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Archives Nationales. F2 n. Seine, i

3. Archives de la Seine. Registre n* i des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

M. Molinos, architecte de l’arrondissement, pour la clôture de la nécropole ’.

Le vicomte Joseph-Marie de Pernety, général de Division (1766-1856), était un grand propriétaire de Vaugirard. C’est dans son domaine que fut percée, en 1 856, la rue qui porte son nom.

Avant la mise en service, le Conseil Municipal avait préalablement fixé le tarif des concessions dans le futur cimetière.

On lit, en effet, les lignes suivantes dans le procès-verbal de la séance du 20 octobre i832 :

M. le Maire a donné lecture de la lettre de M. le Sous-Préfet par laquelle, d’après la prescription de M. le Préfet du Département de la Seine, le Conseil Municipal est invité à prendre une délibération sur les prix de concession de terrain pour les inhumations qui se feront dans le cimetière de la commune lorsqu’elle en sera pourvue.

Les prix étaient ainsi fixés :

Concession perpétuelle, pour une personne, d’un terrain mesurant 2 mètres carrés : 100 francs; droit des pauvres : 25 francs.

Pour un enfant au-dessous de 7 ans. 1 mètre : 5o francs; droit des pauvres : i3 francs.

Concession pour 6 ans, 2 mètres carrés : 48 francs ; droit des pauvres : 12 francs. Chaque année en sus des 6 premières années : 10 francs; droit des pauvres : 3 francs.

Pour un enfant au-dessous de 7 ans, 1 mètre : 24 francs ; droit des pauvres : 6 francs. Chaque année en sus : 3 francs; droit des pauvres : 2 francs".

1. Archives de la Seine. Registre n“ i des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

2. Archives de la Seine. Registre n' i des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

Une autre délibération de l’assemblée, du 9 novembre i833, revenait à nouveau sur l’aliénation du terrain dont il vient d’être question. D’autre part, le 22 juillet i83q, une ordonnance royale autorisait la commune de Grenelle à acquérir du général de Pernety, moyennant la somme de 3.ooo francs, un terrain de 3q ares 52 centiares, situé, dit ce document, sur la ligne séparative des territoires de Grenelle et d’issy. Et de fait le cimetière était, selon l’expression populaire, à cheval sur les deux communes.

Cette situation bizarre ne manqua pas d’être invoquée lors du vœu émis par le Conseil Municipal de Grenelle, le 9 février 1 845, tendant à rattacher à cette commune les territoires intra muros d’issy, situés dans l’enceinte fortifiée de Louis- Philippe h

L’agrandissement ci-dessus mentionné était enfin régularisé par l’acte passé devant Druet, notaire à Paris, le 27 janvier 1 835, consacrant l’acquisition faite au vicomte de Pernety et à son épouse2.

L’endroit était un lieu dit, dénommé les Belles-Noix, situé à l’extrémité de l’avenue Saint-Charles. La porte d’entrée du cimetière est aujourd’hui au n° 174 de la rue de ce nom. à l’angle de la rue Cauchy.

C’est par sa délibération du 6 mai 1837 que le Conseil Municipal décida d’y faire des plantations d’arbres3.

En 1841, la petite nécropole est déjà insuffisante et il faut songer à l’agrandir. Acquisition est donc faite, àM. Letellier. d’un terrain contigu contenant 25 ares 5q centiares, situé au

1. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

2. Archives Nationales. F3 11. Seine 9. Archives de la Seine. Registre n* 1 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle, et Grenelle ; Carton M.

3. Archives de la Seine. Registre n“ 1 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

même lieu dit. L’ordonnance royale du 29 octobre de cette année, dont le texte est ci-après, indique les conditions de cette aliénation :

Louis-Philippe, roi des Français, à tous présents et à venir, salut.

Sur le rapport de notre ministre Secrétaire d’État au département de l’Intérieur, le Comité de l’Intérieur et de l’Instruction publique de notre Conseil entendu ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Apticle premier. — La commune de Grenelle (Seine) est autorisée à acquérir du sieur Letel lier, moyennant la somme de cinq mille francs, inférieure à l’estimation, payable en dix ans avec intérêt àqp. ioo sur les fonds communaux disponibles, un terrain contenant 2.55q m. 99 de superficie pour servir à l’agrandissement du cimetière.

Article 2. — Notre Ministre Secrétaire d’État au département de l’Intérieur est chargé de l’exécution de la présente ordonnance.

Au Palais des Tuileries, le 29 octobre 1841.

Signé : Louis-Philippe L

M. Herr, architecte-géomètre, dont le nom est intimement lié à la commune naissante, avait été chargé de procéder, moyennant honoraires fixés par la municipalité, aux acquisitions des terrains du cimetière.

La dernière opération n’avait pas été sans nécessiter un certain nombre de travaux. Par sa délibération du 5 février 1842, le Conseil votait une somme de 2.884 ^r- 24 cen~ times pour la clôture du nouveau terrain2.

Le 11 mai suivant des travaux de maçonnerie, de charpentes et couvertures, étaient également adjugés à M. Violet jeune, parmi lesquels figurait la démolition de l'ancien mur de clôture3.

1. Recueil des lettres-patentes, ordonnances royales , décrets et arrêtés préfectoraux concernant les noies publiques. Bouvard, 2" supplément. Paris, impr. Nouvelle, 1902, p. io5.

2. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

Enfin, le 5 février 1843, l’assemblée municipale décidait que le terrain précédemment acquis serait garni de plantations comme les autres parties du cimetière1.

Deux années après, en i8q5, un nouvel agrandissement est encore occasionné par une opération de voirie ; le percement et le prolongement de l’avenue Saint-Charles, agrandissement sanctionné par le Conseil Municipal, dans sa séance du 5 mai de cette année. Le passage de la voie avait partagé le cimetière en deux parties. Celle laissée à gauche de la nouvelle avenue, soit8 ares 37 centiares, ne pouvant servir, fut échangée avec M. Fondary contre un terrain de 11 ares 16 centiares situé à droite, et contigu à la plus grande partie du cimetière. L’opération se réalisait donc par un gain de 2 ares 79 centiares pour le petit champ de repos de Grenelle2.

Sa superficie, montant alors à 62 ares 85 centiares, n’a pas été augmentée depuis.

Un traité de 9 années, à partir du 1e1' janvier i85o, liait la commune avec M. Langlois-Langlé, directeur gérant de l’Entreprise des pompes funèbres générales, dont le siège était situé rue de Chabrol, n° 33. Il avait été signé le 17 octobre 1849, après une délibération du Conseil du 12 août de cette année.

La fabrique de l’église Saint-Jean-Baptiste avait renouvelé ce traité avec la même Entreprise, pour une durée de 9 années, à partir du Ier janvier 1859. Elle eût pu exercer elle-même le service des inhumations et pompes funèbres, en vertu des décrets des 23 prairial an XII et 18 mai 1806, mais, ne possédant pas le matériel nécessaire pour y pourvoir dans

1. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

2. Archives de la Seine. Registre n" 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.

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de bonnes conditions, « tel que l’exigeait l’importance de la ville de Grenelle », elle avait été obligée d’en confier le soin à une société privée b

En ce qui concerne la police du cimetière, elle fut réglementée par un arrêté du maire de Grenelle, du Ier juillet 1 853, visant: les grilles des tombes, les monuments, les fleurs et les arbres. On y voit que l’entrée était interdite : « aux gens ivres, aux fumeurs, aux enfants non accompagnés, et aux individus qui seraient suivis par des chiens ou autres animaux domestiques'1 2 ».

Il avait été également pris, au cours de l’existence de la commune, un certain nombre de décisions concernant les prescriptions imposées pour les exhumations et les inhumations. Nous croyons intéressant de reproduire les articles suivants, extraits de l’arrêté du maire de Grenelle, du 10 avril 1844:

Art. icr. — Lorsqu’il devra être procédé à l’exhumation d’un corps pour le faire transporter, soit dans le cimetière de la commune, d'un lieu dans un autre, soit du cimetière de la commune dans une autre commune, lorsque, aussi un corps devra être, après là cérémonie religieuse, transporté hors de Grenelle, dans un lieu désigné par la famille, le commissaire de police auquel on justifiera de l’autorisation obtenue pour les exhumations et transports, devra être prévenu par un membre de la famille, des jour et heure auxquels devra se faire l’exhumation ou le transport. Il devra y assister, accompagner le convoi jusqu’aux limites de la commune quand le corps sera transporté dans une autre commune, se faire délivrer un récépissé constatant la remise du corps à la personne chargée de le recevoir. Il dressera procès-verbal de son accompagnement et de la remise du corps, et le transmettra à la Mairie. Il dressera également procès-verbal constatant l’exhumation d’un corps d’un lieu du cimetière pour le transporter dans un autre lieu du même cimetière et de la nouvelle inhumation qui aura été faite.

Art. 2. — Lorsque, par suite d’exhumation ou de décès, le corps d’un défunt sera transporté dans la commune de Grenelle pour être inhumé dans le cimetière de cette commune, le commissaire de police, après avoir été prévenu par

la famille, et sur l’autorisation dont il lui sera justifiée, se transportera sur la limite de la commune pour recevoir le corps, en donnera récépissé, et accompagnera, soit à l’église, si une cérémonie religieuse doit y être célébrée, soit au cimetière, et veillera à son inhumation, il dressera procès-verbal de son opération.

Art. 5. — Le commissaire de police veillera scrupuleusement à ce qu’il n’y ait aucun trouble ni désordre dans les convois des personnes décédées, et lorsqu'il pourra craindre qu’il s’en commette, il devra gratuitement assister aux convois et accompagner le corps jusqu’au cimetière, où il restera juqu’après l’inhumation.

Art. 6. — Dans le cas où il y aurait quelques troubles ou désordres, il en dressera procès-verbal, et prendra toutes les mesures nécessaires contre les délinquants L

Bien entendu, jusqu’au Ier janvier 1860, cette petite nécropole resta affectée à la commune de Grenelle.

Après l’annexion, et jusqu’au 3o septembre 1861, elle reçut les inhumations temporaires et gratuites des quartiers de Grenelle et de Javel appartenant au XVe arrondissement nouveau, à l’exclusion des inhumations perpétuelles, qui n’y furent plus autorisées, sauf pour les sépultures concédées avant l’annexion.

A l'occasion de la guerre de 1870, on y enterra i.q56 soldats décédés à la suite des événements.

Elle fut rouverte aux concessions perpétuelles en vertu de l’arrêté réglementaire du 18 novembre 1879.

Dans ses notes sur les cimetières de la Ville de Paris, publiées en 1889, M. Caffort, chef du Bureau de ce service, déclare ne pouvoir donner aucun renseignement sur les inhumations faites dans ce cimetière avant l’annexion du Ier janvier 1860. A l’époque où parut son travail, il indiqua, néanmoins, que l’on y comptait encore 112 concessions per-

pétuelles provenant de l’ancienne commune de Grenelle1.

D’autre part, l'Atlas des cimetières des anciennes communes annexées mentionne que la nécropole en question fut ouverte pendant les derniers mois de l’année 1 835. Le plan qui y est joint donne l’indication des concessions avec leurs numéros, mais aucun texte, malheureusement pour l’histoire locale, ne les identifie au point de vue des personnes inhumées. Ce document a été dressé sous la direction de M. Bezodis, géomètre en chef des cimetières de la Ville, par M. J. Garnier, géomètre, le i5 mars 1 886.

On y voit que le cimetière est divisé en trois avenues longitudinales: Avenue principale , au milieu ; avenue Cauchy , à droite, qui est celle des anciennes sépultures ; et chemin de la Conservation , à gauche. Dans l’autre sens il comporte cinq avenues transversales, savoir: Avenue Saint-Charles ; Chemin transversal ; Avenue centrale ; Chemin Fandary; et Avenue du Rond-point 2.

Il paraît intéressant, pour terminer cette partie rétrospective, de donner une description, faite de visu , de ce modeste champ de repos. C’est un petit enclos parfaitement entretenu, plein de verdure et de recueillement, ne contenant que peu de sépultures — pas la moitié de sa superficie.

On y enterre peu, en effet, d’abord parce que les familles n’y trouvent plus que des terrains à perpétuité, ensuite parce que c’est fort loin de Paris quoique à Paris.

Nous nous sommes donc promenés pendant quelques heures dans cette minuscule nécropole, devenue parisienne en 1 859, à la recherche des sépultures des anciens habitants de la com-

1. Notes sur les Cimetières delà Ville de Paris, par M. Caffort. Paris, 1889, inquarto, p. 91 .

2. Atlas des Cimetières des anciennes communes annexées. Préfecture de la Seine, Direction des Affaires municipales, Ville de Paris, grand in- P, 1886.

mune de Grenelle. Nous indiquons celles que nous avons rencontrées, tout au moins celles que nous avons pu déchiffrer, en constatant qu’un certain nombre de tombeaux sont complètement abandonnés ou disparaissent sous des lierres, presque aussi opaques que l’éternel oubli.

Voici une simple pierre dont la partie supérieure montre vaguement gravé un pélican dans son nid, entouré de ses petits. Au-dessous de cette image de la charité on lit avec peine cette mention :

« Jamais symbole ne fut mieux appliqué. » Et après, ces lignes :

« Marie-Madeleine Melin, veuve Violet, décédée à l’àge de 83 ans. »

Pour la suite, le temps implacable a tout effacé. Cette dalle recouvre les restes de la mère du fondateur de Grenelle, dénommée à tort Melan dans l’acte de décès de son fils.

Le registre cadastral du cimetière porte que cette sépulture perpétuelle fut acquise le 2p octobre 1842 par M. Violet, Léonard-Jean-André, pour le prix de 200 francs.

Un peu plus loin se dresse une importante chapelle portant à son fronton les mots : « Famille Violet, jeune » avec la mention de la construction: « Ier novembre 1 853 ».

Cette concession à perpétuité, mesurant quatre mètres, avait été achetée le 18 août 1 853, pour le prix de 900 francs. C’est le tombeau de famille du frère de Léonard Violet.

Nous avons trouvé, d’autre part, dans les Archives delà Seine, mention d’une concession perpétuelle de deux mètres, vendue le 29 février 1 836, au prix de i5o francs, pour Marie-Anne Papin, femme de Léonard Violet, décédée le 25 février précédent '.

Au cimetière, cette sépulture, qui se trouve dans l’allée principale à droite, est absolument ruinée. Dans un entourage en fonte à moitié démoli, la pierre tombale est gisante sous des lierres tenaces qui n’en laissent plus rien apercevoir. 11 nous fallut la mémoire du gardien, et la référence du Relevé chronologique du cimetière, pour l’identifier. Ce document porte, en effet: « n° 26. Décès, 24 février 1 836. Noms : Papin, Marie-Anne, épouse de Jean-Léonard Violet ; cippe et grille. Un mètre. Concession perpétuelle. »

11 s’agit ici de la seconde femme du fondateur de Grenelle.

En ce qui concerne la sépulture de ce dernier, il y a lieu de remarquer qu’elle n'est pas dans ce petit cimetière, mais au Père-Lachaise, ainsi que nous l’avons dit à l’occasion de sa mort.

Il faut signaler la tombe bizarre de Herr, qui prit une part active à la fondation de Grenelle, dont il fut le géomètre, et qui en traça les rues. Elle est composée de quatre tables en pierre, réunies en cône, et affectant la forme d’un obélisque. Sur celle de face est sculptée une ancre marine séparant les inscriptions ci-après :

Ici reposent :

Louise-Conradine Herr, née Winter, décédée a Paris, le i i avril i83c), a l’age de 69 ans.

Guillaume-Auguste Herr, décédé a Grenelle,

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