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Conseil général de la Seine, année 1846, p

Dans sa séance du 24 octobre 1840, notamment, elle demanda :

La révocation de ce privilège, et la réorganisation d’une administration dramatique qui satisfasse les intérêts généraux et non ceux d’une famille privilégiée.

Périodiquement, ou à peu près, ce vœu fut renouvelé, de 1841 à i85i.

Il a été indiqué plus haut que Seveste avait été dépossédé de son exploitation en i852, et qu’un arrêté ministériel, du 3o juillet de cette année, en avait chargé le sieur Alboize. M. Larochelle, par un autre arrêté du 21 août suivant, avait repris la succession d’Alboize, ce dernier, pas plus que Seveste, ne remplissant les conditions requises et s’étant également attiré les réprimandes du Conseil Général de la Seine.

Au privilège intégral des théâtres de la banlieue, succédait ainsi le principe de la concession particulière. C’est ce que le Préfet de la Seine faisait connaître au Conseil Général, dans la séance du 18 novembre i85q.

M. H. -B. Larochelle est donc directeur du théâtre de Grenelle. Nous ne saurions dire, à la vérité, s’il en était devenu propriétaire en 1869, au moment de l’annexion, à propos de laquelle, cependant, il sut si bien plaider ses intérêts.

Quoi qu’il en soit, il résulte d’une note fournie par l’administration actuelle de ce théâtre, que H. -B. Larochelle en était propriétaire et directeur en 1871. 11 conserva l’immeuble jusqu'en 1884, année de sa retraite. C’est ensuite, comme propriétaire, Mme Larochelle, qui le détient jusqu’en 1899, année de son décès. Depuis cette époque, les héritiers Larochelle formèrent u.ne société immobilière comprenant les théâtres de Grenelle, des Gobelins et du Montparnasse, laquelle société

se transforma en une entreprise, qualifiée : Société anonyme des théâtres de quartiers , comprenant toujours les trois établissements ci-dessus, et qui fonctionne encore aujourd’hui. H. -B. Larochelle décéda en 1904.

De 1 85a à 1871, M. H. -B. Larochelle conserva la direction artistique. Ce furent ensuite, en 1872-1873, M. E.-L. Davriès ; en 1874-1875, MM. J. Richard et L. Hartmann; de 1876 à 1884, M. L. Hartmann; de 1884 à 1903, MM. L. Hartmann et Paul Larochelle; de 1903 à 1909, MM. Paul Larochelle, Romain et Lacroix; de 1909 à ce jour, M. Alexandre fils L

Topographiquement, le théâtre de Grenelle est situé dans l’axe de la rue du Théâtre et en bordure de la rue Croix-Nivert.

La façade de son rez-de-chaussée est ornée de refends et bossages, et percée d’une seule porte rectangulaire élevée sur plusieurs marches et abritée par une marquise en fer relativement moderne.

Le premier étage est décoré de quatre pilastres doriques unis, et éclairé, en son milieu, par une large baie à sommet circulaire surmontée du mot Théâtre en relief. De chaque côté de cette baie sont deux niches carrées meublées de deux statues, l’une d’Apollon, à gauche, l’autre d’une déesse tenant une lyre, à droite. Au-dessus de ces figures se voient deux basreliefs en terre-cuite rouge reproduisant des danses et des scènes d’après l’antique.

Les quatre pilastres soutiennent un attique à modillons décoré de quatre mascarons, et surmonté d’un haut fronton rectangulaire.

L’aspect de cette façade indique bien, en somme, la date de

1. Ces derniers renseignements nous sont fournis par M. Alexandre fils, que nous remercions bien vivement ici.

la construction du monument. Sa froideur et sa pauvreté, pourtant, ne sont pas exemptes d’un certain caractère, et c’était bien à un temple de Thalie que l’architecte pensait en le construisant.

Aujourd’hui, la salle comporte trois étages, dont un, le premier, est en encorbellement. De chaque côté du rideau sont trois loges d’avant-scène un peu plus luxueusement décorées que le reste. Aucun caractère, d’ailleurs, ne se retrouve plus du temps de la Restauration, la salle ayant été complètement remise à neuf en 1910, ainsi que l’indiquent les deux millésimes peints au-dessus de la scène : 1826-1910.

Le plafond a été particulièrement soigné et montre trois grands médaillons ovales contenant à peu près tous les personnages de comédie, depuis Molière jusqu’à nos jours. Il est, en outre, orné de vases de fleurs, d’amours, et timbré des noms des auteurs célèbres.

Le péristyle, assez vaste, est revêtu de moulures et de rinceaux en pâtisserie, et le foyer, au premier étage, a conservé son ancienne et modeste corniche à modillons, qui est, d’ailleurs, sa seule ornementation.

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