‹ GrenelleChapitre 50 sur 117 · MAIRIE · texte numérisé non relu

MAIRIE

Cette décision fut ratifiée par le Conseil Municipal de Paris, dans sa séance du 6 décembre 1912.

Nous avons montré, dans notre chapitre v, combien le théâtre de Grenelle avait été convoité, lors de la séparation, par les habitants de Vaugirard et par ceux de la nouvelle commune. On a vu, également, qu’enfinde compte, Grenelle l’avait emporté sur Vaugirard et obtenu que cet établissement serait compris dans son territoire.

C’est que, aussi, il avait été voulu et construit par les fondateurs du quartier de Beaugrenelle qui, créant une ville de toutes pièces, s’étaient bien gardés d’oublier ce puissant attrait destiné à amuser les nouveaux habitants :

Panem et circenses

Il ne coûta pas moins de 100.000 francs à la société des actionnaires, et avait été édifié tout d’abord pour contenir 800 personnes, vraisemblablement vers 1826, ainsi que l’indique un millésime peint au-dessus du rideau. Ouvert au mois de septembre 1828, c’est-à-dire deux années avant la séparation de Grenelle et de Vaugirard, on y donnait, trois fois la semaine, les spectacles les plus variés, tous les genres, en un

mot, qui florissaient au boulevard du Crime sur vingt théâtres divers K

Comme il convenait, la presse salua son apparition :

Le nouveau théâtre de Grenelle devient maintenant la réunion de la bonne société des environs ; la salle est fort belle et bien distribuée.

Il y a été donné deux représentations à bénéfice, qui avaient attiré beaucoup de monde ; la première pour un artiste malheureux, la seconde au profit des pauvres de la commune.

C'est aux soins de M. Fondary, maire de cette commune, de M. Violet, l’un des principaux entrepreneurs, de M. Dénières et autres associés que l’on doit cet établissement qui manquait à une population nombreuse et si éloignée des théâtres de la capitale1 2.

Non seulement, ainsique nous venons de le dire, l’établissement en question fut très disputé lors de la séparation, mais il fut la cause même de cette séparation, le point de départ de la brouille irréconciliable qui éclata entre les enfants, jusque là si unis, de la commune de Vaugirard.

En 1828, trouvant les abords du théâtre par trop obscurs pour ceux qui s’y rendaient, les habitants du quartier de Beaugrenelle sollicitèrent du Conseil Municipal la pose de deux réverbères dans la rue Mademoiselle. Malheureusement pour la réussite de cette affaire. M. Violet était au nombre des demandeurs, M. Violet, la bête noire de cette assemblée, qui lui reprochait de nourrir dans l’ombre des idées de séparation, par conséquent d’amoindrissement de la commune.

Les deux candélabres ayant été refusés, la zizanie éclata au grand jour et amena, séance tenante, la demande de séparation.

Dans une pétition adressée au Ministre de l’Intérieur par

1. C’est en raison de ce court délai de deux ans, que nous avons réservé pour la monographie de Grenelle, l’historique de ce théâtre, construit pour Vaugirard.

Page 1