Histoire de Vaugirard, par l’abbé Gaudreau, 1842, p
2. Archives de la Seine. Registre n° 1 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.
3. Histoire de Vaugirard , par l’abbé Gaudreau, 1842, p. 212; Almanach Delacour , 1841, p. 36; Archives de la Seine. Collection Lazare, t. LXI, p. 218.
Elle fonctionna avec son seul ecclésiastique jusqu’en 1841. A cette époque, la charge ayant été trouvée trop lourde pour un unique desservant, le Conseil Municipal, par une délibération du 3 mai, décida qu’il serait adjoint un prêtre auxiliaire au traitement annuel de 600 francs. Le Sous-Préfet, préalablement consulté, avait déclaré qu’il n était pas possible, dans le moment, d’obtenir la création d'un vicariat payé par l’État1.
Il est intéressant d’indiquer comment se décomposait, en cette année 1841, le budget de l’église, d’après le compte arrêté par le Conseil de fabrique, le 18 avril:
Recettes : Location de chaises : 700 francs; quêtes et troncs dans l’église: q5o francs. Droits sur les mariages et inhumations : 1.200 francs; total: 2.35o francs.
Dépenses : Achat et réparation des ornements, du linge et des vases sacrés: 2i3 francs. Frais ordinaires de la célébration du culte : 480 francs ; mobilier et entretien de l’église et de la sacristie : i5o francs; gages des officiers et serviteurs de l’église: 1.386 francs; frais de réparations locatives: 25 francs; dépenses imprévues : 5o francs ; total : 2.304 francs.
La pièce analysée est frappée d’un timbre sec circulaire, portant en exergue : « Paroisse de Grenelle. Diocèse de Paris. » Au centre est une palme flanquée des deux lettres majuscules : S. J.2.
Dans les Almanachs Nationaux de 1840 à 1859, cette dernière année étant celle de l’annexion de la localité à Paris, l’église de Grenelle est indiquée comme une succursale ayant à sa tête un desservant. Cedesservant était M. Philippe, pour
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l’année 1840, et M. Mayeux, de 1841 à 18 5g. Avant 1840, aucune mention de l’église n’est indiquée dans les recueils cités.
Le Concordat, on le sait, donnait le nom de desservant au prêtre chargé d’une église succursale. Il recevait de l’État un traitement, que les communes pouvaient augmenter en lui allouant un crédit supplémentaire. Celles-ci devaient, en outre, lui donner un presbytère, propriété communale, ou lui attribuer des frais de logement. Le desservant administrait les biens de la succursale avec le Conseil de fabrique et à l’égal d’un curé, dont il avait, d’ailleurs, à peu près les attributions et même officieusement le titre, du moins dans l’esprit de ses paroissiens.
Nous n’avons relevé, au cours de nos recherches, que très peu de travaux exécutés dans la modeste église.
Le 6 mai i83p, le Conseil Municipal votait la somme nécessaire pour faire procéder à la pose de grillages et de barreaux de fer aux fenêtres. Le monument, en effet, avait été, à plusieurs reprises, visité par les voleurs qui s'y introduisaient grâce à ce chemin tout à fait à leur portée.
La couverture avait été complètement refaite pour parer aux infiltrations d’eau, par adjudication du 22 juillet i83y, au profit de M. Lemaire, entrepreneur, et moyennant la somme de 3.33q fr. i3 *.
Le 12 novembre 1837, même assemblée décidait de refaire et d’augmenter les plantations d’arbres ornant le pourtour de l’église .
Dans la même promenade, à la date du 3 mai 1844, l’on
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décidait de placer une barrière à droite de l’église afin d’empêcher les voitures de pénétrer sous les arbres et de défoncer l’avenue '.
En vertu d’une délibération du mois de mai 1854, un calorifère était installé moyennant la somme de 2.948 fr. 5o1 2.
Voici, enfin, par délibération du Conseil Municipal de Paris, du 3 juillet 1877, la commande à M. Riquier, pour le prix de 2.000 francs, d’un vitrail destiné à la fenêtre de la sacristie.
C’est en 1 838 que fut agitée la question d’aménagement d’un presbytère. Dans sa séance du Ier août, le Conseil Municipal se préoccupa de divers terrains situés aux alentours de l’église et qui étaient à vendre, à cette époque, au prix de 8 et 10 francs la toise. Le point fut examiné d’acquérir une parcelle qui fût suffisamment grande pour contenir une maison et un jardin. Malheureusement, la commune, obérée par des engagements ne finissant qu’en 1842, ne put qu’inviter son maire de solliciter du Préfet l’allocation d’une somme de 3. 600 francs destinée à cette acquisition. Elle repoussait, en même temps, en attendant la dite construction, l’augmentation de l’indemnité de logement demandée par le curé de la paroisse, M. l’abbé Philippe3.
Le terrain désigné par le Conseil appartenait à M. Angot et était situé rue et boulevard de l’Eglise, derrière le chevet du monument. 11 contenait 17 ares 9 centiares, ce qui, au prix de 8 francs la toise, faisait la somme de 3. 600 francs4.
En 1842, laquestion n’était pas encore résolue. La paroisse
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2. Archives de la Seine. Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de
3. Archives de la Seine. Registre n“ 1 des délibérations du Conseil Municipal de
comptait un desservant et un vicaire, et il allait être qécessaire d’en demander un second. La population réclamait pour eux un presbytère proche de l’église, et assez convenablement installé pour permettre au curé d’y recevoir l’Archevêque de Paris, quand il viendrait donner la confirmation, ainsi que les grandsvicaires susceptibles de l’accompagner. Une maisonremplissait les conditions requises, appartenant à Mlle Faure, et possédait le jardin si cher à tous les curés. Elle était située rue des Entrepreneurs n° 3 ; son terrain avait 900 mètres de superficie, et le prix demandé était de 35.000, francs avec facilité de paiement.
Très séduit par cette occasion, le Conseil Municipal, dans la séance du 5 août 1842, votait une somme de 10.000 francs comme part contributive, et sollicitait du Ministre des Cultes un secours permettant de parfaire le prix de l’acquisition b
Malheureusement pour la combinaison, le Préfet émit un avis défavorable, basé sur l’impossibilité dans laquelle se trouvait le gouvernement de servir l’allocation qui lui était demandée. Comme fiche de consolation, il assurait néanmoins à la commune de Grenelle, qu’il s’empresserait de ratifier l’acquisition, si le prix principal en était acquitté par elle1 2.
En 1874, quand Mlle Payen fonda l’asile qui porte son nom, dans l’ancienne maison de son père, rue Violet, n° 77, elle l’agrandit en prenant à bail l’ancien presbytère de Saint- Jean-Baptiste de Grenelle, situé rue des Entrepreneurs, nu 75, contigu à l’asile créé. Au cours de l’année 1878, le presbytère et son grand jardin étaient définitivement acquis par elle au prix de 3o.ooo francs.
1. Archives de la Seine. Registre n“ 2 des délibérations du Conseil Municipal de
LA MAISON DE M. LÉONARD VIOLET, TRANSFORMÉE EN CASERNE DE SAPEURS-POMPIERS
( Etat actuel).
Nous parlerons ici des divers projets d’agrandissement proposés pour l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle.
A la suite d’une discussion du Conseil de fabrique, du icr octobre i8q3, et après avoir constaté que le monument était beaucoup trop petit pour contenir tous les fidèles qui y affluaient alors, il fut décidé que l’on construirait une tribune placée au-dessus des portes d’entrée, et régnant sur toute la largeur de l’église. Cette tribune était destinée à recevoir les enfants des écoles et des institutions de Grenelle. M. Herr, architecte, fut chargé d’en dresser un plan et devis et le Conseil Municipal, dans sa séance du 5 novembre i8q3, votait une somme de 1.000 francs pour sa part contributive.
Le Sous-Préfet de Sceaux refusa d’approuver cette dépense sous le prétexte qu’il s’y rattachait l’installation d’un orgue : « objet de luxe, qui n’avait point un caractère d’intérêt communal qui dût être pris en considération 1 ».
Une nouvelle tentative d’agrandissement était encore faite en i 852 .
Dans sa séance du 5 mai, le Conseil Municipal, considérant que l’église, édifiée en 1828 pour une population qui n’atteignait pas 2.000 âmes, alors qu’elle en comptait 7.878 en i85a, reconnaissait qu’elle ne pouvait plus contenir le nombre des fidèles. Il adoptait, en conséquence, une délibération approuvant les plans et devis d’agrandissement fournis par M. Naissant, architecte, et décidait d’exécuter les travaux à l’aide des ressources ci-après: fonds communaux : 6.010 francs; fends de la fabrique : 4.000 francs; secours à demander : 6.000 francs; soit un total de 16.0 ro francs.
Le Sous-Préfet de Sceaux approuva bien, à la vérité, cette
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délibération, mais le Préfet, plus prudent, l’arrêta au passage et refusa de l’autoriser. Il observait, en effet, que, pour être appelées à participer aux fonds de secours, les communes devaient s'imposer des sacrilices équivalents à 20 centimes additionnels, ce qui n’était pas le cas de Grenelle, qui ne supportait aucune charge extraordinaire1.
Le i3 mai i85q, l’affaire revenait en discussion sur un plan rectifié, dont le devis s’élevait à 17.000 francs. Cette fois, la dépense separtageaitentre le ConseilMunicipal, qui contribuait pour 6.000 francs, et la fabrique, qui en allouait 11.000. Ce projet était encore rejeté par l’autorité supérieure.
Pour la troisième fois, le 16 mai 1 856, la question d’agrandissement de l’église Saint-Jean-Baptiste était présentée à la municipalité. Le devis s’élevait à 42.661 fr. 49, sur lesquels la fabrique offrait de contribuer pour une somme de 20.000 francs. Il s’agissait de reporter une partie du chœur en dehors de l’édifice, et d’élargir le monument. On avait même obtenu gratuitement des riverains la concession des parties du sol nécessaires au maintien de la largeurdu pourtourpromenade ; concession approuvée par la délibération du 25 mai 1 855. Le Conseil Municipal, après examen de la question, se vit, à son grand regret, contraint d’ajourner cette dépense en raison des lourds sacrifices qu’il venait de consentir pour l’exécution de la première partie des égouts à construire dans la commune2.
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2. Archives de la Seine. Grenelle. Carton O. R., et Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.