Aqueducs. — Fo la Spitiu du cirque
im. — Grands escaliers. — Arènes.
■ Thermes. — Remparts. — Palais
Vienne, située au centre de la vallée du Rhône, au milieu de plaines fertiles, protégée par des collines qui l'entourent comme une forteresse
naturelle, était prédestinée à devenir une grande cité, une ville commerçante et une place forte. Avec juste raison elle fut choisie par Jules César comme capitale militaire, et il semble que pendant plusieurs siècles elle ait été la vraie capitale des Gaules.
Après la chute de TEmpire romain, sa prospérité ne fut pas affaiblie lorsqu'elle fut, à deux reprises, la capitale du royaume de Bourgogne, et lorsque plus tard elle jouit de son autonomie sous le gouvernement de ses archevêques. La grande cité romaine devint une grande ville chrétienne et après avoir été Vienne la belle, elle mérita d'être appelée Vienne la sainte.
Vienne n'est plus la Vienna pîtlchra, dont les applaudissements charmaient Toreille de Martial et des lettrés de Rome\ mais si elle ne peut plus se^ glorifier, comme au temps des Césars, de ses Temples, de ses Théâtres et de ses Palais de marbre, elle est toujours Reine de beauté, dans sa ceinture de riantes collines, au milieu de ses jardins de fleurs, rêvant dans la tiède chaleur et la fine lumière de son ciel méridional, pendant que le Rhône la berce du murmure de ses flots caressants.
C'est une impression vraiment exquise que le spectateur ressent lorsque, du haut des collines viennoises, il contemple la courbe gracieuse et puissante que le Rhône décrit autour des premières assises des Cévennes, au milieu d'îles verdoyantes et de prairies couvertes de vergers. A ses pieds <( s'étend assise, comme un autel, sur les contreforts du noble Dauphiné, l'antique Vienne où, dans la lumière limpide qui l'inonde, les clochers et les tours et les temples écrivent l'histoire auguste du passé * ».
Les pentes des deux collines qui enserrent la ville ancienne, Mont Salomon et Coupe Jarret, sont les points d'observation par excellence pour embrasser le panorama de la ville, et, de leurs sommets (tertre de l'ancien mont Salomon, chemin des Tupinières, croisée des routes de Coupe- Jarret et de la Rente), un spectacle nouveau et non moins impressionnant captive les regards. « Ce sont les Alpes éternelles qui apparaissent, par delà un vaste horizon de plaines et de collines, déployant toute leur magnificence, depuis les forêts et les prairies des premières pentes jusqu'aux roches et aux neiges des suprêmes cimes. Entre les sommets harmonieusement rangés du massif de la Grande-Chartreuse et de la crête du Vercors, semblable à une gigantesque vague marine subitement figée en
* Fertur habere meos, si vera est fama, libelles Inter delicias pulchra Vienna suas.
.'Martial. Lpigrannncs. L. VII. - LXXXVIII).
* Mistral. Poe me Ju Rhône, chant II.
pierre, apparaissent les pics aigus de l'Oisans, le dôme de glace du mont de Lans, la tète noire de Belledonne et les névés éblouissants des Grandes- Rousses. Au nord du Grand Som et plus en arrière se dressent les cônes frustes des Bauges et des Aravîs. Plus loin encore, derrière la longue échine bleuâtre du mont du Chat, le mont Blanc surgit tout à coup, dominant toutes les autres montagnes de sa taille majestueuse, isolé comme un roi, lumineux comme un soleil'. »
Ces beautés de la nature. Vienne ne les perdra jamais. Mais les changements économiques du monde lui ont peu à peu ravi sa primauté de
Aqueduc.
grande ville et ont fait de la capitale des Césars la petite sous-préfecture de nos jours
Parmi les causes de cette déchéance, il faut citer tout d'abord la création de la ville de Lyon. Dans la vallée du Rhône, à quelques lieues de distance, il n'y avait pas place pour deux grandes cités, et la vieille ville de Vienne dut céder le pas à sa jeune voisine, si merveilleusement assise, dans la plus belle des situations commerciales, au confluent du Rhône et de la Saône,
Ce fut ensuite la formation du Dauphiné, Du jour où cette province chercha à s'étendre vers les Alpes et à atteindre la frontière de l'Italie,
s Ronjat, la Viill.';- du Rhône ./<■ I.yi
on vit Grenoble, mieux placée à son centre, grandir et peu à peu supplanter l'ancienne métropole viennoise.
Vienne perdant tous les jours de sa puissance, il vint un moment où elle ne put plus défendre son indépendance, et, au xv® siècle, elle cessa d'être une cité libre pour se fondre dans la gra^nde monarchie française.
D'une façon générale, au-dessus de toutes ces raisons, il en est une qui, pour ainsi dire, les domine toutes, et qui explique la déchéance de la ville, c'est la déchéance du Rhône. Toutes les grandes cités romaines qui s'échelonnent sur le Rhône, depuis Vienne jusqu'à la mer, ont vu leur importance diminuer au fur et à mesure que faiblit la navigation du Rhône, soit par suite du développement d'autres voies commerciales aboutissant à la Méditerranée, soit surtout par suite de la découverte de l'Amérique, qui transporta le centre du commerce du monde dans les mers du nord et donna au Rhin, à l'Escaut et à l'Elbe, la place que le Rhône avait seul occupée pendant toute la durée des temps antiques.
Aujourd'hui Vienne est une petite ville qui gravite dans l'orbite de sa grande voisine lyonnaise. C'est une active cité industrielle qui utilise, avec la plus admirable ingéniosité, toutes les forces motrices dont elle dispose et qui sans doute pourra recevoir une impulsion nouvelle par suite de l'apport des forces que recèlent dans leurs flancs les glaciers et les torrents des Alpes.
Cité profondément démocratique. Vienne a toujours conservé le culte de son passé. La ville ouvrière ne veut pas oublier qu'elle fut la Vienne des Césars et la Vienne des Archevêques, Primats des Gaules. Elle conserve avec un soin jaloux le Temple d'Auguste et la Cathédrale de S. Maurice, et malgré des ressources fort limitées, elle a su entretenir ses monuments, créer de nombreux musées, sauver les débris de ses œuvres d'art et encourager ses jeunes artistes.
Un charmant jardin public, dans lequel on a associé à la verdure des arbres et au coloris des fleurs, quelques fragments romains, est le témoignage du goût avec lequel les municipalités administrent la ville.
La création de la Société des Amis de Vienne, dirigée par des hommes tels que MM. Bizot et Ronjat, sa féconde activité, les encouragements qu'elle reçoit de toutes parts, nous donnent l'assurance que les intérêts artistiques de la ville seront religieusement sauvegardés, et qu'une active propagande, en attirant un nombre toujours plus grand d'étrangers, saura récompenser la ville de tous les efforts qu'elle fait pour conserver les restes de son glorieux passé.
Il serait vain de chercher dans la Vienne actuelle une image de l'ancienne cité romaine, mais plusieurs monuments encore intacts, des ruines, des fragments d'architecture, des statues de marbre, des bronzes, des mosaïques font encore de Vienne un des lieux les plus précieux pour l'élude de l'antiquité.
Porte du Forum.
Les Temples romains sont très rares. En Italie ils ont été particulièrement défigurés et le hasard a voulu que les deux plus beaux spécimens qui subsistent se trouvent dans la vallée du Rhône, à Nîmes et à Vienne. Ils datent tous les deux des premières années de notre ère. Toutefois, d'après les recherches de Delorme, il semble que le temple d'Auguste et de Livie, de Vienne, aurait subi au iV siècle une restauration à laquelle seraient dues les parties antérieures, dont la sculpture est moins savante et moins riche que celle de la partie postérieure. A Vienne, dans cette ville ou l'on voit côte à côte un temple romain et une cathédrale gothi-
que, on peut, plus que partout ailleurs, comprendre le caractèrèdifférent des deux religions et par suite la différence de leurs arts. Le temple romain qui était simplement le sanctuaire de la statue d'un Dieu, où seuls quelques prêtres venaient la vénérer, était nécessairement un petit édifice. L'église chrétienne, au contraire, qui est un lieu de réunion où l'on rassemble le peuple pour l'instruire, doit être un monument de vastes dimensions. Et cette considération suffit à expliquer toute l'évolution de l'art architectural, à faire comprendre tous les efforts tentés par les constructeurs pour passer des formes du temple païen à celles de la cathédrale chrétienne.
Dans le temple romain on ne fafsait aucune cérémonie. En dehors du
MuTS des grands Escalieis.
temple, en plein air, était placé un autel sur lequel avaient lieu les sacrifices. Dans la restauration moderne du temple de Vienne on a cherché à reconstituer cet ensemble, en disposant un autel au pied des escaliers du temple, mais il ne semble pas que cette restauration ait été parfaitement
Tout aussi important que le temple d'Auguste était le Temple de Mars, dont on a recueilli, au musée lapidaire de la ville de nombreux fragments : fûts de colonnes cannelés, larmier décoré de caissons et de rosaces, chapiteaux, dont certains mesuraient dans leur entier a ',70 de tour, débris de statues colossales, dont l'une avait 5 mètres de hauteur. D'autres temples encore, notamment le Temple de Jupiter et le Panthéon faisaient l'ornement de la ville.
Quelque place que la religion tint dans l'esprit des romains, on peut
L'AXTIQUITK ROMAINE
dire que leurs principales préoccupations étaient d'assainir et d'embellir leurs villes et de donner des divertissements au peuple.
En s"instaUant dans une ville, leur premier soin était de lui fournir de l'eau en quantité abondante. Vienne était desservie par dix Aqueducs, et l'un d'eux encore admirablement conservé suffit aux besoins de la ville actuelle.
Toujours, au centre de la cité romaine on trouve le Forum, le lieu où les foules peuvent aisément se réunir.
Du Forum de Vienne il subsiste encore de grandes arcades et à côté d'elles une des ruines qui donnent le plus l'idée de son ancienne grandeur, les énormes murs de soutènement des Escaliers qui reliaient les parties hautes de la ville aux parties de la plaine. Le Forum avait 120 mètres de long et 75 de large, etle Temple d'Auguste occnpait le milieu de sa face occidentale.
C'est surtout, semble-t-U, pour les plaisirs du peuple que les Romains firent les plus grandes dépenses, construisant des Cirques pour les courses de chars, des Théâtres pour la représentation des tragédies et des comédies, et des Arl'iies pour les jeux et les combats de gladiateurs. Les Arènes de Vienne étaient placées dans une situation merveilleuse : les gradins, dont une partie s'adossait à la colline de Pipet, en sont encore nettement visibles sous la luxuriante végétation qui les recouvre. On peut y accéder par la maison n" 14 de la rue Pipet, qui appartient à l'Œuvre du Bon Pasteur. On jugera de l'importance de
Aiguille de ]> Spîna du Cirque.
ces arènes d'après un passage d'Eusèbe disaat qu'elles l'emportaient autant en grandeur et en beauté sur celles de Xlmes. que la ville de Vienne elle-même était supérieure à Xïmes en magnificence. On a recueilli au musée archéologique de la ville de nombreux fragments d'architecture provenant de ces arènes.
Du Ci'r'/lie, qui avait 450 mètres de long et izo mètres de large, ainsi que l'ont démontré les fouilles de M. Bizot, il ne subsiste que le grand monument qui décorait le milieu de la Spina, de ce mur central dont les chars devaient faire le tour. C'est une pièce unique en son genre qui, longtemps, a déconcerté les archéologues et que l'on croyait être un tombeau. La crédulité populaire en avait fait le tombeau de Ponce Pilate.
Il n'existe plus que quelques pans de murs' du Théâtre; mais, au commencement du siècle, Schneider a pu en relever le plan. Le diamètre était de 109 mètres, supérieur de 6 mètres à celui du théâtre d'Orange. La tradition veut que plusieurs colonnes de ce théâtre aient été utilisés à l'église Saint-Pierre.
Au sujet des Thermes, dont il restait encore de belles ruines au xvn' siècle, nous avons une description de Chorîer, qui nous parle de l'étendue des salles et de leur belle décoration en marbres de couleur.
Tout autour de la ville apparaissent encore de très nombreux vestiges des Remparts qui, sur certains points ont jusqu'à 5 mètres d'épaisseur. La Citadelle de Pîpct est considérée comme un des plus curieux spécimen de l'art de la fortification chez les romains. On peut voir avec quelle habileté ils s'installèrent sur cette colline, et comment par une enceinte de murs ayant parfois jusqu'à 30 mètres de hauteur, ils la surélevèrent et en firent une robuste forteresse. On suppose que ces fortifications remontent au temps d'Auguste,
Au m' et au IV siècle, les empereurs romains qui habitaient Lyon avaient construit un palais d'été aux environs de Vienne, sur la rive droite du Khùne, palais connu aujourd'hui sous le nom de Palais du Miroir. Là ont séjourné Constance Chlore, Constantin le Jeune qui y passa l'hiverde 355. et Valentinien II qui y fut assassiné en 392 par Arbogast, Ce palais dont il ne reste plus que des ruines a fourni les plus belles a-uvres que l'on a trouvées sur le sol de Vienne, des mosaïques, des iïronzus, des statues de marbre. Dans un petit musée installé à Sainte- C(il(iml)e, on conserve quelques fragments architectoniques et quelques
' \h- U |.- iciLi de Moiih'i: J^ S,-aiimiir que porte encore la rue voisine.
statues provenant de ce palais. Le musée de Grenoble, lors de fouilles récentes, a pu acquérir et installer dans sa salle principale une mosaïque qui représente Hylas retenu par les nymphes- •
La ville de Vienne possède deux musées : le Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie et le Musée lapidaire. Dans le premier, à côté d'un petit musée de peinture, oii l'on a cherché à réunir surtout des tableaux de
Citadelle de Pipet.
peintres viennois, et où l'on peut voir d'intéressantes œuvres de Pillard, Zacharie, Xémoz, etsurtout de l'abbé Guétal, qui s'est fait un nom comme peintre des Alpes du Dauphiné, on a placé les objets antiques de petites dimensions, réservant au Musée lapidaire les grandes œuvres de marbre. Dans cette collection très intéressante, mais qui aurait pu être bien plus complète, si les grands musées de Paris, de Lyon et de l'étranger n'avaient rivalisé d'efforts pour dépouiller la ville de Vienne de ses richesses, on remarquera encore quelques objets de grande valeur, notamment des jnosai'qites, des statuettes de bronze et de terre cuite, des vases. Nous signalerons particulièrement une Levrette couchée, une
Qb VIENNE
Tête en ivoire^ de style grec, pièce pour ainsi dire unique, et un groupe en plâtre de Deux enfants tenant un oiseau^ moulage d'un original détruit par un incendie au cours du siècle dernier.
Depuis quelques années, le distingué Conservateur du musée, M. Bizot, a déposé au musée une admirable collection de faïences, fruit de toute une vie de recherches, et il faut féliciter bien vivement la ville de Vienne qui vient de s'assurer la possession définitive de cette collection.
Le Musée lapidaire, installé dans la vieille basilique de Saint-Pierre, est, avec le musée d'Arles et celui de Lyon, le plus riche musée de France pour l'étude des antiquités romaines.
La plupart des objets proviennent des anciens édifices de la ville ; ils sont presque tous de très beau style et remontent au premier siècle de notre ère. Il y a de nombreux fragments d'entablement: des corniches aux saillies puissantes, couvertes des plus riches moulures, des architraves dont les bandes sont presque toujours séparées par des oves, ou des perles, et dont plusieurs ont encore conservé intact le décor de leur soffite, et des frises admirables représentant des branches de laurier, des oiseaux qui boivent ou qui volent, un écureuil qui grignote des noix.
Les fûts de colonnes sont très nombreux : plusieurs n'ont pas moins d'un mètre de diamètre. Les plus riches matériaux y ont été employés : marbre blanc, brèche violette, bleu turquin, granit d'Egypte. Leur richesse même a été une des causes de leur destruction. L'autel de Saint-Maurice de Vienne, en particulier a été formé avec des débris de. colonnes en marbres vert ou jaune antique. Parmi les colonnes les plus intéressantes, nous en citerons une qui est ornée sur toute sa hauteur d'entrelacs et d'un filet de rubans dans les mailles duquel apparaissent des fleurs ou des masques scéniques, et une autre autour de laquelle s'enroulent des ceps de vigne avec leurs feuilles et leurs raisins que becquétent des oiseaux.
La série des chapiteaux est d'une très grande importance. II est à remarquer que le musée ne possède pas un seul chapiteau dorique, et qu'il n'y a qu'un seul exemplaire du style ionique. Ces styles étaient trop simples pour le luxe des empereurs romains, qui préféraient les chapiteaux corinthiens et composites. On remarquera surtout une série de chapiteaux historiés dont les sujets sont très variés : dauphins affrontés dont la queue recourbée forme des volutes, guirlandes de fruits soutenues par des bucranes, tètes, bustes ou statuettes se mêlant aux feuilles d'acanthe. On considérera comme une rareté exceptionnelle plusieurs grands chapiteaux dont la partie centrale est composée de quatre trépieds qu'entourent huit ser-
pents, dont les queues forment les volutes ; les roses sont des têtes d'Apollon. Il subsiste plusieurs chapiteaux de ce type, qui ont été répartis entre les musées de Vienne, de Valence et de Grenoble. Nous reproduisons celui du musée de Grenoble qui est le mieux conservé de la série. Ces curieux chapiteaux, qui sont comme l'annonce de toutes les fantaisies auxquelles se livrera l'imagination des artistes du moyen âge, ne semblent pas pouvoir, en raison de la grande beauté de leur style, être classés postérieurement au 111° siècle de notre ère.
Trois grands chapiteaux de pilastres sont décorés sur leurs faces principales de bas-reliefs historiés, et, sur les côtés de feuilles d'acanthe. On
Fragineni
Musée Michoud.
y voit représentés entre autres Ganymède enlevé par l'aigle, le combat d'un aigle contre, un serpent, la lutte d'un coq et d'un chien se disputant un raisin, un lion attaquant un cheval, un ours dévorant des fruits. Ces grands chapiteaux sont en pierre et non en marbre, et de ce chef ils n'ont pas la finesse des précédents; mais néanmoins ce sont des œuvres d'une trfcs grande valeur et d'une véritable rareté.
De ces chapiteaux de pilastres on peut rapprocher divers panneaux qui devaient décorer des intérieurs d'édifice et dont les sculptures représentent notamment un personnage assis au pied d'un figuier et ayant devant lui une chèvre, un Dieu-Fleuve étendu sur le sol, une Femme à demi nue assise et un Apollon descendant dans la mer.
Les autels romains sont nombreux au musée de Vienne, mais ils n'ont pas l'importance de ceux que l'on voit à Arles ou à Lyon.
On remarquera un autel décoré d'un bas-relief mithriaque, qui repré-
g8 VIENNE
sente le Temps sous la forme d'un personnage ailé à tète de lion, debout, nu, le corps entouré d'un serpent.
Le monptbéisme solaire qui était le fond de la religion de Mithra a fut professé officiellement, ditM. Bertaux', par Commode et par Aurélien et, transporté parles légions jusqu'au delà du Danube et de la Manche ; il fut pendant le iii° siècle, dans tout l'Occident romain, la religion de ceux qui n'étaient ni des conservateurs indifférents et incrédules, ni des juifs ou des chrétiens. »
Vienne n'a conservé aucune des belles statues découvertes sur son sol. Le musée ne possède plus que quelques fragments dont aucun n'a une valeur exceptionnelle. Citons un torse colossal de femme drapée, deux torses nus et un petit enfant tenant une urne. Des moulages remplacent quelques œuvres que la ville ne possède plus : la Tête de Faune et la célèbre Vénus accroupie du musée du Louvre.
Aux musées de la ville de Vienne il faut ajouter le petit musée municipal de Sainte-Colombe et dans la même commune, le musée particulier de la famille Michoud, qui renferme une série d'objets découverts dans les fouilles faites sur l'emplacement du Palais du Miroir, notamment des frises et des chapiteaux d'une grande beauté, et deux importantes statues, un Apollon et une Vienne drapée.
1, Rome, T. II. p. a.