‹ Grégoire VII, Saint François d'Assise, Saint Thomas d'AquinChapitre 6 sur 6 · sa · texte numérisé non relu

sa

, Amor, tu sei cerchio rotundo Amour! Amour tu es le cercle qui

itto e r core, che tencia sem- environne le cœur, et plus on t*a

pre t*ama. approché , plus on t'aime. Tu es la

I sei strame et trama pervesti- litière sur laquelle on se couche,

dolce che sempre crida : [re la trame avec laquelle on se vêtit :

3r\ Amor', Amor! aussi as-tu tant de douceur que Ton

o tu mi fai, Amor, noP posso s'écrie toujours : Amour! Amour !

[fare : Amour!

, Amor, tanto amo di ti

', Amore, ben credo morir. Ce que tu me donnes, je ne puis

tanto preso m' hai, te le rendre! Amour, je t'aime tant!

, Amor, fammi in te transire. Ah! j'espère mourir en toi. Toi qui

dolce, languire, t'es emparé de moi, fais-moi passer

mio desioso, en toi! Douce langueur, désir ar-

s\ dilettoso, dent, mort délicieuse , 6 amour,

. mi in amor' ! noie-moi en toi !

, Amor, lo cor mio se spezzo ; Mon cœur a reçu une telle blessu-

, Amor, tal sente ferita : re, qu'il se sent fendu . Amour Jésus,

Jesù, tramme a la tua bel- entratne-moi dans ta beauté; tu m'as

[lezza ; ravi, ne me rejette pas; que mon âme

, Amor, per te sono rapita ; soit unie à toi, car tu es sa vie! Tu la

, Amor viva, non me des- faistant languir qu'elle ne peut pi us

[preggia ; supporter l'idée d'être séparée de toi. , Amor, r anima teco unita,

3d8 POÉSIfiS DE SAINT FRANÇOIS D'A3SISE.

AuQor, tu sei sua vita.

Jam non se p6 partire, Percbè le fai languire, Tanto struggendo Amor.

Amor, Amor, de Jesù de^ideroso Jésus ! ô Amoyr Jésus ! si déâ-

Amor, voglio morire, rable, je veux mourir en fembras-

Te abbrazzando. sant. Doux Amour Jésus, si bon,

Amor, dolze Jesù si pietoso, puiscpie tu m*as transformé en toi,

Corne me tu bai in te transfor- pense que je vais toujours en m*é-

[mato , vanouissant. Jésus , 6 mon espé-

Pensa, che eo v6 spasemando. rance ! je ne sais plus où je suis, et

Non s6 6 io me sia, désormais, va, dors au sein de Ta-

Jesù speranza mia, mour.

Ormai, va, dormi in amore.

ORATIORBLAQCALBDlCBVAOGIflZORNO ORÂISOR QUE SAUT FRANÇOIS DISAR

SAlfCTO FRANCISCO. GOÀQDS JOUR.

altissimo omnipotente glorioxo Dieu très-haul, tout-puissant et

[Idio. glorieux, éclaire les ténèbres de

Illumina le ténèbre del core mio. mon cœur; que ta grande bonté me

Doname te prego per tua gran bon- donne , je t*en prie , une foi droite,

[tade une espérance certaine avec une

Fede drita, speranza certa, con per- charité parfoite; et fois que mon en.

[fecta charitade. tendement soit complet afin que je

E lame de mi havere perfecto co- puisse toujours observer ton saint

[gnoscimento. commandement.

Aci6 che sempre observa el tuo [sancto commandamento.

Avant de donner les raisons qui m'ont décidé à citer les poésies de saint François d'Assise , comme expression des sentiments intérieurs de cet homme, je dois donner quelques renseignements sur Tauthenticité des quatre pièces précédentes qui lui sont attribuées.

D'abord, il faut faire observer que saint Bonaventore qui a écrit la vie de son maître saint François, ne dit rien

sur son talent poétique, et ne fait mention d'aucune pièce de poésie, de sa composition; que Dante, dont l'admiration pour l'instituteur des Ordres Mineurs, fut si grande; et qui d'ailleurs a fait mention dans son traité de vulgari eloquio, dans sàvie nouvelle et dans la divine conhédie, de tous les poètes antérieurs h lui , qui ont fait des y^rs italiens , ne place pas saint François parmi eux. Ainsi on peut tenir pour certain qu'au commencement du quatorzième siècle, cent ans après la mort de saint François, on ne parlait ni de ses v^rs, ni de son talent poétique. On savait seulement, par quelques-uns de ses contemporains, qu'il avait du goût pour chanter des louanges spirituelles, mais sans qu'il soit dit expressément qu'il en ait composé. Ce n'est qu'au quinzième siècle, que frère Mariano,de Florence, avança que saint François avait écnl des cantiques et des louanges^ en langue vulgaire , pour les religieuses de Sainte-Glaire> mais sans désigner ni citer aucune pièce de ce genre.

En 1 5 1 0, on imprima à Bologne, les conformités de frère Bartolomeo, de Pise, où se trouve cité le cantique du soleil. Mais dans cette pièce, si l'on y retrouve en effet les sentiments et les idées de saint François, c'est en vain que l'on y chercherait ses expressions et son texte, car le cantique du soleil, tel que nous l'avons, a été écrit par un certain Orazio Diola, de Bologne, qui le traduisit avec les chroniques où il se trouve; lesquelles chroniques avaient déjà été traduites en portugais par monseigneur Marco, sur la version, en castillan, du père Diego Navarrès. D'où il résulte que les idées et les sentiments exprimés dans le cantique du soleil, sont de saint François , mais que nous n'avons pas son texte.

Cherchons maintenant quand et comment les deux autres cantiques, en forme de ballades, in foco l'amor mi mise, et amor de caritate, ont été connus.

Eu 1 63 1 , Luc de Wadmg, oordelier irlandais, donna les annales de l'ordre des FF. Mineurs, ^vôsIa bibliothèque des écrivains de sa religion j dans laquelle il inséra les deux cantiqpies de saint François, qu'il dit avoir retrouvés dans un sermon de saint Bernardin de Sienne, mort en 1 444. Dans son enthousiasme, Wading proclama aussitôt saint François l'un des plus anciens poètes de la langue italienne; et sans que qui que ce soit ait eu l'idée de s'assurer du fait par des recherches critiques, saint François passa pour un des prédécesseurs de Dante, et dans toute l'Europe on tint les poésies qui lui avaient été attribuées par Wading, pour authentiques. De 1631 à 1660, on publia plusieurs fois les deux cantiques , dans les œuvres et les opuscules de saint François; et un siècle après, Quadrio, Tiraboschi et Crescimbeni, trois autorités littéraires imposantes, confirmèrent l'opinion émise par Wading, et génâralement reçue dans le monde savant. Ginguené l'adopta paiement il y a quarante ans; et enfin, en 1841, H. £. Ghavin de Malan, qui a donné le texte des trois cantiques, à la suite de son histoire de saint François d'Assise, n'a exprimé aucun doute sur l'authenticité de ces poésies.

Les éditions des œuvres et des opuscules de saint François où ses poésies se trouvent, sont fort incorrectes; en outre on y a rajeuni l'orthographe, ce qui jure avec l'ancienneté du langage, et rendrintelligence d'un texte, natarellement obscur, souvent très-difBcile. Toutefois, après une lecture attentive de ces trois pièces, je fus frappé de la différence extrême du style de chacune d'elles.

IjC cantique du soleil est en prose très-ordinaire , souvent incorrecte et à laquelle on ne ferait certes aucune attention, si l'on ne savait pas qu'elle exprime des idées de saint François, et si ces idées ne frappaient point par leur étrangeté même.

Le second cantique : « In foco l'Amor mi mise, » est ^1 vers rimes, avec on refrain; et le dernier vers de chaque couplet se trouve répété, quant au sens au moins, dans le premier vers du couplet suivant. Cette pièce enfin est composée avec art, et sauf l'ancienneté du langage, le style en est assez pur et ne manque pas d'unité.

Mais le troisième cantique : « Amor di carite^e, » dont la forme régulière des strophes se rapproche de cdle employée dans les ballades , ne parait pas avoir été écrit par celui qui a composé le morceau précédent.

NouHseulement les phrases de ce second cantique manquent souvent de correction ; mais on y teneoirtre des mots tels que, Ztre, pour Giacere , Znscuna pour Ciascuna, Donca pour Dunque, Snm pour Sono, /am pour Già, dont il n'y a pas traces dans la pièce : In foco l'Amor mi mise. D'après les mots que je viens de citer et quelques autres encore, où le Z est employé à la place du G, l'auteur de ce cantique semblerait pencher vers le dialecte vénitien. Hais ce qui distingue surtout cette pièce de l'autre, c'est la verve un peu désordonnée avec laquelle elle est écrite, comparée à la r^ularité et à la coquetterie même qui régnent dans le second cantique. Je n'insiste pas sur ces différences, parce qu'elles sont frappantes même à la première lecture, et que d'ailleurs on peut s'en assurer en relisant les textes.

J'avoue que cette disparate dans le style dès trois cantiques me préoccupa beaucoup, lorsque je pris connaissance de ces poésies. De ce moment j'eus le désir de savoir comment eUes nous sont parvenues, et s'il en existait des manuscrits. Je fis à ce sujet des recherches à la bibliothèque royale, mais elles furent vaines. Je dois dire, qu'en cette occasion , l'idée d'avoir des poésies composées par saint François, de lire des vers faits par lui, et où il avait I. 26

fixé les élans de son àme, a\ait un tel charme pour moi, que me reprochant cette fureur de curiosité critique, je m'arrêtai tout à coup, en me disant qu'il était ridicule à moi de remettre en question ce qui avait été décidé, et reconnu pour vrai, par saint Bernardin, Wading, Quadrio, Tiraboschi, Grescimbeni, Ginguené, et en dernier lieu par H. Ghavin de Malan.

Mais le hasard ne tarda pas à faire tomber entre mes mains un livre qui me replongea dans mes doutes. — J'eus tout à coup connaissance d'une dissertation du père Treneo Affo, Frère Mineur Observant^ sur les cantiques en langue vulgaire de saint François (1) qui me fit reconnaître que l'authenticité du texte de ces poésies n'était pas aussi solidement prouvée qu'on le croit communément. Voici les détails que le père Affô donne ( page 69) sur ce qui a décidé Wading à dire que les deux cantiques cités par Bernardin de Sienne , dans ses sermons , sont de saint François d'Assise.

« On sait, dit le père Affô, avec quel zèle saint Bernar- « din parlait, pour amener les pécheurs à faire pénitence ; « et que dans l'ardeur de sa charité, il avait coutume, « pour éveiller l'attention de ses auditeurs, de citer des « morceaux de poésie vulgaire, usage fort commun d'ail- « leurs, en ce siècle. Saint Bernardin, ainsi que d'autres « prédicateurs, récitaient donc souvent des passages de » Dante, de Gecco d'Ascoli, de Petrarca et de Jacopone « de Todi.

« Dans la première édition des œuvres de saint Bernar- ^ din, donnée à Venise, par les Giunti, en 1591, on

(i) De' cantici volgari di san Francesco d'Assisi , DisserlazioDC del Padre Ireneo Affù , Minor Osservante , lettor giubilato , e regio professore di filosofia nelle scuole di GuastaUa. 1777.

« trouve dans la seconde partie du quatrième tome, les *« sermons dits extraordinaires, dont le quatrième est in- « titulé : du Pillage du paradis , de Saccomando para- <« disi, dans lequel le saint prédicateur décrit le combat « mystique de saint François pour mettre le paradis à « sac, et comment pendant le combat, le saint guerrier « fut blessé de cinq plaies. Puis saint Bernardin ajoute : " Après, saint François raconte ce combat comme il suit : « Et sanctus Franciscm post hœc narrât istud prœlium, <" ut infra sequittMT* »

« Dans un beau manuscrit de notre bibliothèque de » Beggio, dit encore le père Affô, on lit ce même sermon, « mais avec cette variante remarquable, au sujet du com- « bat soutenu par saint François : « Au retour de ce combat, le bienheureux François blessé aux mains, aux pieds et au côté, étant descendu sur la sainte montagne de l' Alvernia, ses Frères, le voyant ainsi meurtri, lui demandèrent : » Quelles sont donc ces plaies que vous avez au mi- «c lieu des mains? Ce à quoi il répondit : « J'ai été blessé au milieu de ceux qui m'aimaient. (Zach. cap. 18.) Hais afin que vous soyez mieux informés de la vérité de ce feât, ô mes Fils, je vous le raconterai en langue vulgaire. » « Puis suit en entier le cantique italien : In foco VAmor « mi mise, comme dans l'édition précédente. »

« Voilà cependant, dit toujours le père Affo, le passage » du sermon de saint Bernardin, qui a fait prétendre à » Wading, que le cantique/n foco, est expressément attri- « hué à saint François, expresse Francisco tribuitur. »

<( Parmi ces mêmes sermons extraordinaires, continue c le père Affô, le dix-septième est consacré à la louange ce de saint François, et le prédicateur en énumérant les (c causes de l'inextinguible charité du saint, dit : « La « troisième cause est que sa charité était transforma-

tive ; car je crois que le Christ donnait à saint François de grands désirs, un amour très-ardent; il lançait contre lui des balistes qui le frappaient d'amour, qui divisaient son cœur par la doueeur des flèches pleines d'amour. Et alors le saint se sentant frappé au cœur par le Christ, commença à s'écrier :

Amor di charitade, etc., etc.

« Puis suit la chanson citée en entier. Vmlà donc, s'é- « crie alors le père Affô, les seules raisons qu'a trouvées « Wading, pour avancer que saint Bernardin a attribué « ces deux cantiques à notre père séraphlque ! ^

« Mais , ajoute un peu plus loin le moine critique « (page 81), si Wacting, usant de plus de circonspection « et de prudence , eût lu un autre sermon que saint Ber- « nardin récita dans le Carême suivant, il aurait retrouvé « ce même cantique Amor di eharitade, non plus récité « par saint François, mais mis cette fois dans la bouche « de Jésus-Chrsit agonisant : « Jésus-Christ, dît saint Bernardin, éprouva un si rude assaut dans son comr, qae tons les pores de son corps s'ouvrirent et qull en sortit un sang pâle. Tout tremblant et sans force, Jésus s'éma alors:

Amor di eharitade , etc.

«1 Toute la chanson est citée comme de la prose, et après « les derniers mots, le prédicateur ajoute : Cette prière « finie, le Christ vint vers ses disciples et leur dit : « L'heure est venue de me préparer au combat des fouets. »

De tout ce qui précède , le père Aflo conclut, comme on doit s'y attendre , que les deux cantiques attribués à saint François, par Wading, ne sont pas de lui; et cette question étant résolue, il en pose une autre : celle de

savoir : de quel auteur sont ces deux pièces de poésie. Dans sa dissertation dont je ne rapporte ici que les traits les plua importants, le mtique iait cd)server que dans les divers sarmons de saint Bernardin de Sienne, on rencontre de fréquentes citations des poésies spirituelles de Jacopone de Todi ( mort en 1306) et que dans quelques recueils des (Buvres de ee poète mystique, la chanson on le cantique Amor di earittide ainsi que celui d^In foco VAmor mi mise, se trouTcnt compris ; ce qui l'entraîne à cpoire et même à a£Brmer, que ces deux pièces sont de Jacopcme de Todi 9 ccmtempcMrain de Dante.

Quant à VOraiion que j'ai ajoutée aux poésies attribuées à saint François, je l'ai trouvée dans la dissertation (page 62) du père Affè qui l'a copiée, dit-il, dans unere^ lation très-ancienne, de la vie de sainte Claire, imprimée à Milan en 1492. Toutefois, en paraissant reconnaître l'authenticité de cette oraison, le père Affô insiste pour faire ob&erfet que malgré les rimes , em ne peut considérer ces lignes comme de la poésie.

De l'ensemble de cet examen critique, il faudrait ooiidnre :

l"" Que le sens et les idées du Cantique du Soleil appartiennent à saint François ; mais que le texte italien que nous ayons , ne nous est parvenu qu'à travers trois ^aduetions;

2^ Qu'il est douteux que la composition des deux autres cantiques /n foco, etc., et Amor di charitade^ etc., appartienne réellement à saint François; que saint Bernardin ayant mis, en particulier, ledemier de ces cantiques tour à tour dans la bouche de saint François et dans celle de Jésus-Christ, l'idée de l'attribuer au saint homme d'Assise, comme l'a faifc Wading , tombe sans consistance, et qu'il est vraisemblable que cette chanson ou ce cantique , fort

goûté alors, était un lieu commun récréatif dont saint Bernardin faisait usage pour plaire à son auditoire. Qu'enfin , dans le quinzième siècle , les poésies spirituelles de frère Jacopone de Todi, étant très-goûtées, saintBemardin ayait pris dans le recueil de ce poète, les deux pièces qu'il fait réciter successivement à saint François et à Jésus- Christ, comme il aurait pu les mettre dans la bouche d'autres personnages encore, s'il eût jugé à propos de le faire, pour réveiller l'attention de l'auditoire devant lequel il prêchait. Que , d'aiUeurs, le texte de ces cantiques ne porte point le caractère qui distingue celui des poésie^ italiennes , antérieures à l'an 1 226 , époque de la mort de saint François ; qu'en conséquence, si l'on admettait même que le dessein et les pensées de ces compositions soient de ce grand personnage, le texte n'est certainement pas de lui ; que Wading , après s'être fait une illusion grossière, l'a transmise à toute l'Europe chrétienne, et qu'enfin c'est avec une légèreté impardonnable que Quadrio, Tiraboschi et Grescimbeni l'ont consacrée dans leurs ouvrages de critique littéraire ;

3** Quant à Voraison, le morceau que l'on peut attribuer, avec le plus de certitude , à saint François , il est si court et si peu important quant au sens ; et le texte en a sans doute été si souvent altéré depuis 1 224 , où il a pu être composé , jusqu'à 1 492 , qu'il a été imprimé , qu'il ne peut être compris parmi les premiers monument» écrits de la langue italienne.

n ne me reste plus qu'à faire valoir les raisons qui m'ont engagé à citer comme documents historiques deux des cantiques attribués à saint.François , dans le récit que j'ai fait de la vie de cet homme (pages 258 et 339 de ce volume).

Quant au cantique dit du Soleil, il est évident que les idées et les figures qui s'y trouvent, appartiennent à saint

François > et qfxe cette pièce est an moins une tradition fidèle des locutions frère Soleil, sœur Lune, mère Terre y qu'employait l'instituteur des Ordres Mineurs, comme l'affirment tous ceux de ses contemporains qui ont écrit sur lui ; par conséquent , je suis dans mon droit.

Quoiqu'au fond , j'aie sur le troisième cantique : Amor di charitade, etc. , la même opinion que sur celui du Soleil, c'est-à-dire que je le regarde , quant au sens général et aux idées > comme une tradition de ce qu'a dû penser et dire saint François d'Assise , j'avoue que la critique vigoureuse du père Affô, peut me faire condamner.

Cependant, si l'on considère que les deux cantiques In foco, etc. , et-4mor di charitade, etc. , font partie de recueils de poésies mystiques de la fin du treizième siècle , puisqu'on y trouve celles de Jacopone de Todi, mort en 1306, il n'est pas déraisonnable de penser que ces combats pieux, que ces dusls avec Jèsus-Christ, que ce piUage , ce sac mystique du paradis, que ces batistes lançant des pierres et des javelots portant l'amour dans le cœur du combattant par les blessures qu'il reçoit , décrits dans ces cantiques ; on peut croire, dis-je, que ces figures de l'amour divin, sont des traditions, des reproductions même de celles qu'avait einployées saint François un siècle avant. Il y a des locutions comme celle de la Folie de la Croix, en usage encore aujourd'hui, qui nous viennent directement et sans altération du saint homme d'Assise.

J'ai donc pensé que la citation de quelques passages du troisième cantique : Àmor di charitade, pourrait faire comprendre plus facilement l'état de l'àme de François d'Assise, lorsque, embrasé de l'amour divin et errant dans les forêts pour exprimer les sentiments que Dieu faisait naître en lui , il se livrait à sa sainte folie, s'en glorifiait, et pré-

tendait même que leChrist Payait xNurtagée même, pendant ^n séjour sur la terre.

D'ailleurs , en admettant même l'opinion du père Affo, sur l'erreur de Wading, comme il y a aujourd'hui deux cent douze ans que cette erreur dure, «elle a pris la force d'une tradition que je n'ai pu me résoudre à anéantir tout à coup , parce qu'elle m'est douce et agréable conmie à beaucoup d'autres.

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