le diamant, tandis que e'est l'inverse pour la variété amorphe. La combustion est facilitée par la présence d'argent métallique finement divisé (Stolba).

Chaufté au chalumeau dans un tube de verre, le graphite donne parfois une quantité d'eau appréciable. Le minéral quand il est pur n'est attaqué ni par les acides forts, ni par le chlore à chaud, ni par l'acide sulfurique ou l'acide nitrique dilué; on se sert done de ces réactifs pour éliminer les impuretés qui l'accompagnent. Iln'est pas attaqué lorsqu'on Île fait fondre avec la soude ou la potasse caustique. Par fusion, avec le salpêtre, plusieurs variétés de graphite sont oxydées, d'après Rammelsberg, tandis que d'autres demeurent intactes. À la première catégorie appartiennent les graphites de Ceylan FH, Borrowdale, Jenisei, Upernivik (Groenland). Arendal. et à la seconde, eeux de Ticonderoga, Ceylan TE et le gra phite artificiel.

En chauffant le graphite avec de l'acide chromique où avec nn mélange de bichromate de potassium et d'acide sulfurique, on le transforme en acide carbonique.

Les propriétés chimiques du graphite sont très différentes de eciles des autres formes de carbone: d'ailleurs ces autres variétés présentent elles-mêmes de grandes différences sous laetion des agents oxydanis. Si on chauffe du graphite en poudre dans un mélange de quatre parties d'acide sulfurique fort pour une partie d'acide nitrique, il prend une teinte pourpre qu'il perd d'ailleurs par lavage: on obtient la même réaction en chauffant un mélange de quatorze parties de graphite et d'une partie de ehlorate de potassium dans soixante dix-huit parties d'acide sulfurique fort. Le graphite ainsi transformé contient de Poxx gène, de l'hydrogène et de l'acide sulfurique: chauffé au rouge il se gonfle et émet une certaine quantité de gaz, puis tombe en poudre très fine: cette poudre est du graphite pur avant une densité de 2,25.

On se sert de cette ré ction pour purifier le graphite naturel. On le

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puivérise et on le lave de manière à enlever autant ue possible les HI tières terreuses: le produit ainsi obtenu a de nombreux usages; pour les applications qui exigent du graphite pur on le traite alors par Le ehlorate de potassium et F'acide sulfurique, comme ii vient d'être dit. puis on Jette la poudre dans de L'eau à la surface de laquelle elle surnage tandis que les matières terreuses vont au fond. Le graphite loninaire se purifie plus facilement que le graphite ämorphe: on purifie cette dernière variété en tioutant une petite quantité de Huorure de sodium au mélange aussitôt que le dégagement d'acide perehlorique à cessé; la silice est ainsi trans formée en tétrafluorure de silicium qui se dégage.

Certains graphites chaufés avec l'acide nitrique se gontlent beaucoup et donnent des fragments vermiformes d'un quart à un demi pouce de cir conférence et d'une longueur qui atteint parfois plusieurs pouces. Leur couleur est gris d'acier avee éclat métallique, et les courbes qu'elles affec tent sont très régulières (Fig, 3). Elles sont constituées par des cellules oblongues, très Serrées et fortement plissées à la surface extérieure, Elles sont caractère Hnportant très légères et Hotte dans l'eau où dan l'alcool lors même qu'elles sont imprégnées de liquide. Elles sont géné ralement bien plastique, peuvent se déformer facilement et on peut les pétrir entre les doigts. A l'intérieur se trouvent des plans à vif éclat mé. tallique qui d'après Donath, indiquent une cristallisation laminaire. C'est Brodie qui le premier nota cette propriété et on s'en est servi pour produire du graphite eXéeptionnellement pur et régulièrement divisé (graphite de Brodie).

Luzi et O, Lüdeeke* se servent de la réaction de l'acide nitrique pour différencer et classer les graphites. [ls les groupent en deux catégories : les *’graphites"® qui sont transformés par l'acide nitrique et les “graphitites®” qui ne le sont pas. On peut obtenir cette réaction en petit en mouil-

Fig. 3.

Formes flatueuses de graphite, produites par un traitement chimique

lant avee de l'acide nitrique de densité 1.

—1.54 du graphite grenu (non en poudre) contenu dans une capsule de platine: on voit alors le graphite se gonfler et donner, s'il appartient à la première catégorie, des

* Thonindustrie Zeitung, 1895, No. 8.

partieules vermiformes qui peuvent atteindre cinq pouces, En grand, la rénetion s'effectue dans des cornues en fonte; on déeante Pacide, on ras semble les partieules et on les lave dans des récipients; on obtient ainsi un graphite d'une grande pureté et très divisé. En se basant sur cette rénetion de Luzi, Moissan et Nestini, on peut classer les graphites en deux classes :

Groupe 1 Les ‘graphites"" qui réagissent, tels que ceux de:

Ceylan: Ticonderoga, Amity (New York) : Grenville et Bueking hum, Province de Québec; Borrowdale, Angleterre: Monte Rosa,

Calabre: Bamle Skütterüd, Norvège: Murbaeh, Basse Autriche:

Pfaffenreuth, près de Passau, Bavière: graphites espagnols,

Groupe 2.--bLes “graphitites"" qui ne réagissent pas, telles que les graphites de:

Altstadt, CMoravie): Krumanu, Sehwarzbaeh, Mugrau Bohéme :

Passau (Bavière): Hrkutsk, Tunguska (Sibérie): Storgard, (Fin

lande): Karsock et Omesnack, (Groënland) ; Colfax, (Nouveau Mex

ique):; Australie du Sud; Takaschimiza, Cfaporn : Lerigliani, Monte

Pisano, (italie): les graphites saxons et tous les graphites artificiels

obtenus par l'électricité,

Weinsehenk* ne considère pas le graphite et la graphitite comme deux formes différentes du carbone: il attribue leur différente trar sformation en présence de Paeide nitrique à une différence de struciare: d'après ni, le graphite qui se gontle dans l'acide nitrique est composé, généralement de fines lamelles qui, par suite de leur structure capillaire aspirent Facide et se gontflent sous l'influence du dégagement gazeux que provoque alors la chaleur. Les deux variétés désignées par Luzi sous le nom de graphite et de graphitite seraient done identiques, exception faite de leur structure.

Weinschenk considère aussi le mot ‘‘amorphe comme impropre ment appliqué au graphite puisqu'on le donne à des variétés, qui existent en masse compactes ilest vrai, mais qui, à part cette partieutarité, ne dif fèrent pas des agrégats laminaires et sont formées de cristaux microséopiques: il ne peut done être question d'amorphisme an sens minéralogique du mot. Le graphite en effet se rencontre souvent sous tn état très divisé et ilest souvent difficile d'y reconnaitre des cristaux méme à la loupe: mais en tous eas la séparation entre le carbone eristallisé et Le carbone imnorphe est si nette qu'on ne peut passer insensiblement de l'un à l'autre.

A ce propos il est bon de rappeler qu'en 1870, le grand chimiste fran cuis Berthelot, entreprit l'étude des différentes formes du carbone. Au:

paravant il n'existait pas de limites définies entre le carbone amorphe 1 à

: : ï tiatt ait .. hit : } et le graphite. On assiniiait au grapiite ie COKC PEU

* Zeitschrift der Kr: zraphlie, 28, 291,

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est la réaction la plus enraeteristique du graphite que nous co

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Sie Benjamin Brodi avait déji montre que sous lation d'agents oxydants le graphite se trunsforme en ue substance compaete qui con Dent de l'oxvgène et de l'hydrogène et HunNe réuetion acide. Pont prépa rer oxyde graphitique on forme un mélange intime d'un partie de gra phite purifié et de trois parties de chlorate de potassium que l'on triture uvee de Paeide nitrique en quantité suffisante pour obtenir un pate tuide. On la chauffe au bain marie pehdant trois où quatre jours. puis on lave Le résidu solide, où le sèche à 109 Cet on répète l'opération à 4 où 2 FEPEISES Jusqu'à ce que la translormation soit complète, L'oxvde graphi Maue est tune Substance jaune, stable, cristallisée « \eristaux Hieroseopi ques, qui rougit le tournesol bleu, est Li kerement soluble dans Peau pure et insoluble dans leg acidifiée. Peu de recherehes ont été faites sur les Sels qui en dérivent, L'oxyde garde la forme liminaire du graphite en prenant graduellement une couleur jaune et en devenant légèrement transparent. Le charbon de bois et le diamant ne donnent pas de com posés analogues et Brodie à admis que le graphite était un radical parti ulier qu'il a appelé “graphon’”’,

D'après Berthelot, il ny a que le graphite naturel qui donne nais Sälee à ce composé: Je graphite provenant de la fonte ainsi que celui trouvé dans la météorite de Cranbourne donnent une poudre brune lors qu'on les traite de la même manière* Le diamant n'est pas attaqué par le mélange oxvdant tandis que le charbon de bois s'y transforme en don- Haut Une masse brune soluble dans l'eau. Berthelot à utilisé cette pro priété pour évaluer la quantité de graphite, de charbon ämorphe et de diamant, présents dans un mélange.# La substance réduite eh poudre fine est traitée comme il vient d'être dit; il faut prendre soin de ne pas

préparer plus de cinq grammes du mélange à la fois afin d'éviter les explo * Phil, Trans, 1859, page 249 Coinptes Rendus LXN IT, 187, 259, 334, 999 et 445 t Ann. Chimie et Fhys. XIX, 397.

sions. Pour séparer le diamant du graphite, on chauffe légèrement le ré. sidu et on répète le traitement. On répète li méthode jusqu'à disparition de l'acide graphitique, le diamant reste intact.

D'après Luzi, la formule la plus simple pour oxyde graphitique est CE Oet d'après Berthelot elle est CIO Of,

Stingle, qui a fait une série de recherches sur le graphite ‘amorphe” et sur le graphite ‘‘eristallin "en a tiré les conclusions suivantes: L'oxyde graphitique obtenu par les méthodes de Brodie et de Gottsehalk, en traitant un graphite de Bohéme terreux mais nettoyé, ne présente aneune lamelle ni cristaux plats mais est formé d'une poudre jaune amorphe et très divisée. L'oxyde graphitique obtenu avee le graphite de Ceylan

variété cristalline) présente au microscope des cristaux laminaires. Ni l'oxyde graphitique provenant du graphite de Bohème est décomposé par la chaleur, le produit qui en résulte Coxyde pyrographitique) donne une peinture d'une couleur riche et très liante: il se rapproche sous ce rapport du noir de fumée. L'oxyde pyrographitique provenant du graphite de Ceylan donne une peinture pauvre et peu liante. Stingle se sert de cette propriété pour grouper les graphites en ‘‘amorphe”, lorsque leur oxyde prrographique donne une bonne peinture, et en ‘eristallins"" dans le eas contraire. Berthelot, en 1869, et d'autres chimistes, depuis, ont fait remarquer les différences qui existent entre des oxydes provenant de variétés de graphite différentes: elles dépendent en général de la strueture physique et moléeulaire des graphites employés. Ces expériences ont confirmé les propriétés picturales de loxyde pyrographitique (provenant de la décomposition de Foxyde graphitique par la chaleur) du graphite amorphe de Bohème et du graphite eristallin de Ceylan, telles qu'énoncées plus haut.

De tout ee qui précède, on doit conclure qu'il y a dans la nature plu sieurs espèces de graphite. Staudemeyer qui a surtout étudié le passage du carbone au graphite à haute température déclare qu'étant données les connaissances actuelles que nous avons des propriétés physico-chimiques des graphites, la formation de deux variétés distinetes (un graphite amorphe et un graphite eéristallin) en partant du carbone ans certaines conditions peut à peine être mise en doutes il pense done qu'il existe aussi dans la nature une série de modifications du graphite.

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