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Archives de la Seine. Collection Lazare, t. XII, n

Le nouveau quartier établi ainsi de toutes pièces, présentait la régularité d’un damier, et aussi sa monotonie. Les créateurs avaient arrangé leur plan de manière à faire aboutir à Paris une première série de voies parallèles et rigoureusement droites, qui étaient la rue du Commerce, la rue Violet, la rue de Grenelle, l’avenue Saint-Charles prolongée par la rue Saint-Louis, la rue de l’Industrie, et le quai de Grenelle.

D’autre part, une seconde série de voies, aussi rigoureusement parallèles et droites, coupaient les précédentes à angle droit et étaient perpendiculaires à la Seine. Il s’agit des rues de Chabrol, Letellier, de l’Entrepôt prolongée par la rue Fondary, du Théâtre, Baran prolongée par la rue Lemaire, du Marché, des Entrepreneurs, de l’Eglise, et de Javel.

Telles étaient, sans tenir compte de quelques voies transversales, les lignes rigides et géométrales de ce damier.

De ci de là, et pour ressembler plus complètement à une ville, des intersections de rues étaient agrandies pour former des places : la place Beaugrenelle, la place Violet, la place Saint-Louis, la place de la Mairie, le rond-point Saint-Charles.

Mais ce plan, néanmoins, à l’aspect si régulier, ne fut pas autant qu’on pourrait lecroire un travail dépuré imagination.il est à peu près certain, à y regarder de près, que ses auteurs s'inspirèrent, pour le tracer, delatopographieantérieureetvoulurent conserver, en les régularisant, les principaux chemins qui, dès le dix-huitième siècle, sillonnaient déjà la plaine de Grenelle, surtout dans le sens parallèle à la Seine, et qui sortaient de Paris pour aller dans la direction d’issy, de Sèvres, de Javel et de Vanves.

Si l’on jette les yeux, en effet, successivement sur le plan des chasses, établi de 1764 a 1773, et sur celui de Lefèvre,

datant de 1859, tous deux annexés à ce volume, on sera frappé du tracé des principaux chemins de la plaine, que l’on identifie facilement avec les principales rues de Grenelle.

C’est d’abord la rue Saint-Louis avec son prolongement de l’avenue Saint-Charles qui, en 1859, est une belle rue droite allant du boulevard de Javel à la commune d’Issy, et que l’on retrouve, sur le plan des chasses, sous la forme d’un chemin non dénommé, longeant la remise des Bons-Hommes, celle de la Maison-Blanche, la Grande-Remise, et venant se perdre aux environs du moulin de Javel, appartenant à la commune d'issy.

C’est aussi la rue de Grenelle, qui se poursuit par la rue des Marais ou des Vaches, partant en 1859 de la barrière de Grenelle pour aller à Issy, et qui était également, en 1763, un chemin anonyme, sinueux et maraîcher.

Voici, également, la rue Violet, la plus bourgeoise des rues de la cité nouvelle, que l’on croirait percée seulement vers 1824 pour les plus riches habitants, et dont le tracé apparaît déjà comme un chemin, à la vérité un peu tortueux, sur le plan des chasses.

Il semblerait bien, d’autre part, que la rue Frémicourt et la partie de la rue du Commerce allant vers l’église, se retrouveraient facilement dans un chemin partant, d’après le même document, du rond-point de l’Ecole-Militaire ?

Le chemin de la Croix-Nivert, dans tous les cas, existait depuis longtemps et bien avant ce dernier plan. C’est encore lui qui sert de séparation, en 1859, entre Grenelle et Vaugirard.

Les voies perpendiculaires à la Seine étaient, il faut le reconnaître, moins nombreuses au dix-huitième siècle : le plan des chasses n’en indique qu’une, partant de la Maison-Blanche, au bord de la rivière, coupant la plaine de Grenelle en passant

par la remise de gibier de Vaugirard, et débouchant dans la commune de ce nom.

Assurément, nous le répétons, nous ne voudrions pas prétendre que ces anciens chemins, dessinés dans le document auquel nous faisons allusion, représentaient rigoureusement le tracé des rues ouvertes par M. Violet, mais ils en occupaient certainement les directions, et durent inspirer celui qui les aligna.

Ce tracé a été rigoureusement indiqué dans un plan figurant la situation de la plaine, intitulé :

Plan des terrains à vendre dépendans de la propriété de la société des terrains et bâtimens de Grenelle, levé en juillet 1 836 par Herr, arpenteur-géomètre de la dite société, demeurant à Grenelle, rue de Grenelle, n° 9.

L’indication s’y trouve des lots vendus et de ceux restant à vendre. Un autre plan de la même époque, montre les maisons déjà construites au bord des rues. Il y en a 172 appartenant à des particuliers, et 40 à la société h

A l’époque où ces documents furent établis, en 1 836, il y avait déjà douze ans que le village de Beaugrenelle était fondé, et six ans que Grenelle était érigé en commune.

11 faut ajouter que toutes les rues que nous venons de citer ne furent pas absolument créées en même temps, et que plusieurs d’entre elles subirent des modifications d’alignement ou de prolongement.

Dans sa séance du 10 mai 1 832 , le Conseil Municipal, par exemple, émettait un vœu tendant à l'établissement d’une route départementale partant de Montrouge et aboutissant directement au pont de Grenelle2.

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