Le Journal de Paris, n° du i0' août
2. De l’imprimerie des Frères Fleschelles et O”, rue Poupée, 6, s. d. ( Bibliothèque historique de la Ville, n" 12.02g : Pièces sur la Révolution, journées fameuses, t. VI, r.° 9).
3. De l’imprimerie de l’Ami de la Patrie, rue Nicaisse, n» 35o, in-12, s. 1, n. d. 8 p. (Bibl. hist. Ville, n" 58o4il).
4. Vaugirard, par M. Lucien Lambeau, p. 3qi et Additions, p. 5 1 8.
fut le centre, en 1791, et auquel étaient mêlés plusieurs personnages de la Municipalité de Vaugirard.
Le citoyen Thévenot, chef des ateliers de Charité de Vaugirard, situés rue de la Procession, dans cette localité, paraît avoir été l’agent de cette conspiration, pour le compte du club monarchique et de MM. de Condé et de Lambesc.
Thévenot avait comme piqueur dans son atelier, le nommé Rutteau, ci-devant premier-lieutenant au régiment de Namur, homme intelligent et hardi, qu’il essaya de faire entrer dans son entreprise.
Mais Rutteau était patriote, et s’il accepta ce ne fut que pour mieux faire échouer la tentative.
Voici donc Thévenot et Rutteau, en compagnie d’une dame de Lacombe, ou plus simplement Lacombe, réunis à plusieurs reprises dans une salle discrète du Soleil d'or , tenu par le sieur Boucherat et sa femme, situé rue de Vaugirard, justement vis-à-vis de la rue de la Procession, et causant de la conspiration :
Dix fermiers généraux doivent fournir les fonds pour acheter la complicité d’un grand nombre d’indigents employés dans les ateliers de charité: le Roi sera reconnu comme chef suprême de l’armée, tous les Députés patriotes mis à mort et le club des Jacobins exterminé.
Les gardes nationaux qui ne suivront pas le mouvement seront passés au fil de l’épée; la maison du Roi devra être remise sur son ancien pied, et les Parlements rappelés. Le complot devait éclater le 28 mars 1791 à cinq heures du soir, rue des Petites-Ecuries du Roi, à l’emplacement de la loge « L’Amitié », faubourg Saint-Denis.
En possession du secret, Rutteau, le i5 mars 1791, va le dénoncerai! maire de Vaugirard, qui charge Dumas, comman*
dant en chef de la Garde Nationale de la localité, de suivre l'affaire.
Pour asseoir la dénonciation sur des bases plus solides, il est entendu que Rutteau sera assisté de deux témoins : Gallet, adjudant de la Garde Nationale, et Ginnet, qu’il présentera à Thévenot comme deux nouvelles recrues. Dans sa déposition, on lit qu’il leur fixa ainsi le premier rendez-vous :
« Vous vous rendrez ce soir à trois heures chez M. Boucherat, au Soleil d'or , le plus mal mis que vous pourrez, et je vous présenterai au sieur Thévenot. »
Lorsqu’ils arrivèrent, Rutteau et Thévenot étaient attablés. Le premier dit au second :
« Voilà deux de mes lurons qui ont fait la guerre avec moi dans le Brabant, l’un est maître d’espadon et l’autre joue du bâton à deux bouts, mais ce sont des gaillards qui n’attendent que le signal du combat et sur qui vous pouvez compter. >> Thévenot, enchanté, fit servir un bon dîner aux deux complices et leur permit de venir quand ils voudraient au Soleil d'or boire et manger, le tout sur son compte.
« Chaque jour, dit la déposition, il y avait entre ces quatre particuliers et une dame de Lacombe, épouse du sieur de Lacombe, ci-devant garde du corps, de très longs entretiens, et chaque fois le sieur Rutteau les copiait, les signait, les faisait signer par les deux témoins, et ensuite on les portait chez Dumas, à Vaugirard, pour être envoyés au Comité des Recherches de l’Assemblée Nationale. »
Le dossier que nous consultons ne contient malheureusement pas la suite de cette curieuse affaire, dans laquelle déposèrent comme témoins, Dumas, commandant en chef du bataillon de Vaugirard, Bacq, commandant en second, et Gervoise, maire de cette localité. On y voit seulement que le
sieur de Lacombe, qui était alors chef des ateliers de Charité de la Villette fut mis hors de cause, que Thévenotet la femme de Lacombe furent arrêtés, et le sieur et la dame Boucherat, les aubergistes du Soleil d’or , inquiétés pour avoir souvent prêté de l’argent à Thévenot
Cette célèbre auberge existe encore aujourd’hui, absolument intacte quant à sa façade, et porte le n° 226 de la rue de Vaugirard.
L’almanach de cette localité pour 1 832, nous apprend qu’en cette année, la maison était occupée par une fabrique de poterie. Elle possédait toujours l’enseigne célèbre qui s’y voit encore actuellement, et l’éditeur, au courant des divers incidents de la conjuration, ne manque pas de le faire connaître