‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 81 sur 115 · DÉCLARATION DES ROMAINS · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DES ROMAINS

201 avant J.*C.

M. Æmilius Lépidus, envoyé du sénat , arriva au camp de Philippe , qui se trouvait sous les murs d’ABvdos. Il était chargé de l'entretenirde plusieurs objets importants. Scipion venait de remporter une victoire éclatante sur Hannibal, ce qui avait mis fin à la seconde guerre punique. Il lui notifia que la cour d’Alexandrie voulant prévenir ses entreprises et celles d’Antiochos contre le royaume d’l-'.gypte, avait déféréau sénat la tutelle dc'Ptoléiuée Épiphane, ainsi que la régence de ses états. Æmilius, d’après cet exposé, déclara à Philippe qu’il avait ordre du sénat de l’engager a ne faire la guerre à aucun peuple de la Grèce; à u'envahir rien de ce qui appartenait a Ptolémée, et de soumettre à un arbitrage leji {miels u’il avait contre Attale et les Rlioiens; que s’il se rendait à ces remontrances il vivrait en paix; qu’autrement les Romains lui déclareraient la guerre.

Obgdeil de Philippe. — Le roi voulut prouver que l’origine de tous les troubles venait desRhodiens. A/aU, reprit Æmilius, en l'interrompant :

Les Al/u.niens et les habitants (T Abydos vous ont-ils alla^ué les premiers f Philippe, qui n'était pas accoutumé i s’entendre dire lu vérité, offensé de la hardiesse d’une pareille réponse, dit à l’ambassadeur : Loire

L’UNIVERS

âge, votre beauté, et plus que cela le nom de Romain vous rendent extrêmement fier. Pour ce qui me concerne, Je souhaite que votre république garde fidèlement les traités qu'elle a faits avec moi ; mais si elle m’attaque. j’espère lui montrer que l’empire de Macédoine ne le cède à Rome, ni en courage, ni en réputation.

Æmilius passe en Égïpte. — L’ambassadeur romain se retira avec cette réponse, et arrivé à Alexandrie, il prit possession de latutelledePtolémée Épipnane, conformément aux instructions qu’il avait rt^ues du sénat. Il mit ordre aux affaires publiques, et confia l’éducation du jeune prince à Aristomène d’Acarnanie, qu’il nomma premier ministre du royaume d’Égypte.

EUPrOBB,

soo avant Jésiu>Christ.

Philippe, dédaignant les remontrances du sénat romain, faisait dévaster l’Attique sous le vain prétexte de venger la mort de deux Acarnaniens , punis pour avoir violé le secret des mystères d’Éleusis. Leur condamnation était conforme aux mœurs du temps, mais atroce. Les Athéniens portèrent leurs plaintes au sénat contre une agression qui ne l’était pas moins; les ambassadeurs d’Attale et des Rbodiens se joignirent à eux. Observateur peu religieux des traités , Philippe ne cessait d^ailleurs de molester les alliés. Tout récemment il avait envoyé des troupes et de l’argent à Hannibal, en Afrique; il intriguait dans l’Asie.

Le sénat chargea en conséquence le propréteur, M. Valérius Lévinus, de se rendre avec une flotte sur les côtes de la Macédoine, afin d’étre à portée de secourir les alliés. Le sénat se serait arrêté à ces démonstrations, mais les choses prirent une autre face, lorsqu’on apprit le siège d’Athènes ainsi que les hostilités contre Attale et contre les Rhodiens.

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