Archives Nationales. F3 11. Seine
rapport du maire de cette commune, adressé au Préfet de la Seine, le 7 avril 1 83 1 , nous renseigne exactement sur ce fait :
L’année dernière nous avons obtenu l’ouverture d’une petite barrière à l’extrémité de l’avenue de La Motte-Picquet, cette ouverture était bien nécessaire pour faciliter le passage des piétons et des voitures bourgeoises et pour éviter les inconvénients du passage par la barrière de l’École militaire, presque constamment encombrée par de grosses voitures, et notamment par celles qui introduisent dans Paris des matériaux de constructions. Mais le passage par la nouvelle barrière est, pendant la majeure partie de l’année, impraticable à défaut de pavage. Le trajet à paver est court et doit, par suite, entraîner peu de frais, la fréquentation abrège de près d’un quart d'heure l’entrée et la sortie de Grenelle par la barrière de l’École militaire1.
La barrière de La Motte-Picquet était fort utile aux habitants de Grenelle qui, en raison même de cette utilité, se plaignaient beaucoup de ses heures d’ouverture et de fermeture. Elle s’ouvrait, en effet, à la pointe du jour pour se fermer dès que la nuit tombait. Ce qui, en automne et en hiver, ne permettait guère le passage que de sept heures du matin à cinq heures du soir, au grand préjudice des dits habitants et surtout des nombreux ouvriers de la manufacture des tabacs du Gros-Caillou, dont beaucoup logeaient à Grenelle. Par sa délibération du ier février 1804, le Conseil Municipal de cette localité émettait un vœu tendant à l’ouverture à quatre heures du matin, en été, et à six heures en automne et en hiver ; et à sa fermeture à dix heures du soir en toutes saisons2.
Cette dernière mesure ne devait pas encore donner satisfaction aux intéressés puisque, le 10 août 1 838, un autre vœu était émis pour la prolongation d’ouverture de la dite barrière jusqu’à minuit3.
2. Archives de la Seine. Registre n” 1 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.
3. Archives de la Seine. Registre n° i des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.
L'entrée dont il s’agit était, d’ailleurs, des plus sommaires, et ne devait guère consister que dans la brèche faite au mur d’enceinte, avec un simple refuge destiné aux employés. On en trouve la preuve dans le vœu émis par l’assemblée municipale de Grenelle, le 5 novembre 1842, dans lequel cette dernière, mue par un sentiment d'humanité à l’égard des préposés de l’octroi de Paris, demande la construction d’un pavillon destiné à les abriter pendant les mauvaises saisons1.
La Ville de Paris ne devait pas rester sourde à cet appel et finit par faire édifier, en 1844, deux pavillons à l’usage de ses employés. On y posa, en même temps, la grille en fer destinée à servir de barrière entre Paris et la banlieue. C’est à cette occasion que se produisit une troisième proposition concernant l’heure de fermeture de cette porte. Un vœu du Conseil Municipal de Grenelle, du 3 novembre 1844, demanda, en effet, que la dite barrière fût laissée ouverte toute la nuit. Le motif invoqué se rapportait encore aux ouvriers du Gros-Caillou, logés à Grenelle, et aux heures matinales auxquelles ils devaient se rendre àla manufacture2.
Dans la monographie de Vaugirard, nous nous sommes longuement étendus sur les pavillons de Le Doux, et sur l’enceinte des Fermiers généraux qui séparait cette dernière commune et celle de Grenelle de la ville de Paris. Aussi bien, n’avons-nous rien retrouvé les concernant que les menus faits ci-après:
Par sa délibération du 18 mars 1 836, le Conseil Municipal de Paris vote une somme de 999 francs pour travaux de réparation aux pavillons de la barrière de l’Ecole-Militaire3.
1. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.
2. A rchives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Grenelle.