‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 82 sur 115 · DÉCLARATION DE GUERRE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE GUERRE

»oo «V. J.*C.

Expédition de CLAtmius Cbnto.

— Le sénat déclara la guerre à Philippe, roi de Macédoine. Le consul, P. Sulpitius, détacha aussitôt une escadre de vingt galères, commandées par Cl. Cento, qui, étant arrivé au Pirée , rendit la confiance aux Athéniens. Non content de repousser le lieutenant de Philippe , qui assiégeait la ville , il se dirigea contre Chalcis, où il n’y avait ni réglé , ni discipline, ’ arce que le gouverneur se croyait loigné de tout danger. Cento, parti avec son escadre, s’empara de la ville qu’il livra au pillage, et revint au Pirée avec un butin considérable.

Ravages de Philippe. — Le roi, qui se trouvait à Démétriade , accourut à Chalcis, dans l’espoir de surprendre les Romains; ils n’y étaient plus, et il ne trouva qu’une ville d^erte à demi incendiée et couverte de ruines. Il voulut rendre la pareille à Athènes, mais un hémérodrome ou coureur vint y donner l'alarme au moment où tout était plongé dans le sommeil.

Philippe trouva les habitants ran(^ en bataille devant la porte Dipylon ; il les attaqua vigoureusement, en toa plusieurs de sa main , et les repoussa dans la place. Il déchargea sa colère sur les monuments situés dans fa campagne; et avant échoué dans ses projets contre Éieusis, il se rendit pat Corinthe à Argos , où les Acbéens tenaient leurs états généraux.

Sa politique mise en défaut. — On y délibérait au sujet de Nabis, qui infestait l’Achaïe par ses excursions , et on lui déclara la guerre. Philippe offrit de s’en charger seul : sa proposition fut reçue avec un applaudissement général. Mais il ajouta une condition : c’était de lui fournir un nombre suffisant de troupes pour gai^ der Orée, Chalcis et Corintte. On comprit qu’il voulait dégarnir le Péloponese de la Jeunesse achéenne , (t entraîner la république dans une guette contre les Romains. Cycliade, qui présidait l’assemblée, éluda laquestam, et Philippe se hâta de retourner en Macédoine. Il venait d’apprendre que -Sulpitius, campé dans l’illyrie ma^ donienne , entre Dyrrachion et Âpol-

GRÈCE

Ionie , s’était emparé de quelqiies places situées dans l’intérieur du pays.

ASSEMBLÉE CÉNÉHALB DES ÉTOUENs/ MO aai araat J.>C«

Philippe, les Romains et les Athéniens envoyèrent des ambassadeurs au Panétolicon. Celui du roi de Ma-

cédoine parla le premier : « il de-

< manda que les Étoliens s’en tins- « sent au traité de paix conclu depuis « trois ans avec leur maître ; il dévoila « la perfidie romaine imi, sous pré-

< texte de secourir ses aJlite, avait as- « servi Syracuse, Tarente, Capoue.

< Capoue! le tombeau des Campaniens, « un cadavre de ville sans sénat, sans « magistrats , et désormais sans peu-

< pie... C’estici,ajouta-t-il,melacrain- « te de Rome vous fit conclure la paix • avec la Macédoine ; les mêmes cauc ses subsistent, et nous espérons que

< vous tiendrez à vos engagements. »

lies ambassadeurs athéniens, du

consentement des Romains, parlèrent les seconds ; ils exposèrent d’une manière tooèhante , « l’acharnement sa-

• crilége de Philippe contre les mo- « uuments les plus sacrés, les temples

• les plus au^stes , et les tombeaux « les plus vénérés , comme s’il eût ■ fait la guerre aux hommes , aux

• mânes des héros et à la majesté des « autels.» Ils terminèrent en conjurant les Étoliens, « d’avoir compassion d’A- « tfaènes, d’entreprendre, sous les aus- « picesdes dieux et des Romains, une « merre aussi juste que nécessaire. »

L’ambassadeur romain, Purpuréo , après avoir longuement réfute l’orateur de Philippe, énuméra d’une manière succincte, mais vive, les actions

cn'iiunelles de son maître , ses parricides, le meurtre de ses amis, ses débauches plus détestées que sa cruauté; pois s’auessant aux Étoliens : « Nous

• avons entrepris la guerre contre « Philippe , et vous avez transigé avec

• lui , sans notre participation. Vous

■ murrez répondre que négligés par

■ Rome , occupée de scs propres af- « faires , vous avez dû souscrire à la

• loi du plus fort. Maintenant , déli-

« vrés de Carthage et d’Hannibal , « nous tournons nos forces contre la « Macédoine. C’est une occasion de « rentrer dans notre alliance, à moins « que vous n’aimiez mieux succomber « avec Philippe, plutôt que de vaincre « avec les Romains. »

Daraocrite , préteur des Étoliens, gagné , dit-on , ipar l’or de Philippe, représenta que l’affaire était trop importante pour être résolue sur-lechamp. li demanda l’ajournement, dans l’idée de se prononcer ultérieurement en faveur de celui qui serait le plus fort.

BATAILLE D'OCTOLOmOS.

Philippe était enonre occupé de ses préparatifs lorsqu’il apprit l’entrée du consul dans la Dasseretie (aujourd’hui Ghéortcha ) : il se mit aussitôt en route. Comme le pays était hérissé de montagnes et couvert de forêts , on avait formé de part et d’autre des détachements pour éclairer la marche des deux armées. Par suite de ces dispositions , il y eut une rencontre dans laquelle il resta sur la place, du côté des Macédoniens , quarante cavaliers, et trente-cinq du côté des Romains.

Le roi , persuadé qu’il devait animer ses soldats en rendant les hon-

neurs funèbres aux morts , les fit apporter dans son camp; mais cette mesure produisit un enet contraire à celui qu^il se proposait. Jusqu’alors les Macédoniens n’avaienteu affaire que contre des ennemis qui n’employaient guère que des flèches et des javelots ; mais quand ils virent les cadavres de leurs compagnons couverts de larges blessures faites par des sabres espagnols , des bras coupés , des épaules abattues, des têtes séparées du corps, ce triste spectacle les saisit de frayeur et leur apprit à quels ennemis ils avaient affaire : le roi lui-même en fut secrè-

tement effrayé.

Ibbbsolution.— Bientôt il eut l’occasion de s’assurer par ses yeux de l’ordre admirable du camp romain ; mais le roi et le consul semblaient

s’attendre , sans oser prendre l’initia-

I/UNIVERS

tive. A la (In, Sulpitlus sortit de ses lignes, et rangea ses troupes en bataille. Pbilippe, qui craignait d’engager une action générale , porta en avant un corps de quinze cents iiommes, moitié infanterie et cavalerie , auquel les Romains en opposèrent un d’égale force , qui obtint l'avantage. I.e consul , après un jour de repos , présenta de nouveau la bataille au roi , qui jugea à propos de la refuser.

Combat. — Comme il était difficile à deux armées aussi rapprochées de se procurer des vivres , le consul s'éloigna de huit milles environ vers un bourg nommé Octolophos ( les huit collines), où il assit son camp. Bientôt ses fourrageurs se répandirent dans les environs par pelotons séparés. Philippe demeura renfermé dans ses lignes , afin que l’ennemi , devenant plus confiant, devint aussi moins précautionné.

Cela ne manqua pas d'arriver. Sortant alors brusquement de son camp, il ordonne d'occuper les passages ; les fourrageurs sont partout massacrés, et c'en était faitdu consul si Philippe, oubliant les règles de la prudence, ne s’était pas acharné à la poursuite des fuyards.

Obligé de se retirer devant les Romains qui s’étaient ralliés , il craignit d’être attaqué ; la nuit suivante il déroba sa marche à l’ennemi, et le consul ne tarda pas à ramener son armée à Apollonie.

Auubsion au tbaitb pboposé pab PuBPUBÉo.— Les Étoliens, qui n’attendaient qu’un moment favorable jK)ur se déclarer , n’hésitèrent plus à se prononcer en faveur des Romains ; Amynauder , roi des Athamanes , suivit leur exemple. Les flottes combinées des Romains et d’Attale rentrèrent au Pirée.

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