Archives du Conseil de Guerre de la rue du Cherche-Midi
Labédoyère ! Ah! sans doute l’officier contemplateur était un ami de ce malheureux jeune homme, qui périt victime de son égarement, qui, digne de servir la bonne cause, se laissa entraîner par ses passions et son ancien attachement à son premier chef. La douleur de l’officier nous parut alors bien naturelle; et, tout en maudissant la cause qu’il a servie, nous nous sommes attendris au souvenir de ce jeune guerrier, qui fut aveuglé par l’esprit de parti, et nous avons regretté que la nature, en le douant des qualités les plus brillantes, ne lui eut pas donné le discernement nécessaire pour reconnaître, dans la lutte terrible à laquelle il a pris une part malheureusement trop active, ce qui pouvait être plus avantageux à sa patrie1...
En 1824, un autre promeneur solitaire au Père-LaChaise, vient encore philosopher sur cette tombe célèbre. Il n’est pas, cependant, sans nous étonner quelque peu en la qualifiant de Cénotaphe :
...A droite du sentier, s’élève sur un tertre un cénotaphe de marbre blanc. Le ciseau de l’artiste a représenté sur un bas-relief une femme voilée tenant un enfant dans ses bras, et dans la morne attitude d’une femme au désespoir. Je ne sais quel pressentiment sinistre me faisoit frémir en parcourant les inscriptions de ce cénotaphe; et je ne saurais rendre compte des impressions qui m’assaillirent, quand je lus sur le revers le nom de Labédoyère2...
L’auteur cité se trompait évidemment en croyant le tombeau vide, puisque l’inscription à laquelle il faisait allusion est ainsi conçue :