‹ GrenelleChapitre 66 sur 117 · L. Guibert, Poiry · texte numérisé non relu

L. Guibert, Poiry

Renvoyée à l’Administration.

Les habitants de la banlieue parisienne, de culte protestant, appartenant à la confession d’Augsbourg, ne pouvaient, avant 1845, célébrer les actes de leur religion qu’à l’église des Billettes de Paris, aucun temple n’existant dans la périphérie de la capitale. En cette année, M. le pasteur Hosemann fut chargé par le Consistoire d'organiser l’Eglise protestante dans la banlieue, qu’il divisa en cinq sections. La cinquième comprenait les communes de Grenelle, Vaugirard et Issy. Cette section commença de fonctionner en 1847, pour 24 familles protestantes de Vaugirard, i3 de Grenelle, et3d’Issy. Le premier oratoire s’ouvrit place de la Mairie, n° 1, à Vaugirard, au mois de décembre 1847, puis, un an après, il était rue Maublanc, n° 25, où le culte se célébrait deux fois par mois. En i85o, on le retrouve Grande Rue de Vaugirard. n° 104, et de 1862 à 1804, au n° 184 de la même rue. Au départ de M. Hosemann, nommé pasteur du temple des Billettes, en 1854, le culte protestant de Vaugirard-Grenelle-Issy subit un chômage de 18 mois.

En 1 855, M. le pasteur Mettetal fut chargé de reprendre la paroisse abandonnée. Pour l’installation de son église il loua un hangar situé rue Croix-Nivert, n° 6, c’est-à-dire sur le territoire de la commune de Grenelle, au fond d’une cour, et entouré de jardins. Ce local, dont la pauvreté était si grande qu’on avait caché les poutres du toit avec du carton, pouvait contenir 180 personnes; il fut inauguré le 1 3 juillet 1 856 par M. l’Inspecteur Cuvier.

Ce modeste temple, pourtant, grâce à des dons et souscrip-

tions, grâce à un subside de 1 .000 francs que la paroisse ellemême fournit en 1 858, pouvait, au commencement de l’année 1860, faire face au fonctionnement régulier du culte, posséder une bibliothèque paroissiale, une école et deux pensionnats ou orphelinats pour garçons et filles.

Entre temps, et dès l’année 1857, M. Mettetal avait acquis, pour le Consistoire, un terrain de 936 mètres situé avenue du Théâtre, aujourd’hui rue Quinault depuis 1864, toujours sur la commune de Grenelle, au prix de 9.361 fr. 20, et destiné à la construction d’une église. Le décret impérial du ier décembre 1860 avait approuvé cette acquisition. Il ne restait plus qu’à édifier le temple. A la suite de pourparlers engagés entre le Consistoire, le Ministère des cultes et la Ville de Paris — la commune de Grenelle était alors annexée — le terrain fut cédé à l’administration parisienne qui, en échange, fit construire à ses frais l’église et les écoles. Le 7 janvier 1866, le monument, qualifié : « Eglise évangélique de Vaugirard » était inauguré par M. Meyer, inspecteur ecclésiastique et président du Consistoire. M. Baltard, architecte de la Ville de Paris, représentait le Préfet de la Seine à cette cérémonie.

Situé au n° 8 de la rue, cet édifice est sans intérêt et ne présente aucun caractère architectural. Une façade absolument plate, en pierre détaillé, montre, au rez-de-chaussée, une large porte cintrée dans le tympan de laquelle est sculpté un livre ouvert portant ces mots, d’un côté : La Sainte Bible , de l’autre : La parole de Dieu demeure éternellement.

Au premier étage sont trois fenêtres cintrées accouplées, surmontées d’un cadran d'horloge.

Au-dessus, le fronton triangulaire supporte un clocheton plat, à jour, protégeant une cloche.

Ce temple est flanqué, à droite et à gauche, des écoles municipales, construites également en pierre de taille.

M. le pasteur Mettetal resta à son poste jusqu’en 1868, année pendant laquelle il fut remplacé par M. Vollet, qui l’occupa durant dix années, et céda lui-même la place à M. O. Vallette, en 1877.

Durant la guerre et la Commune, en 1870-1871, deux bataillons de la 15" légion de la garde nationale de Paris occupèrent une partie de cette église, sans que le culte y ait été supprimé.

La paroisse protestante de Vaugirard, dont le fond est formé d’Alsaciens ou de descendants d’Alsaciens, comprend, comme territoires, tout le XVe arrondissement; la partie du VIL arrondissement qui avoisine l’École militaire ; le quartier des Bassins, du XVIe arrondissement; et les communes d’Antony, Berny, Bagneux, Bourg-la-Reine, Châtenay, Châtillon, Clamart, Fontenay-aux- Roses, Issy, Montrouge, Plessis- Piquet et Vanves.

La première école protestante, dépendant de cette paroisse, avait été installée, en 1 856. rue Croix-Nivert, n° 6, pour les garçons, tandis qu’une école de Allés était créée rue Mademoiselle, n° 2, en 1 858. Ces deux organismes furent ensuite réunis, en 1 858, dans ce dernier endroit, et une salle d’asile ouverte, rue Croix-Nivert. n° 6, à la place de l’école de garçons. Le 6 novembre 1866, ces trois écoles étaient transférées rue Quinault, ancienne avenue du Théâtre, et communalisées b

Le plan de Lefèvre, daté de 1859, annexé à ce volume, montre et dénomme, au coin de l’avenue du Théâtre et de la rue Mademoiselle : Y École protestante.

1. Notice historique sur l'Église et la communauté de Vaugirard , par Ch. Kobler, Paris, 1877, 19 pages.

Après les temples consacrés aux cultes, nous parlerons de l’asile affecté aux morts.

Lors de la séparation de Grenelle, il fut convenu que le cimetière de Yaugirard, situé rue Lecourbe. n° 3io, resterait dans le territoire de cette commune et qu’il recevrait les inhumations de la nouvelle localité, en attendant que celle-ci ait elle-même son cimetière spécial1.

Dans son rapport au Préfet de la Seine, du 7 avril i83i, sur les besoins de sa jeune commune, le maire écrivait à ce sujet :

A défaut de cimetière les inhumations continuent de se faire dans celui de Vaugirard. L’acquisition d'un terrain devient indispensable pour la formation d'un cimetière qu’il faudra faire enclore, et cette acquisition doit être combinée de manière à pouvoir un jour trouver des ressources dans des aliénations de locaux consacrés à des sépultures particulières2.

Aussi bien, trouve-t-on dans l’établissement du premier budget de Grenelle, le 26 février i83i, une somme de 7.000 fr. inscrite par le Conseil Municipal pour l’acquisition d’un arpent de terrain, soit 3q ares 18 centiares environ, destiné au cimetière à créer. Il y figure aussi une somme de i.5oo francs pour l’entourer d’une clôture3.

L’année suivante, une délibération du 4 août 1 832 décidait l’acquisition, au prix de 3. 000 francs, d’une pièce de terre de 111 perches, destinée au même objet, appartenant à M. le général de Pernety, et située au territoire d’Issy, à l’extrémité de celui de Grenelle. Dans cette même séance, le Conseil repoussait, comme trop onéreux pour les finances de la nouvelle commune, un projet s’élevant à 5.207 fr. 63, dressé par

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