‹ Gregoire vaudeville en un acteChapitre 9 sur 21 · GRÉGOIRE, PING R ET · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE, PING R ET

GRÉGOIRE, à part. Il y a !à -dessous quelque gentillesse de la Verjus... teuons nous bien, (J/nuf.) Je suis à vous, mon cher monsieur Pingret... mettons-nous là. {Il s'attable.)

PINGRET. Pourquoi Caire?

GRÉGOIRE. Pour boire; je parle toujours d’affaires le verre en main ; il n'y a que le vin pour tout accorder.

Aut : Et eo*h» co«nn font » arrange.

S’agit-il do venu ou d'achat*,

Ort en buvant que tout t’arrange; t.uint-Ofl d'avoir de long* débat»,

C’evt en buvant que tout s'arrange.

A table ou t'entend toujours airur.

Ou», x’wt en buvant que tout «‘arrange.

rntenar.

Je ne bot» pi».

caiaata t.

J' boirai pour deui.

Afin de vona prouver, mon vieux,

Qu* c'eut en buvant que tout «‘arrange,

CVii en buvant que tout s'arrange.

(If tf rerre tl tcft.J

pingret, allant s'asseoir, d part. Ad fait, j’en aurai meilleur marché s'il se grise. {Haut.) Nous r aimons donc bien cette chère bouteille?

Grégoire. Je l’adore comme un bienfait de la création. J/f bJt.) pingret. Et Nanon, tu l’aimes aussi?

Grégoire. Comme une créature bien faite; Nanon et la bouteille, voilà mes amours.

pingret. S’il fallait choisir entre ces deux objets de ta tendresse ?

GRÉGOIRE. Je les choisirais toutes lesdeux.

pingret. Ecoute-moi, Grégoire, je viens de la part de ma cousine, madame Verjus, estimable et opulente caharetière, dont tu as graventenl compromis la vertu ; sa vertu est très-malade.

Grégoire. Alors, à sa santé. {Il boit.) pingret. Tout le village sait que tu as passé la nuit ici, dans cette alcôve... il faut donc que tu épouses rpa cousine Verjus !

GRÉGOIRE. Hein?.., No dites pas de ces choses-là, ça peut faire tourner le vin à l'aigre.

pingret. Si tn refuses, elle réclame le prix des vignes qu'elle t'a vendues, et tu lui rendras aujourd'hui même les trots mille livres que tu lui doik.

Grégoire. Ça n'est (tas facile.

Pingret. Alors tu lui rendras l'honneur.

GRÉGOIRE. Ça tue paraît plus difficile.

pingret. Voyons, Grégoire, entends-tu la voix de la raison ?

Grégoire. J entend» la voix de Nanon qui me dit : Peux- tu balancer entre moi et la Verjus?

pingret. Et balanccras-tu entre la Yerju* et la prisou?

Grégoire. La prison ?

pingret. Parfaitement! La prison, où tu seras réduit au pain et à l'eau.

GRÉGOIRE. A l'eau î !

pingret. Tandis qu’en épousant ma cousine, non seulement tu gardes les vignes, mais encore lu deviens le maître de ce cabaret, le plus beau du pays.

Grégoire. Tak-loi, tentateur I. .. j’entends Nanon qui me dit : Peux-tu vivre sans aimer?

pingret. El moi, je le dis : Peux-tu vivre wns boire ?

GRÉGOIRE. Tais- toi, Satan, lais-loi 1 [Eu ce momrnf, Aanon rient écouter « la porte tant tire vue. )

nanon. Que se passe-t-il donc ?

PINGRET. D'un côté, Nanon et la miséie ; Nanon et des tonneaux vides... de l'autre, h Verjus et de» futailles pleines.

nanon. Hein?

Grégoire , accablé. Nanon et des tonneaux vides !... moi, Grégoire, condamné i l'eau forcée à perpétuité ! ( Regardant sou rerre qu'a rempli Pingret. ) Comment! je boirais- là mon dernier verre de vin!... El toi, chère bouteille!... adorable amiel... d faudrait te dire adieu !. .. renoncer à t'îsduui épanchements! {H boit d même le goulot, t

A h 4 je sens rouler mes pleurs!... Et loi, chère bon teille, il me semble que tu pleures aussi... Verse les larmes sur mon Coeur!..

( U toit. )

Pi a. nos. Comment !... il hésite !

pingret, à part. Ça va bien 3

nlMu,

Air d t Lamun.

Dr U bouteille ou 4; l'amour 0“*l **t le koaknr prifinblct Ah I j» les chdri* tour A tour D'une tendr««*e ine*mp»rabte.

Mais C'tpidon, quoique charmant,

Peut-U valoir fUccbu* mon maître ?

On prutAtre bcnrcui en aimant,

Kn buvant on ait tûr i te l'Ida. ^ %

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