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Greffage et variations d'ordre chimique

Diffère du Dissotis multiflora Triana, D. Brazzæi Cogn., espèce répandue en Afrique, par ses feuilles beaucoup plus longues, à 7 et non 5 nervures, ses bractées lancéolées-aiguës et non ovales-oblongues, ses fleurs non sessiles ou subsessiles, les poils du calice tous et non seulement quelques-uns simples, les autres étant étoilés-divariqués au sommet.

Diffère du D. Hensii Cogn., l’espèce la plus voisine, provenant du Congo belge à Bangala, par ses branches plus robustes, ses feuilles entières, le calice à lobes beaucoup plus longs (dans le D. Hensii ils sont de moitié plus courts que le tube), ses lleurs munies de bractées, et nettement pédicellées, etc.

Indûment du calice se rapprochant de celui d’une espèce nouvellement décrite et figurée, d’ailleurs bien différente par l’ensemble de ces caractères, D. Mahoni Hook. f. Bot. Mag. t. 7896, de Uganda, mais dans le D. Mahoni les poils sont plus fortement tuberculeux à la base, et apprimés, non étalés.

Port rappelant celui de YOsbeckia nepalensis Hook., mais outre ses étamines égales, cette espèce diffère de la nôtre par bon nombre de caractères, notamment un indûment calicinal tout différent.

M. Griffon prie M. Prillieux, ancien président de la Société de vouloir bien le remplacer au fauteuil de la présidence et fait la communication suivante :

par M. Éd. GRIFFON.

Au cours des recherches que je poursuis depuis 1905 sur la variation dans le greffage, j’ai surtout envisagé le côte morphologique; et, à part les cas des repousses anomales du bourrelet, je considère l indépendance spécifique du sujet et du greffon, admise jusqu ici par la grande majorité des botanistes

et des praticiens, comme parfaitement établie.

Je suis revenu récemment à nouveau sur la question depuis longtemps étudiée de la transmission de certaine panachuie par la greffe.

Enfin, pendant ces dernières années, je me suis préoccupé également des variations d’ordre chimique. Parmi celles-ci il en est qu’on peut apprécier très facilement par la vue (matières colorantes), d’autres par le goût (amertume, acidité, richesse en sucre, en tanin, bouquet, parfum, etc.). L’étude que j’ai faite sur le greffage des plantes panachées rentre dans le premier cas; les observations nombreuses résultant de la dégustation des raisins et du vin de vignes greffées, des pommes, poires, cerises, etc. rentrent dans le second.

Mais il est bon, pour fixer les idées, de faire accompagner, chaque fois qu’on le peut, toutes les observations par des analyses chimiques précises; d’ailleurs on voit qu'en bien des cas l’aspect extérieur et les propriétés organoleptiques sont impuissants à révéler l’existence et à plus forte raison la proportion de principes chimiques chez les végétaux.

J ai montré récemment, après d’autres auteurs, que, si certaines panachures se transmettent avec la greffe, d’autres types de coloration sont sans effet sur la plante associée ’.

D’un autre côté, les praticiens ont toujours admis que le greffage sur des sujets différents peut modifier le goût des fruits, roais pas au point de changer les variétés. De nombreux

exemples ont été cités.

Lu des auteurs les plus compétents sur la question du greffage il y a un siècle, Thouin, écrit dans son importante « Monographie des greffes », publiée en 1821, que le Prunier de Heine-Claude greffé indistinctement sur plusieurs variétés de sauvageon de son espèce produit des fruits insipides sur les nns, délicieux sur les autres, que les Cerisiers greffés sur le Mahaleb, sur le Laurier-Cerise ou sur le Merisier des bois donnent des fruits dont les saveurs sont très différentes.

Mais cela prouve-t-il qu’il y ait influence spécifique « sensu stricto », hybridation asexuelle? Pas le moins du monde. Dans an fruit la teneur en sucre, en acides, en pectine, etc. peut varier et cela suffit pour produire des changements très appré-

I . E. Griffon), Coloration etpanachure des feuilles; leur transmission par le '.Peffaije. (Annales de lÉcole nationale d Agriculture de Grignon., 1.1,1010. )

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