‹ GrenelleChapitre 62 sur 117 · Archives Nationales. F · texte numérisé non relu

Archives Nationales. F

On y lit aussi le jugement qu’il porte sur son aspect artistique, et sur le souci qu’il a de sa décoration intérieure :

Grenelle, le 16 décembre 1 832, Monsieur le Sous-Préfet.

Répondant à votre lettre du 8 de ce mois, la commune de Grenelle ne possède qu’une église, construite aux frais d’une Société formée à Grenelle sous le titre de Société de terrains et bâtiments.

Cette construction, commencée en 1826 et terminée en 1829, a eu lieu dans l'intérêt de la commune et pour lui en faire hommage.

La donation a été réalisée par un acte authentique, mais l’acceptation, pour laquelle il faut une autorisation du Roi, n’a pas encore été faite.

Comme l’acte de donation est tout récent, j’en retirerai une expédition et je vous l’adresserai incessamment avec une demande d’autorisation, pour l’obtention de laquelle je solliciterai votre prompte médiation.

Je vous demanderai en même temps cette médiation pour l’obtention de la dispense d’un droit proportionnel d’enregistrement, auquel les revenus de la commune ne permettaient pas de faire face.

Dès l’année x 8 3 1 , l’église, quoique la donation n’en fut pas encore réalisée, est employée au service du culte catholique.

Sous le rapport de l’art, elle présente de l’agrément, elle se remarque par un clocher semi-gothique, à peu près dans le genre de l’un des petits clochers de la cathédrale de Paris, son intérieur, orné de colonnades la rend fort agréable, mais elle ne possède ni vitraux, ni tableaux, ni statues, ni rien, en un mot, qui, sous le rapport de l’antiquité, doit fixer l’attention. Quand il en sera temps, je vous prierai de nous seconder pour obtenir des secours et quelques décorations en tableaux, s’il est possible d’en obtenir.

Je suis, avec considération, etc.

Le Maire de Grenelle, Signé : Juge1.

Une appréciation de même nature, donnée par un ouvrage du temps, concorde assez bien avec le jugement précédent, que l’on peut considérer comme étant l’opinion moyenne des habitants de la commune:

L’église a été bâtie par la Société des terrains, qui en a fait l’abandon à la commune. Elle se distingue par sa construction gracieuse, quoique simple, et surtout par son clocher, dont l’architecture gothique ne manque pas d’élégance, mais offre quelque chose de choquant, considéré par rapport à celle du reste de

l 'église avec laquelle elle ne présente aucune harmonie. Cette église est vaste, bien éclairée, et ornée avec recherche L

C’est dans le clocher dont il s’agit que le Conseil Municipal, lors de sa séance du io mai 1 835, décida qu’une horloge serait installée, principalement dans le but de rendre service à la population ouvrière de la localité. Le maire fut invité à traiter à forfait avec un horloger, pour une somme ne dépassant pas i.5oo francs2.

La donation de l’église à la commune avait été faite par MM. Quoinat et Dubost, liquidateurs de la société des terrains et bâtiments de Grenelle. Elle consistait dans le monument, ayant exactement coûté 209.412 fr. 66, plus les terrains q ui l’environnaient, formant place publique au-devant, et promenade sur les côtés latéraux, le tout contenant 3. 410 m. 60 (898 toises 4 pieds), sous la réserve du droit de passage en voiture sur la promenade, pour le service et la commodité des autres terrains appartenant à la Société 3.

L’acte de donation avait été reçu par M. Juge, qui en garda minute, et son collègue, notaires à Paris, les 14 et i5 décembre i832.

Le Conseil Municipal de Grenelle, dans sa séance du 10 février 1 833, votait l’acceptation, tout en reconnaissant qu’une somme de 10.000 francs restait due à divers entrepreneurs et fournisseurs. Il avait été dressé, à cette occasion, par l’architecte Molinos, un procès-verbal d’estimation du monument, avec un plan, lesquels ne sont malheureusement pas aux Archives de Ici Seine

1. Almanach municipal et commercial de Vaugirard et de Grenelle pour i83i, par Delacour, p. i32.

2. Archives de la Seine. Registre n" i des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

3. Archives Nationales. F:! n. Seine 9; et pièce justificative n” i5.

Postérieurement, l’ordonnance royale du 24janvier 1834 avait autorisé le maire de Grenelle à accepter, au nom de cette commune, la donation à elle faite: r de l’église construite aux frais de la Société; 20 du terrain servant d’emplacement à cet édifice, et de ceux qui l’environnaient, contenant en totalité une superficie de 3.410 mètres 60 centimètres carrés, et évalués ensemble à 175.000 francs L

La donation fut elle-même acceptée par acte passé devant Me Druet, notaire à Paris, successeur de Me Juge, qui en a gardé minute, les 18, 23 et 24 avril 1834.

Le 7 mai suivant, le Conseil Municipal de Grenelle adressait au Conseil Général de la Seine une demande de secours pour appropriation définitive de l'église, devenue communale.

Cette dernière assemblée, enfin, par sa délibération du 23 juillet de la même année, votait une allocation de 6.000 francs pour payer une partie des dépenses d’ameublement1 2.

Nous avonsdit plus haut que, par sa lettre du 20 juillet 1 83 1 , l’Archevêque de Paris annonçait qu’il allait ériger l’église de Saint-Jean-Baptiste en chapelle vicariale. Le 21 juillet i835, le Ministre de la Justice et des Cultes transférait le titre du vicariat d’Aubervilliers à Grenelle, sauf par le Conseil Municipal de cette dernière commune à accepter cette décision. L’acceptation était votée par délibération du 10 novembre suivant, ce qui mettait la commune dans l’obligation de payer elle-même son vicaire. La situation de cette église, à ce moment, est ainsi définie par M. l’abbé Gaudreau :

« Desservie d’abord par le curé de Vaugirard, cette église

2. Archives de la Seine. Grenelle. Carton M., et Registre n’ 1 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

eut ensuite un prêtre à demeure, mais dépourvu de titre officiel et ecclésiastique1. »

Entre temps, par sa délibération du 24 août i835, la même assemblée, considérant que la commune comportait, par sa population,l’érection de l’église en paroisse succursale, et l’établissement d’un desservant salarié par l’Etat, sollicitait de l’Archevêque de Paris de commettre un ecclésiastique pour faire le service habituel du culte, y célébrer toutes fonctions religieuses, et y établir sa résidence. Il votait, à cette occasion, un traitement annuel de 5oo francs pour le prêtre à désigner2.

Ce vœu devait être exaucé l’année suivante. La paroisse succursale, en effet, fut créée par ordonnance royale du i3 décembre 1 836, et par ordonnance archiépiscopale du Ier janvier 1 837 3.

Il était, dès lors, indispensable d’établir un Conseil de fabrique pour l’administration de la nouvelle paroisse. Par sa lettre du 3 avril 1837, M. de Rambuteau, pair de France et Préfet de la Seine, chargeait le Sous-Préfet de Sceaux de cette organisation, et le priait de lui désigner deux noms de candidats pour former le dit Conseil, d’accord avec le maire, et pris parmi les personnes les plus notables de la commune.

Le choix du Sous-Préfet se porta sur M. François Gay, propriétaire, et sur M. Jean-Baptiste Perdrizet, capitaine en retraite, chevalier de la Légion d’honneur4.

Comme nous l’avons déjà dit, la paroisse ainsi créée fut placée sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, qui était l’un des prénoms de M. Léonard Violet, fondateur de Grenelle.

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