LE SEIGNEUR RÉSERVE LE SALUT A CEUX QUI ONT LE CŒUR DROIT
Au pied du tombeau se lit également le texte suivant :
ICI REPOSE HENRI-MARIE HUCHET DE LA BÉDOYÈRE NÉ LE 20 AVPIL I 85 I DÉCÉDÉ LE 2 MARS 1 852 .
Mais revenons à la plaine de Grenelle.
Pendant la période du premier Empire on relève encore les exécutions suivantes :
Raymond Grandmont, manufacturier, et Marie-Eugène Condurier, marchand de vin, prévenus d’embauchage pour l’ennemi, condamnés à mort par jugement du 24 janvier 1809 et exécutés le 25.
François-Léopold-Rodolphe, comte de Neubourg, dit Jérôme, comte de Pagowski, chevalier de Malte, sujet de sa Majesté l’Empereur d’Autriche, exécuté le 14 septembre 1810.
Charles Marrien Somers, âgé de 63 ans, né à la Jamaïque, condamné à mort par jugement du 12 mars 1 8 1 3 pour espionnage, fusillé par un piquet de 12 hommes du corps des vétérans.
Dans le dossier de Somers nous trouvons la curieuse pièce ci-après :
4 août 1 8 1 1 . Il y a peu de jours, un général et son aide de camp ont été fusillés à la plaine de Grenelle. Nous ignorons le motif. J’ai été informé aujourd’hui qu’un des deux individus fusillés il y a peu de jours dans la plaine de Grenelle est un marchand Génois, accusé et convaincu d’avoir fait ses efforts pour mener en Espagne la Reine et le jeune Roi d’Etrurie. Une autre personne devait éprouver le même sort, mais le magnanime Empereur lui a pardonné lorsqu’on le menait au lieu de l’exécution. Je certifie la présente traduction littéralement conforme à l’original en anglais trouvé dans mes papiers. Signé : Somers.
Voici encore une exécution, celle de Charles-Pierre Prévost
de Boissy, ex-adjudant-commandant destitué, chargé d’une mission en France par les mandataires de Louis XVIII, condamné à mort par jugement du Ier février 1814 pour espionnage en faveur de l’ennemi.
Les procès-verbaux de ces dernières exécutions indiquent toujours qu’elles eurent lieu en présence de M. Dunepart, maire de Vaugirard, à qui furent remis les corps pour le cimetière de sa commune '.
On peut croire, l’on doit croire, que le boulevard de Grenelle actuel se compose de l’ancien boulevard extérieur et de l’ancien chemin de ronde réunis, et que les maisons du côté pair bordaient la commune de Grenelle tandis que celles du côté impair limitaient Paris. C’est entre ces deux files de constructions que se dressait le mur des Fermiers généraux, ayant du côté de Grenelle : le boulevard, et du côté de Paris : le chemin de ronde. Les immeubles de la première file étaient donc les premiers de Grenelle, et ceux de la seconde, les derniers de Paris.
La différence est encore très sensible aujourd’hui en ce sens que le côté impair, c’est-à-dire le côté de Paris, est bordé presque partout de belles et somptueuses maisons de rapport tandis que le côté pair, côté Grenelle, a conservé beaucoup des petites maisons faubouriennes de l’ancienne commune.
A l’angle de la rue Lourmel et du boulevard s’élève une grande maison à quatre étages, qualifiée Hôtel du Petit Louvre, qui a gardé sur son toit un grand cadran mouluré surmonté d’un édicule en abat-son protégeant une cloche. Peut-être était-ce une ancienne guinguette jadis célèbre?