‹ Greffes vasculaires et transplantation du reinChapitre 23 sur 32 · EXPÉRIENCE XV · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE XV

Chien de petite taille.

18 mars 1911, laparotomie transversale gauche, au-dessous de l’ombilic. Dénudation pénible de l’aorte au-dessus de sà trifurcation. Ligature de deux collatérales. Section transversale de l’aorte. Implantation entre les deux extrémités artérielles d’un segment de veine poplitée prélevée la veille au cours d’une amputation de la cuisse pour tumeur blanche du genou chez un homme de 26 ans et conservée pendant vingt-quatre heures, à 0°, dans un tube de sérum artificiel. Les sutures sont faites assez facilement. L’interruption circulatoire a duré une heure. L’hémostase supprimée, il se produit une hémorragie qui nécessite deux points supplémentaires. Une collatérale postérieure de l’aorte située au-dessus de la suture supérieure saigne assez abondamment. L’hémostase définitive est obtenue par compression au bout de quelques instants. Les battements sont très

Te

bien sentis au-dessous de la greffe et à la fémorale. Suture du péritoine pariétal postérieur au-devant de la greffe. Fermeture de la paroi à trois plans.

Le soir, l'animal est couché, paraît en bon état. Le pouls fémoral est perceptible. |

20 mars. — Le chien a arraché les fils et complètement désuni la suture de la laparotomie. Le plan musculo-aponévrotique a cédé. Toutefois, l’on n’apperçoit dans la plaie, très profonde, ni frange épiploïque, ni anse intestinale.

91 mars. — La plaie a un peu meilleur aspect. Le chien va bien, marche très facilement. Le pouls fémoral est toujours très nettement perçu.

28 mars. — La plaie se cicatrise rapidement. Pulsation très nette à la fémorale.

7 avril. — Vérification sous anasthésie par laparotomie médiane. Bonne cireulation dans l’aorte, mais anévrysme diffus, gros comme une noix, appendu au milieu de la face antérieure du greffon. La pièce est prélevée et l’animal sacrifié. L’artère, ouverte sur sa face postérieure (v. planche V, fig. 7), montre en haut une ligne de suture bien caractérisée et une zone en bon état de 1 centimètre environ; au-dessous, l’endoveine du greffon est couverte de petits caillots lamelleux pariétaux ; la paroi paraît mince, elle est rompue en un point gros comme une tête d’épingle de verre. En bas, la ligne de suture est moins nette et la zone en bon état, beaucoup moins développée.

Examen histologique (Dubreuil (v. planche IX, fig. 12). — Nous nous trouvons en présence de deux portions d’aorte saines, situées tout à fait aux deux extrémités de la coupe. Elles sont cosntituées par une endartère assez épaisse qui s’épaissit encore davantage lorsqu'on arrive aux extrémités des tronçons aortiques; une tunique moyenne, normalement épaisse, composée de lames élastiques, de fibres musculaires lisses annulaires et d’un peu de tissu conjonctif ; l’adventice est presque normale (faisceaux conjonctifs longitudinaux), mais infiltrée cependant dans la partie ex-

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Greffe vasculaire. Veine poplitée humaine conservée vingl-quatre heures au frigorifique greffée sur aorte de chien. Mortification de la greffe. Anévrysme diffus.

Ao., aorte de chien avec end., endartère:; {. moy., tunique moyenne musculo-élastique; adv., adventice. V. popl. h., veine poplitée humaine dont il ne subsiste que le squelette élastique. End, prol., endartère proliféré, recouvrant d'un côté le greffon, s’enfoncant de l'autre côté dans le caillot anévrysmale en l’organisant. C., caillot extra-vasculaire; c., caillots intra-vasculaires. P. anév., point où s’est produit lhémorragie par disjonction de l'aorte et du greffon.

Préparalion. — Coupes à la celloïdine. Fixation par le mélange de Lenhossek. Coloration par l'hémalun et le rouge d’acridine ferrique (éléments élastiques). Projection avec l'appareil de Edinger. Obj.microplanar Zeiss 50 "/", distance 0 m. 60. Grossissement 13 fois 1/2.

Micropholographie avec l'appareil de Zeiss. Objectif microplanar Zeiss, 15 "/*, Grossissement 13 fois 1/2 environ.

PLAncue IX

Mic

Cliché du service photographique de l'Université. Lyon.

Or

terne de nombreuses cellules connectives jeunes, quelques vaisseaux sanguins, quelques traces d’hémorragie, coagula fibrineux.

La partie située entre les deux tronçons d’aorte fait une notable saillie dans le vaisseau. Elle est recouverte par endroits de petits caillots sanguins adhérents. A l'extérieur de cette région, on trouve un énorme caillot qui représente l’anévrysme, formé de lobes ou de couches successives sans organisation; c’est un anévrysme diffus. La greffe est, sur une de ses extrémités, en continuité avec l’aorte par un tissu dégénéré, en mauvais état, mais qui n’a pas cédé à la pression du sang. On retrouve en cet endroit les fils de suture enfouis dans du tissu dégénéré. L’endartère, qui s’est notablement épaissie avant d’arriver à l'extrémité du tronçon aortique, se prolonge en un couche épaisse sous forme de tissu conjonctif embryonnaire sur l'extrémité de la veine poplitée (greffon), passant au-dessus des fils de suture, et sur une longueur de 1 millimètre environ. A l’autre extrémité du greffon, 1l y a disjonction entre ce dernier et l’aorte portegreffe, sur une longueur de 3 ou 4 millimètres. C’est l’endroit d’où est partie l’extravasation sanguine. De ce même côté, l’endartère aortique épaissie se prolonge dans le caïllot sanguin en s’épanouissant et en perdant peu à peu, au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l’aorte, les caractères d’organisation véritable qu’il possédait à cet endroit. Les derniers pinceaux de cette endartère, qui se répand en éventail dans le caillot, se terminent au milieu des masses hémorragiques qu’ils pénètrent. Il se fait en cet endroit une résorption et une organisation du caillot. Ces phénomènes sont encore à leur début et ne s'étendent pas au delà de 1 à 2 millimètres du bout de l'artère. La tunique moyenne, au point où elle est étranglée par les fils de suture, est complètement dégénérée.

La veine poplitée, qui constitue la greffe, est à peu près complètement dégénérée. Seule, sont restées visibles, avec leur structure à demi conservée, les lames et les fibres élas-

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tiques de cette veine. Encore, sont-elles, par endroits, morclées et certainement en voie de résorption. Les différentes tuniques ne sont pas reconnaissables.Les noyaux des cellules qui entraient dans leur constitution n'existent même plus. On ne rencontre même pas de traces de leurs débris pyenotiques. Les seules cellules que l’on rencontre tout le long et surtout dans les couches les plus externes du greffon, sont des poly et des mononucléaires, qui infiltrent aussi bien cette couche que les couches les plus superficielles du caillot, sur une très faible épaisseur. On est en présence d’un processus de nécrose manifeste.

En résumé, deux tronçons d’artère réunis par un tronçon de veine complètement dégénéré. En un point visible sur la préparation, la veine a cédé à la pression sanguine, d’où hémorragie et anévrysme. Louable effort de l’endartère aortique, d’un côté pour recouvrir la paroi veineuse dégénérée, mais encore en contact avec le porte-greffe ; de l’autre, essai d'organisation du caillot par l’endartère aortique et d’obturation du pertuis entre l’aorte et la veine poplitée disjointes. L’endothélium n’existant plus sur le greffon, il s’est fait sur sa face interne de petits caillots n’obstruant pas complètement la lumière. Donc, mort du greffon et difficultés de réparation par l'adventice ou l’endartère, en raison de la présence de l’anévrysme.

- Ilest difficile de faire dans ces allérations structurales la part qui revient à la conservation du greffon au froid pendant vingt-quatre heures; car il s'agit en l'espèce d’une greffe hétéroplastique. Or, nous savons que dans cette calégorie de grefles, le transplant subit des modifications profondes. Cependant, il continue à vivre et, ici, nous nous {rouvons en présence d'un fragment vasculaire mort. I semble bien résulter des expériences XIIT et XV qu'en lransplantant un fragment vasculaire conservé au frigorifique, on greffe non plus un vaisseau vivant, mais en quel-

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